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Projet Loon : le Cnes gonfle les connexions internet de Google 

Google a fait appel à l’expertise de l’agence spatiale française pour son projet Loon de connexion internet à partir d’une constellation de ballons positionnés à 20 kilomètres d’altitude. Les deux partenaires vont développer un nouveau ballon stratosphérique opérationnel d’ici un ou deux ans.
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Projet Loon : le Cnes gonfle les connexions internet de Google
Projet Loon : le Cnes gonfle les connexions internet de Google  © DR

Pas besoin d’utiliser un moteur de recherche pour identifier les experts capables de concevoir et de faire voler des ballons à près de 20 kilomètres d’altitude, mais aussi de contrôler leurs trajectoires sur plusieurs mois. "Avec la Nasa, le Cnes est l’un des rares acteurs mondiaux à maitriser ce savoir-faire", explique Philippe Coquerez, spécialiste au Cnes des vols de ballons de longue durée.

Cette expertise est absolument nécessaire à Google qui s’est lancé dans l’audacieux projet Loon visant à apporter des connexions internet à haut débit à partir de ballons positionnés à 20 kilomètres d’altitude pour les 4 milliards de terriens habitants des zones où les connexions filaires ou mobiles manquent.

Une nouvelle génération de ballon

L’accord de coopération signé en août dernier entre les deux partenaires ne prévoit pas de volet financier. "L’accord organise un partage des développements. Chacun aura ensuite un droit d’usage de l’ensemble de la production technologique. Les nouveaux ballons voleront d’ici deux ou trois ans", explique Philippe Coquerez. Chacun aura, in fine, la capacité de fabriquer en toute autonomie ses ballons.

Les deux partenaires vont travailler à la conception d’une nouvelle génération de ballon. "La forme sphérique traditionnelle est abandonnée pour une forme en potiron renforcée par des tendons. Cela permettra d’emporter des charges plus lourdes, bien au-delà des 50 kilos", explique l’expert du Cnes.

Les équipes de Google se chargeront plus spécifiquement des essais en vol tandis que le Cnes apportera en particulier son expertise des vols de longue durée et de l’analyse des paramètres de vol. Les ballons seront pilotables en altitude pour gérer au mieux les conditions de vent. Ils embarqueront pour cela un ballon rempli d’oxygène (plus lourd que l’hélium embarqué dans le ballon principal), qu’on pourra gonfler ou dégonfler grâce à un système de turbine, afin de faire varier l’altitude sur 2 kilomètres environ.

Une cinquantaine d’experts au Cnes

Avec le Cnes, Google s’offre un partenaire de choix pour accélérer son projet Loon. L’agence spatiale française travaille depuis près de cinquante ans sur des missions scientifiques à partir de ballons stratosphériques (étude de la destruction de la couche d’ozone, mouvement de la vapeur d’eau dans l’atmosphère, étude de la mousson en Afrique…). Une cinquantaine d’experts basés à Toulouse (Haute Garonne) et Aire-sur-l’Adour (Landes) travaillent sur toute la chaine : de la conception des ballons au suivi et à l’exploitation des campagnes de vol, en passant par la fabrication (via son prestataire toulousain Z-Marine anciennement Zodiac) et de l’électronique embarquée...

Le Cnes a mené plusieurs campagnes d’envergure. En 2010, il a ainsi mené l’expérimentation Concordia-IASI de mesure de la destruction de la couche d’ozone impliquant une vingtaine de ballons pendant plus de trois mois. Le défi n’en reste pas moins immense. Le projet Loon prévoit de faire voler une constellation de milliers de ballons sur de très longues durées quand les campagnes de mesures des paramètres atmosphériques du Cnes n’en mobilisent qu’une vingtaine sur quelques mois.

Hassan Meddah

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