Pourquoi la pépite de compression vidéo Ateme veut entrer en bourse

A l’aube d’un nouveau cycle d’investissement dans les solutions de compression et décompression vidéo au standard HEVC, Ateme a décidé d’entrer en bourse. De quoi financer sa croissance et l’aider dans son ambition de venir taquiner des géants du marché comme Cisco ou Ericsson.

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Pourquoi la pépite de compression vidéo Ateme veut entrer en bourse

"Nous voulons financer notre croissance et gagner en notoriété". C’est ainsi que Michel Artières, PDG-cofondateur d’Ateme motive son projet d’entrer en bourse sur le marché réglementé d’Euronext Paris. Le montant à lever n’est pas dévoilé, le document de base en vue de cette introduction venant tout juste d’être enregistré auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Créée à Bièvres (91) en 1991 par deux ingénieurs de Supelec (Michel Artières et Dominique Edelin), cette pépite française des logiciels de compression et décompression vidéo emploie 130 personnes, dont 56 en R&D, et affiche un chiffre d’affaires de 20,6 millions d’euros en 2013, en progression de 15%. Ses solutions, embarquées aujourd’hui par 200 télédiffuseurs et opérateurs télécoms dans 60 pays, sont indispensables pour réduire la bande passante et donc les coûts de diffusion vidéo. Son ambition est de tripler sa part de marché en passant de 2,5 % en 2013 à 7-8% en 2018, venant ainsi talonner les géants Cisco, Ericsson et Harmonic, qui dominent aujourd’hui le secteur. "Deux ou trois ans après, nous pourrons même les supplanter", confie Michel Artières.

En avance sur ses concurrents

Le marché est à l’aube d’un nouveau cycle d’investissement à la faveur de l’arrivée d’un nouveau format de compression et décompression vidéo, le HEVC, qui offre un gain de 50% en bande passante par rapport au standard Mpeg-4 à l’œuvre dans la télévision à haute définition par exemple. Ateme veut en profiter pour accélérer sa croissance. D’autant que, contrairement au format Mpeg-4, où elle est arrivée trois ans après le départ du marché, elle s’estime cette fois-ci en avance d’un an sur ses concurrents.

"Alors que nos compétiteurs sont encore au stade de démonstrateur, nous vendons déjà nos solutions HEVC, affirme Michel Artières. Nous équipons par exemple Homechoice, la première chaine câblée de télévision 4K en Corée du Sud, et nous sommes présents dans la diffusion de grands évènements sportifs, dont Roland Garros et la Coupe du monde de Football au Brésil." Le déploiement du format HEVC va rendre possible la diffusion de vidéo à haute définition sur les mobiles et la diffusion de télévision 4K, qui offre quatre fois la résolution de la haute définition actuelle.

Un marché en croissance de 11,5 %

Jusqu’ici, la société s’est développée en faisant appel à des investisseurs et business Anglels comme Xavier Niel, le patron de Free. C’est ainsi qu’elle a levé 16 millions d’euros pour le développement de ses produits Mpeg-4 lancés en 2007 et 2009. Pour conforter son avance dans le format HEVC, elle a accru ses investissements R&D en recrutant une dizaine d’ingénieurs et renforcé ses équipes commerciales et marketing par l’embauche d’une dizaine de collaborateurs. Un effort qui s’est traduit par une perte comptable de 1,6 millions d’euros en 2013.

Les perspectives s’annoncent radieuses. Selon le cabinet Frost & Sullivan, le marché des solutions de compression et décompression vidéo devrait croitre de 11,5 % en moyenne dans les cinq ans à venir, passant de 833 millions d’euros en 2013 à 1,4 milliard d’euros en 2018. Le format HEVC devrait en représenter une portion de 40 % en 2018. L’objectif d’Ateme est de prendre 10 % de ce segment afin de se détacher des autres challengers comme les américains Telestream ou Elemental Technologies.

Ridha Loukil

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