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Presse en ligne : ViewPay lève 600 000 euros pour transformer la pub en service

ViewPay est une start-up qui propose une solution d'Advertpayment, autrement dit qui propose de payer un service en ligne en regardant une vidéo publicitaire. Marc Leprat, président et fondateur de l'entreprise, nous explique pourquoi il vient de lever 600 000 euros pour se développer sur le marché de la presse en ligne.
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View Pay lève 600 000 euros pour transformer la pub en service
Marc Leprat, président et fondateur de ViewPay.

Pourquoi levez-vous aujourd’hui des fonds ?

Marc Leprat : C’est notre troisième levée de fonds. Nous avons à l’origine développé ViewPay pour les applications de jeux. Puis l’an dernier, nous avons acquis Spring street, une société qui fait de la publicité pour les portails Wifi. Cette levée de fonds nous servira à conquérir un nouveau marché qui nous semble pertinent, celui de la presse en ligne. Notre proposition est d’offrir le déblocage d’articles payants ou premium grâce à une marque qui sponsorise en quelque sorte le contenu proposé. Notre philosophie est de payer non pas avec de l’argent mais avec l’attention que l’on accepte d’accorder pour regarder une publicité.  

 

Pourtant, de plus en plus de personnes adoptent des bloqueurs de publicité, pourquoi accepteraient-ils de regarder vos publicités plutôt que celle des éditeurs de presse ?

M. L. : Notre démarche est fondamentalement différente. Aujourd’hui, un internaute qui veut regarder une vidéo de son comique préféré, ou qui clique sur un lien vers un article qu’un de ses amis a partagé sur un réseau social, supporte difficilement de tomber sur une publicité. Cela vient perturber sa navigation sur le web.

Les internautes ne font pas le lien entre la publicité qu’ils voient et le financement de l’information

 

C’est d’autant plus gênant qu’une étude de l’International Advertising Board (IAB) a montré que plus de la moitié des internautes n’ont aucune idée du modèle économique des médias qu’ils consultent. Ils ne font pas le lien entre la publicité qu’ils voient et le financement de l’information. Le résultat est qu’ils considèrent la publicité comme une gêne et n’ont pas le moins du monde l’impression de faire du tort à leur média préféré en installant un bloqueur.

Nous voulons avec cette solution faire en sorte que la publicité apparaisse comme un service rendu à l’internaute, en lui offrant de ne pas payer la consultation d’un article s’il consent à regarder un spot. Mais il a toujours le choix : nous lui proposons soit de payer l’article, soit de regarder une publicité. A côté du bouton Pay, nous ajoutons le bouton ViewPay. Et nous lui offrons un deuxième niveau de choix, puisqu’il peut choisir entre trois publicités sélectionnées en fonction de ce que nous savons de lui.

 

Pourquoi des gens qui installent des bloqueurs de publicité préfèreraient votre solution à un paiement à l’acte ?

M. L. : Avec le numérique, les internautes consomment beaucoup plus de journaux, ils lisent de multiples sources. Face à cela, les éditeurs proposent des abonnements qui ne répondent pas bien à la demande des internautes. On ne va pas s’abonner à dix journaux alors qu’on ne va lire qu’un article par jour. Quant au paywall, c’est compliqué d’expliquer à un utilisateur qui a pû lire plusieurs articles gratuitement que d’un coup il faut payer, parce que c’est le dixième article consulté du mois.

 

Que se passe-t-il si l'internaute zappe la publicité avant la fin, comme on peut le faire pour les prerolls ?

M. L. : Notre offre est de proposer l'accès gratuit à un contenu payant moyennant le visionnage d'une publicité. Si l'internaute ne la regarde pas jusqu'au bout, il n'accomplit pas sa part du contrat et n'accède pas à l'information souhaitée.

Notre offre est de proposer l'accès gratuit à un contenu payant moyennant le visionnage d'une publicité 

 

Avez-vous déjà signé avec des annonceurs sur vos premières activités ? Avec des éditeurs de presse ?

M. L. : Nous comptons des dizaines d’annonceurs qui travaillent avec nous, de Coca Cola au CIC en passant par SFR ou Orange, Nivea ou Sofinco. Pour les éditeurs de presse, nous sommes actuellement en discussion très très avancée avec une entreprise de premier plan mais nous ne pouvons pas encore le communiquer. Pour nous, il est très important de travailler avec des éditeurs, car les annonceurs savent ce que c’est que d’acheter de l’espace sur de la presse en ligne. Certains qui ont du mal avec l’idée de la publicité sur un portail wifi ou dans un contexte de gaming, pourraient y accéder en commençant par l’information digitale.  

 

Pourquoi les éditeurs accepteraient votre solution ? Les régies publicitaires ne risquent-elles pas de perdre la main sur la relation avec l’annonceur ?

M. L. : Nous sommes avant tout des fournisseurs de solutions technologiques. Nous avons deux offres : l’une où nous faisons office de régie et l'autre où nous sommes seulement fournisseurs de technologies en mode Saas. C’est la régie, le média qui décide. Souvent, ce n’est pas aisé pour eux d’ajouter une nouvelle offre au catalogue déjà très complexe d’offres dont ils disposent et ils préfèrent que ce soit nous qui nous nous en chargions. Autrement dit, c’est nous qui ouvrons le marché. Ce n'est pas choquant que nous devions faire le travail initial de conviction, en direction des annonceurs et des éditeurs.

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