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[Présidentielle 2017] Quelle vision du numérique chez les "petits candidats" ?

Tribune Comme chaque semaine, Renaissance Numérique décrypte les programmes des candidats à l’élection présidentielle 2017. Cette semaine, ce sont les "petits candidats", du moins selon les sondages, qui seront au cœur du sujet. Tour d’horizon des principales mesures par candidat.
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Quelle vision du numérique chez les petits candidats ?
[Présidentielle 2017] Quelle vision du numérique chez les "petits candidats" ? © Renaissance Numérique

François Asselineau (Union Populaire Républicaine)
la neutralité du net en ligne de mire

 

Le candidat de l’Union Populaire Républicaine (UPR) se présente comme le garant de l’indépendance nationale, et a fait de la sortie de l’Union européenne et de l’OTAN la colonne vertébrale de son programme. Son programme numérique s’inscrit donc dans le prolongement de cette volonté. Le principal axe de campagne de son programme numérique repose sur la neutralité du net, afin de garantir "liberté d'expression, de consultation et d'utilisation d'Internet".

 

Dans cette perspective, François Asselineau milite pour une interdiction des dispositifs de surveillance de masse, et prône un strict encadrement de la surveillance par une autorisation judiciaire préalable. Il propose l’abrogation des lois LOPPSI2 et de la loi relative au renseignement. Il désire par ailleurs limiter le rôle des fournisseurs d’accès à Internet en les cantonnant à leur fonction de prestataire de service.

 

En matière d’administration numérique, il est favorable à l’utilisation généralisée du logiciel libre. Il entend conforter le rôle de l’ANSSI de protection des données personnelles, notamment en lui conférant un véritable pouvoir de contrôle des systèmes d’exploitation.

 

Il souhaite enfin sanctuariser la protection des données numériques en interdisant le transfert de données vers d’autres Etats et garantir le droit à l’anonymat et à l’oubli. Il est favorable à la protection des lanceurs d’alerte, et plaide pour la constitution d’une instance internationale au sein de l’ONU (le Haut Commissariat du numérique), couplée à un statut d’extraterritorialité accordé aux réseaux : ceux-ci seraient donc neutres et non soumis à aucune puissance nationale.

 

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)
culture et ouverture de la science

 

Le programme numérique de Nathalie Arthaud se focalise sur deux points majeurs : la culture d’une part, et la science ouverte d’autre part.

 

En fait de culture, elle se réjouit de la numérisation des œuvres qui permet de faciliter leur accès pour les catégories sociales les plus fragiles. Elle pointe néanmoins le coût engendré pour les ménages ; c’est pourquoi elle propose un « accès libre aux réseaux d’informations via Internet dans les bibliothèques de quartiers ».

 

La candidate de Lutte Ouvrière n’est pas pessimiste quant aux progrès en matière de robotique ; elle y voit au contraire une possibilité d’émancipation pour les travailleurs face à l’aliénation du travail… à condition de redonner le contrôle de ces technologies par la population, afin d’éviter la domination des entreprises, qui selon elle se servent de l’automatisation comme d’un « prétexte à la suppression de postes plutôt que de soulager la tâche des travailleurs ».

En matière de recherche, la candidate se prononce en faveur d’une ouverture de la science à tous les domaines, sans restriction de l’Etat (notamment en matière de génétique), dans les « limites du respect de la personne humaine » ; elle préconise une réappropriation citoyenne de la science face aux grands groupes. Elle propose donc une sensibilisation accrue dès l’école aux grands enjeux scientifiques. On pourrait y voir l’esquisse d’une science citoyenne, bien que le terme ne soit jamais mentionné dans son programme.

 

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
le numérique souverainiste

 

Des candidats évoqués, celui dont le programme numérique apparaît le plus complet est Nicolas Dupont-Aignan. Certaines de ses propositions se rapprochent de celles d’autres candidats : ainsi, comme Emmanuel Macron, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il propose une suppression du régime spécial des indépendants (RSI). A l’instar du candidat Les Républicain et de son Haut Commissariat à la Transition numérique, le candidat de Debout La France propose la création d’un Commissariat aux filières d’avenir, dont le numérique serait l’un des axes majeurs.

