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Publicis s’engage malgré lui dans le cloud hybride

Pour des raisons de sécurité, le groupe français de publicité Publicis privilégie officiellement le cloud privé. Mais ses agences n’hésitent pas à acheter des services de cloud public pour satisfaire leurs besoins plus vite. Une pratique qui oblige la direction à embrasser le cloud hybride.
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Publicis s’engage malgré lui dans le cloud hybride
Publicis s’engage malgré lui dans le cloud hybride © Xeni - Flickr - C.C.

Officiellement, le cloud public, qui consiste à externaliser l’informatique auprès de plates-formes de services mutualisées comme celles de Salesforce, Amazon Web Services ou Google, est banni chez Publicis. Il y a trois ans, le groupe français de publicité, qui compte 60 000 personnes dans le monde, a en effet pris le virage du cloud computing et il a choisi le cloud privé en s’appuyant sur sa propre infrastructure de quatre datacenters : deux en Europe, un aux Etats-Unis et un en Asie. " Nous voulons garder le contrôle sur nos données et éviter tout risque de piratage.Quand nous travaillons sur des campagnes publicitaires, nous ne voulons pas que cela se sache ", justifie Alexandre Vidiani, directeur des applications informatiques du groupe, lors d’une la table ronde sur le cloud hybride organisée le 8 octobre 2014 par le Club de la presse informatique B2B. 

Poussé par les usages…Et les coûts

Mais c’était sans compter avec les usagers sur le terrain qui échappent au contrôle de la direction informatique. Dans les agences, les informaticiens ont besoin pour les campagnes publicitaires en préparation de capacités de calcul et de stockage supplémentaires pour développer ou tester des applications. Plutôt que de les commander au service informatique et d’attendre des moins pour les obtenir, ils préfèrent aller sur Internet, choisir les services qui leur conviennent et les payer par carte bancaire. C’est plus rapide et c’est plus souple. "Ce qui plait aux gens sur le terrain c’est cette rapidité à allumer et éteindre des machines virtuelles, explique Alexandre Vidiani. Des avantages qui ont convaincu la direction de prendre en compte le phénomène dans la stratégie de transformation digitale du groupe.

Cloud privé et public cohabitent

" Que faire face à ces usages hors de contrôle ? s’interroge Alexandre Vidiani. Les interdire ? Ce serait irréaliste et contre productif. Les ignorer ? Ce serait irresponsable. Nous avons décidé de les accompagner et de les mettre en conformité avec les règles internes en matière de sécurité, de ressources humaines, de finance, etc. Une seule question guide notre action : que se passerait-il si on ne le faisait pas ? " Le groupe a donc embrassé, malgré lui, le cloud hybride. Pour le moment, le cloud privé et le cloud public, basé sur Amazon Web Services, sont deux environnements séparés. Mais le service informatique travaille à les relier de façon à ce que les données transitent de l’un à l’autre de façon sécurisée et que les utilisateurs puissent passer de l’un à l’autre de façon transparente. L’objectif à terme est de les faire apparaître comme un seul et unique système d’information.

Mais pour l’heure, pas question de basculer entièrement sur le cloud public. Les dirigeants de Publicis restent très prudents sur l’adoption de ce modèle pour les applications et données critiques. Le groupe continue à investir dans sa propre infrastructure. Mais à plus ou moins long terme, le basculement sur le cloud public semble inévitable.

Ridha Loukil

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