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HP refuse l’offre de rachat de Xerox… pour l’instant

HP a rejeté un potentiel rachat par son concurrent Xerox, qui lui proposait 33 milliards de dollars. Dans une lettre, le conseil d’administration du groupe américain a jugé l’offre du fabricant d'imprimantes insuffisante… tout en reconnaissant les avantages d’une telle opération. Un rapprochement sans fusion reste tout à fait envisageable.
mis à jour le 18 novembre 2019 à 10H10
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HP refuse l’offre de rachat de Xerox… pour l’instant
HP refuse l’offre de rachat de Xerox… pour l’instant © Flickr / Zack Seward

Actualisation (18/11/2019) : Xerox s’y est bien cassé les dents. Le fabricant d’imprimantes a reçu une fin de non-recevoir de la part de son concurrent HP, à qui il avait formulé une offre de rachat de 33 milliards de dollars la semaine dernière. Dans une lettre datée du dimanche 17 novembre 2019, le conseil d’administration de ce dernier a estimé que la proposition de Xerox "sous-estime significativement" la valeur de l’entreprise. Ce qui ne serait pas à l’avantage de ses actionnaires.

 

HP dit aussi avoir pris en compte la situation financière de Xerox, dont le chiffre d’affaires est en net recul – il est passé de 10,2 milliards de dollars à 9,2 milliards sur douze mois. "Cela nous pose d’importantes questions quant à la trajectoire de votre entreprise et à ses perspectives", relève son conseil d’administration. Suite à la procédure de diligence rendue possible par cette offre, qui consiste à analyser la santé des entreprises concernées, HP assure être prêt à travailler avec Xerox pour "cerner ses objectifs et toute valeur créée à partir d’une combinaison" entre les deux entités. La réflexion va donc se poursuivre.

 

Article original :

Xerox aurait-il les yeux plus gros que le ventre ? Mercredi 6 novembre 2019, nos confrères de Reuters ont rapporté que le fabricant d’imprimantes a formulé une offre de rachat à son concurrent HP Inc... qui affiche une valorisation près de quatre fois plus élevée. Une information confirmée par l’intéressé. Si ce dernier s'est refusé à commenter les modalités financières, l'agence de presse croit savoir que le montant de la transaction – en cash et en actions – s’élèverait à 33 milliards de dollars. Une réponse est attendue ces prochains jours.

 

UNE CESSION CONTRE UNE ACQUISITION

HP se taille la part du lion dans le domaine des services d’impression, notamment numérique, tandis que Xerox se distingue plus particulièrement dans la location et la maintenance d’équipements. Si une fusion aboutissait, elle créerait un mastodonte… probablement à même de consolider un marché en état de décrépitude. La demande accuse une baisse importante dans le secteur, tout comme le prix des consommables – cartouches d’encre en tête.

 

Xerox estime l'ampleur des synergies envisageables à 2 milliards de dollars. En difficulté, HP a lancé un plan de restructuration qui devrait déboucher sur la suppression de 7 000 à 9 000 emplois – soit 16 % de ses effectifs au niveau mondial. Son PDG, Enrique Lores, qui vient d’entrer en fonction, a d’ores et déjà annoncé 1 milliard d’économies par an dès l’exercice 2022. Et espère retrouver la croissance, seul, grâce à ces diverses réformes.

 

Le petit veut manger le gros

Il faut dire que l’opération ne paraît pas si naturelle. Avec 58,74 milliards de dollars de chiffre d’affaires, HP surclasse largement Xerox et ses 10 milliards. Dans une telle configuration, c’est le petit qui finirait par absorber le gros et non pas l’inverse. Si ce cas de figure s’est vu par le passé, comme en 2014 lors de l’acquisition de SFR par Numéricable en France, il n’est généralement pas annonciateur de succès.

 

De son côté, Xerox profite de son désengagement dans sa coentreprise avec le Japonais Fujifilm, créée pour commercialiser ses produits dans la région Asie-Pacifique. Les 2,3 milliards de dollars que l’entreprise va récupérer suite à la cession de ses parts seraient réinjectés dans l’acquisition de son concurrent. Le reste des liquidités pourrait être réuni avec le soutien de Citigroup, selon Reuters.

 

Quel hypothétique dirigeant ?

Dans les faits, le rapprochement pourrait s’avérer alléchant. La question sous-jacente, comme le notent nos confrères de Bloomberg, consistera à trancher entre les deux groupes pour savoir qui aura la légitimité nécessaire pour s’imposer à la tête du nouvel ensemble lors d’éventuels pourparlers. Y aura-t-il une "prime" au dynamisme économique, qui pourrait in fine bénéficier à HP ? Une chose est sûre : tout ira très vite. Xerox n’a accordé qu’un délai de quatre semaines à son concurrent pour examiner sa santé financière. "Nous continuerons d’agir avec discernement et discipline, dans l'intérêt de tous nos actionnaires", a déclaré HP Inc. par voie de communiqué, laissant planer le doute.

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