 

Il entend également favoriser les PME innovantes via la fiscalité : les PME de moins de 8 ans se verront ainsi exonérées de toutes les charges sans exception, et seront dispensées d’impôts pendant 3 ans. Il estime le coût de cette mesure à environ un milliard d’euros par an.

 

Le programme numérique de Nicolas Dupont-Aignan s’inscrit sur le registre de la souveraineté : il propose ainsi de favoriser l’émergence d’un moteur de recherche francophone, l’intervention de l’Etat pour la structuration d’un géant du numérique français, la protection des entreprises françaises comme Deezer ou Dailymotion, et en exigeant des multinationales l’hébergement des données des citoyens français sur le territoire national.

 

Afin d’améliorer la qualité des services publics, il propose d‘intensifier le mouvement d’ouverture des données publiques ; il estime que l’administration pourrait dès lors proposer des services payants pour les acteurs privés, pour un potentiel économique de 40 milliards d’euros selon les chiffres du candidat.

 

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan se distingue par quelques propositions en santé connectée, domaine peu investi par ses rivaux. Il prône une médecine davantage centrée sur la prédiction et la prévention, par le recours croissant aux dispositifs d’e-santé, et notamment le partage de données. Il prévoit en outre la mise à disposition des nouvelles technologies pour les patients, afin d’améliorer la prise en charge des maladies chroniques et le suivi.

 

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès)
des propositions iconoclastes, notamment en matière d’éducation

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jacques Cheminade est très disert en matière de numérique. Il considère le numérique et la robotique comme des opportunités de libérer les salariés pour exercer des « métiers plus épanouissants ».

 

La condition de cette émancipation est d’affranchir le numérique de ses influences, que Jacques Cheminade croit percevoir dans les "financiers". Il propose également une réappropriation de la révolution numérique par les citoyens, afin de suppléer l’élu dans sa tâche, voire de souligner ses écarts le cas échéant. Il est en revanche hostile au vote électronique, dont il craint les potentielles fragilités au regard de potentiels piratages.

 

Proposition plus concrète, il avance l’idée d’un rapprochement des bases de données des Chambres de commerce, de l’Observatoire d’aide aux entreprises des Chambres de métiers, et de l’Agence pour la création des entreprises ; ce dispositif permettra selon lui d’optimiser la distribution des aides publiques d’accompagnement aux entreprises, en ciblant les besoins avec davantage de finesse.

 

Le programme du candidat de Solidarité et Progrès se distingue en matière d’éducation numérique. Il adopte ainsi une position iconoclaste en proscrivant l’usage des outils numériques pour les élèves jusqu’à l’âge de 6 ans, et se pose en contempteur du plan numérique de l’Education nationale lancé en 2015. Il considère en effet que les écrans ont un effet néfaste sur la concentration des élèves. Il préconise d’ouvrir ensuite graduellement l’enseignement au numérique, qui doit être cantonné à un rôle de support au service de la matière. Il préconise en revanche d’ouvrir le secondaire à la formation aux outils numériques, notamment par l’enseignement du codage.

 

Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste)
haro sur la loi Hadopi

 

Le programme de Philippe Poutou réserve peu de place au numérique. La seule mesure qu’il propose à cet égard concerne la culture. A l’instar de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, il propose l’abrogation de la loi Hadopi dès son élection, alors que celle-ci est prévue pour 2022.

 

Dans le prolongement de cette idée, il prône une refonte de la rémunération de la création artistique, afin de « garantir des conditions de vie décente » aux artistes. Il revendique ainsi une liberté totale de diffusion des œuvres artistiques, et une lutte contre ce qu’il nomme la "privatisation de la culture".

 

Jean Lassalle (candidat indépendant)
le numérique au secours de communes rurales

 

Le programme de Jean Lassalle ne mentionne pas de projet numérique ; il est néanmoins possible d’en trouver trace dans certaines interventions. Candidat affirmé de la localité et du terroir, il propose comme la plupart des candidats de mener un grand plan très haut débit pour lutter contre les « déserts numériques », afin de garantir l’accès à Internet sans discrimination territoriale. Il pointe notamment les difficultés engendrées pour le travail des élus.

 

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