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Processeurs de serveurs : AMD, IBM et ARM à l'attaque du monopole d’Intel

Vu ailleurs Avec des puces derniers cris, AMD et IBM s’apprêtent à passer à l’offensive dans les processeurs de serveurs, tandis qu’ARM s’active pour imposer sa technologie sur ce marché. Pour les trois assaillants, un même objectif : briser le monopole d’Intel.
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Processeurs de serveurs : AMD, IBM et ARM à l'attaque du monopole d’Intel
Processeurs de serveurs : AMD, IBM et ARM à l'attaque du monopole d’Intel © Google

La guerre est déclarée contre Intel dans les processeurs de serveurs. Deux de ses concurrents s’apprêtent à passer à l’offensive : AMD avec sa puce Zen et IBM avec son processeur Power 9. Et un troisième se prépare à se frayer un chemin sur ce marché : ARM dont la technologie se cantonne jusqu’ici principalement aux mobiles et à l’embarqué. Le Wall Street Journal décrit une bataille dont l’enjeu est de libérer le marché de la mainmise d’Intel.

 

Intel domine à 96,6% le marché en volume

Car rarement un fournisseur aura dominé un marché comme Intel le fait dans les processeurs de serveurs. Selon IDC, la domination du numéro un mondial des semiconducteurs a culminé à 96,6% du marché en volume en 2015. Un monopole qui irrite au plus haut point des géants d’internet tels que Google, Facebook, Amazon ou Alibaba. Car ils développent eux-mêmes les serveurs de leurs gigantesques datacenters.

 

AMD s’impose comme le challenger d’Intel puisqu’il partage avec lui la même architecture X86 de processeurs. Mais, après avoir culminé à plus de 22% de part de marché dans les serveurs en 2006, il est tombé à moins de 1% aujourd’hui. Avec sa nouvelle génération de puces Zen, il espère faire son retour en se battant à armes égales avec le leader. Sa puce pour serveurs sera lancée au deuxième trimestre 2017 avec 32 cœurs. Elle sera fabriquée chez GlobalFoundries en technologie FinFET 14 nm, le procédé nec plus ultra de gravure en 14 nanomètres, comparable à celui utilisé par les circuits les plus avancés d’Intel. Les constructeurs de serveurs vont avoir enfin le choix.

 

Google intéressé par le Power 9 d'IBM

IBM a également levé le voile sur son Power 9 qui sera commercialisé au second semestre 2017 en versions de 12 et 24 cœurs. Comme celui d’AMD, ce processeur bénéficie du procédé de fabrication FinFET 14 nm de GlobalFoundries. Big Blue s’adresse au segment des serveurs à hautes performances. Bien sûr, il va l’utiliser sur ses propres serveurs et supercalculateurs. Mais il va le proposer aussi à d’autres constructeurs, ce qui est un nouveau.  Jusqu’ici, il réservait ses processeurs à ses propres machines. Désormais, il en promeut l’emploi par d’autres constructeurs via l’alliance OpenPower créée en 2013. Google, qui en est l’un des tout premiers membres, se montre vivement intéressé.

 

Intel va affronter la concurrence d’un nouvel entrant : ARM. Du moins indirectement. Car le spécialiste britannique des semiconducteurs ne vend pas des puces. Il vend plutôt des blocs de propriété intellectuelle, c’est-à-dire des dessins, de cœurs de processeurs que des fournisseurs de semiconducteurs utilisent sous licence pour créer leurs propres puces. Sa technologie est connue pour ses vertus en consommation et coût, ce qui en fait un standard dans les mobiles. Ce sont ces avantages qu’il veut étendre aux serveurs. ARM, qui va être racheté par le géant japonais de l’internet SoftBank, affirme travailler avec 13 licenciés dans ce domaine, dont Qualcomm et Broadcom. Google serait en train de tester dans ses datacenters des circuits de Qualcomm. Selon IDC, cette architecture pourrait prendre près de 10 % du marché en volume des serveurs à l’horizon 2020. Les premiers produits devraient être commercialisés en grands volumes entre la fin de 2016 et le début de 2017.

 

Marges plus confortables que dans les PC

Si autant de monde se bouscule, c’est que le marché, tiré par le développement des mobiles, du cloud, du big data ou de l’Internet des objets, ignore la crise, contrairement à celui des PC en déclin depuis plus de 5 ans. Selon IDC, il devrait progresser en valeur de 2,2% par an en moyenne sur les cinq prochaines années, passant de 13,9 milliards de dollars en 2016 à 15,3 milliards de dollars en 2020 pour les processeurs à architectures X86 et ARM au cœur de 97% des serveurs. Le marché se caractérise aussi par des prix élevés qui offrent aux fournisseurs des marges bien plus confortables que dans les PC ou les mobiles.

 

L’offensive d’AMD, d’IBM et d’ARM a de quoi inquiéter sérieusement Brian Krzanich. Après la débâcle de son groupe dans les mobiles et face au marasme persistant dans les PC, le patron d’Intel fait des serveurs le principal pilier de sa stratégie de recentrage. Le plus dur n’est pas nécessairement de résister à la montée de la concurrence. Mais de faire face à la détermination de ses gros clients comme Google ou Facebook d’en finir avec son monopole.

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