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Pourquoi Margo Bank s'annonce comme une rupture dans le paysage bancaire

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Levée de fonds Jean-Daniel Guyot, le cofondateur de Capitain Train, se lance dans une nouvelle aventure entrepreneuriale avec Margo Bank. L'établissement bancaire en cours de création vise les PME européennes et vient de lever 6,4 millions d'euros auprès d'investisseurs de renom. Son projet se démarque à différents égards. 

Pourquoi Margo Bank s'annonce comme une rupture dans le paysage bancaire
Jean-Daniel Guyot, cofondateur de Margo Bank et de Captain Train. © DR

"Nous ne sommes ni une fintech, ni une banque en ligne, ni une néobanque. Ce que nous faisons, c'est redonner ses lettres de noblesse à la banque grâce à la technologie", insiste Jean-Daniel Guyot, cofondateur de Margo Bank, établissement bancaire en cours de création, qui a annoncé mardi 13 mars 2018 une première levée de fonds de 6,4 millions d'euros auprès de la fine fleur de la French Tech.

 

La confiance d'investisseurs aguerris

Le tour de table a été mené par le fonds de capital-risque Daphni (cofondé par Marie Ekeland) et rassemble des business angels particulièrement aguerris : Xavier Niel (Iliad/Free), Marc Simoncini (Meetic/Sensee), Jacques-Antoine Granjon (Vente-Privée), Thibaud Elzière (eFounders), Franck Le Ouay (Criteo), Rachel Delacour (Zendesk), Thierry Petit (Showroom Privé) et Alex Lebrun (Wit.ai). Les trois fondateurs participent également à cette augmentation de capital. "Tous nos investisseurs partagent notre vision sur le long terme. Nous avons la chance d'avoir vendu notre précédente société et de pouvoir prendre le temps pour construire quelque chose d'ambitieux. Nos investisseurs sont alignés avec ça", commente l'entrepreneur.

 

Si Jean-Daniel Guyot et ses associés ont su convaincre leurs investisseurs, c'est qu'ils ne sont pas à leur premier coup d'essai. La  même équipe est à l'origine de Captain Train, plate-forme de réservation de billets de train fondée en 2011 et rachetée par le britannique Trainline en 2016 pour le montant (non officiel) de 200 millions d'euros.

 

Du ferroviaire à la banque

Comment passe-t-on de l'univers du ferroviaire au monde de la banque ? Ce grand écart n'est pas si saugrenu, selon Jean-Daniel Guyot, qui occupe d'ailleurs toujours le poste de directeur de Trainline international. "Ce qui relie les deux activités, c'est la relation humaine. Dans la billetterie de train, le service client est très important car il peut y avoir des relations complexes à gérer comme des gens qui se retrouvent coincés avec leurs enfants car ils ont loupé leur train à cause de travaux. Chez Captain Train, nous avions donc mis l'accent sur le support client. (…) Quand nous avons étudié l'industrie de la banque, nous avons vu un parallèle avec ce lien humain. La banque, c'est avant tout une industrie de la confiance", raconte l'entrepreneur.

 

Avec ce nouveau projet, l'apprenti banquier vise une cible bien précise : les PME européennes qui réalisent entre 1 et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires. "Ce sont des sociétés qui se structurent et qui peuvent rencontrer des problèmes bancaires avec des sujets comme le crédit-bail, l'acquisition d'autres sociétés, etc. Mais ce ne sont pas non plus des ETI qui disposent d'un directeur financier et d'une équipe comptable", expose Jean-Daniel Guyot. Or, d'après lui, la plupart des banques aujourd'hui sont des plateformes techniques qui entretiennent des relations anonymes avec les dirigeants d'entreprise par manque de temps et de moyens.

 

Un core banking system créé de toutes pièces

Margo Bank entend donc surmonter cet écueil en créant une nouvelle banque depuis une page blanche aussi bien sur le plan réglementaire que technique. Une première en France. La start-up a déposé en début d'année une demande d'agrément d'établissement de crédit auprès de l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Les fonds levés doivent lui permettre de recréer entièrement un core banking system, le système d'information sur lequel repose l'activité des banques. Objectif : mettre au point une nouvelle architecture ouverte et souple permettant de faciliter le travail des chargés d'affaires. Ils devraient être une demi-douzaine lors de ses débuts opérationnels. En plus de ce suivi personnalisé proposé par les banquiers, la nouvelle architecture IT devrait permettre de proposer une expérience en ligne simple d'utilisation et en temps réel sur les différentes plateformes.

 

De par son positionnement et sa conception, Margo Bank se distingue donc d'autres nouveaux acteurs de la banque, comme la néobanque Qonto qui n'est pas un établissement de crédit et qui s'adresse davantage aux entreprises naissantes (de 1 à 100 collaborateurs), qui ont surtout besoin d'ouvrir un compte courant, de disposer d'une carte de paiement et d'avoir la possibilité de faire des virements dans de brefs délais.

 

Inévitablement, un futur tour de table

Margo Bank compte aujourd'hui 17 salariés (développeurs, experts en sécurité, gestion des risques, conformité, responsables produit, chargés d'affaires) et entend réunir à terme 35 collaborateurs pour lancer ses opérations. Le calendrier de lancement, lui, n'est pas encore connu. Il reste en partie lié à l'obtention de l'agrément. D'ici là, Margo Bank procédera sans aucun doute à une autre levée de fonds beaucoup plus conséquente.

 

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