Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

[Présidentielle 2017] Inclusion numérique : autant d’approches que de candidats

Comme chaque semaine, Renaissance Numérique décrypte les programmes numériques des candidats à l’élection présidentielle. Pour le think tank, une thématique est majeure pour la transition numérique du pays :  l’inclusion numérique, condition nécessaire à l’égalité face à la nouvelle économie et aux services publics dématérialisés. Mais alors, quel est le programme des candidats à la présidentielle 2017 sur l’inclusion numérique ?  
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

[Présidentielle 2017] Inclusion numérique : autant d’approches que de candidats
[Présidentielle 2017] Inclusion numérique : autant d’approches que de candidats © Renaissance numérique

En matière d’égalité et d’inclusion numérique, il existe autant de définitions qu’il y a de candidats. Les programmes témoignent très largement de priorités radicalement différentes en fonction du crédo des candidats : c’est Emmanuel Macron qui en parle le plus avec 9 propositions ; Jean-Luc Mélenchon et François Fillon formulent tous deux 5 propositions, tandis que les programmes de Benoît Hamon et Marine Le Pen n’en comptabilisent que 2.  

Si le numérique est considéré comme un facteur de démocratisation, rendant l’information accessible à tout un chacun (argument fréquemment évoqué en matière d’open data), il n’en demeure pas moins qu’il est aussi à l’origine d’une nouvelle fracture, qui repose sur l’accès au réseau et les capacités d’usages et de compréhension dans le maniement des outils.


Relancer le plan très haut débit : la mesure consensuelle

L’équipement très haut débit pour éradiquer les zones blanches figure dans presque tous les programmes. François Fillon propose de relancer le plan de couverture très haut débit du territoire, et considère que l’échelon européen est le plus adapté pour financer l’équipement des zones les moins densément peuplé. Emmanuel Macron en fait une priorité d’investissement au sein de son programme de relance de 20 milliards d’euros. Marine Le Pen quant à elle prévoit, sans plus de précision, de "soutenir l’effort d’investissement", en particulier pour les espaces ruraux. Enfin, Jean-Luc Mélenchon estime à 5 ans l’échéance de couverture très haut débit sur l’ensemble du territoire national, et à 10 ans pour la 4G. Le seul candidat à ne pas évoquer la question est Benoît Hamon ; s’il se réfère à un maintien du cap dans le plan très haut débit (Axelle Lemaire a d’ailleurs rejoint son équipe) durant la campagne, la mesure n’est pas précisément citée dans son programme.


La formation aux outils numériques contre l’exclusion sociale

Avec le développement des services administratifs en ligne ainsi que le déploiement de nouveaux outils de participation à la vie politique, une politique de médiation numérique pour réduire la fracture numérique en termes d’usages devient une urgence. Elle avait été identifiée comme telle, en 2013, par le Conseil national du numérique.

Si les candidats restent peu prolixes sur ces questions, quelques propositions esquissent la volonté de développer la littératie numérique : François Fillon est le seul à employer ce terme, mais Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ont également cerné l’enjeu. Le candidat Les Républicains souhaite lutter contre l’exclusion numérique par la mise en place d’un plan « Internet pour tous », afin de lutter contre l’illectronisme. Il propose en outre d’ouvrir la formation au code à la diversité et de mettre en place des politiques favorisant l’emploi de femmes.

Emmanuel Macron propose une stratégie d’e-inclusion, articulée autour d’une coopération entre associations et collectivités locales ; le réseau « proposera du temps de soutien et des formations aux outils et aux services numériques ». A noter que le candidat d’En Marche ! développe également une politique d’inclusion à destination des personnes en situation de handicap, dont le numérique serait le moteur : adaptation des formations grâce aux outils numériques, plateformes locales pour diffuser les bonnes pratiques, financement de dispositifs médicaux innovants.

Jean-Luc Mélenchon axe son programme numérique sur un véritable effort d’inclusion ; s’il n’est pas le candidat qui propose le plus de mesures sur ce registre (5 contre 9 pour Emmanuel Macron), il en fait davantage un vecteur de solidarité que de performance économique. Il propose ainsi la mise en place d’une médiation numérique à destination des publics défavorisés et des seniors ; cela passe notamment par un soutien de l’Etat envers les associations de médiations numériques. Enfin, il souhaite ancrer cette volonté dans des lieux physiques (fab labs, repare-cafés…) qui dispenseront des formations pour édifier ce que le candidat de la France Insoumise nomme la "citoyenneté numérique".


Hamon et Le Pen : les libertés numériques en première ligne

Le programme d’égalité numérique de Marine Le Pen se focalise sur la question des droits numériques. Pour elle, la solution réside dans une sanctuarisation des droits et libertés numériques par la constitution. Elle propose d’une part d’inscrire les libertés numériques dans les droits fondamentaux garantis par la constitution, et d’autre part la rédaction d’une charte à valeur constitutionnelle sur la protection des données, imposant aux entreprises de stocker les données des citoyens français dans des serveurs français.

Benoît Hamon, bien que par un prisme très différent, fait lui aussi des libertés numériques la colonne vertébrale de sa stratégie d’inclusion. Il prévoit ainsi de renforcer les protections des lanceurs d’alerte en consolidant les apports de la loi Sapin II, puis d’étendre le cadre normatif à l’échelle européenne. Enfin, sur les fondations de la loi El Khomri, il entend reconnaître le droit à la déconnexion pour réduire le mal-être au travail.

Abordée sous différents angles d’actions, la question de l’inclusion numérique repose ainsi sur des pistes différentes, inégalement exploitées par les candidats. On peine à trouver un programme qui parvienne à allier formation, effort d’investissement dans l’infrastructure et reconnaissance des droits et libertés numériques.
 

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale