Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Qowisio, l'opérateur télécom IOT qui veut vendre des objets connectés plutôt que des forfaits

Le modèle du forfait télécom n'est pas adapté au monde de l'internet des objets, selon Qowisio. Cet opérateur né à Angers, qui a bâti son propre réseau national bas débit longue portée, veut vendre aux professionnels un package 3 en 1 – objet / connectivité / application –  à un tarif abordable.
mis à jour le 03 juin 2016 à 18H25
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Qowisio, l'opérateur télécom IOT qui veut vendre des objets connectés plutôt que des forfaits
Cyrille le Floch, président de Qowisio. © Qowisio

Avec Sigfox (allié à SFR), Orange et Objenious (Bouygues Télécom), c'est le quatrième mousquetaire des réseaux bas débit longue portée en France. Qowisio, né à Angers en 2009, fait figure de petit poucet dans la bataille des réseaux pour objets connectés face à ses concurrents. Plutôt un atout qu'un défaut, pour son patron Cyrille le Floch. Son agilité, son expertise en électronique, sa réactivité lui ont permis de déployer lui-même un réseau national en moins de douze mois à un coût maitrisé, une partie seulement des 10 millions d'euros levés en juin 2015. "C'est cette indépendance qui va nous permettre de proposer des objets avec connectivité incluse à moins de 10 euros aux professionnels qui veulent prendre le virage de l'IoT", assure-t-il.

 

le réseau, juste un outil pour vendre des objets

Qowisio est désormais prêt à servir ses premiers clients, plutôt des PME et ETI. Son réseau est opérationnel dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants et sur les principaux axes routiers (soit 80% de la population), grâce à l'installation d'un millier d'antennes. "Dans les prochains mois, nous allons densifier ce réseau avec 700 relais de plus pour réussir notre montée en charge", précise Cyrille le Floch.

 

Mais le réseau est finalement secondaire dans son business model. Il est surtout le gage de son indépendance. "Dans 'Internet des objets', les opérateurs ont tendance à privilégier l'internet (le réseau et les plates-formes) sur les objets. Notre parti pris est inverse, explique l'entrepreneur. Nous nous focalisons sur les objets et les briques technologiques dont ont besoin les entreprises pour connecter leurs activités et développer de nouveaux usages et services."

 

Une offre de 60 objets et capteurs

Qowisio a développé 60 objets, capteurs et briques technologiques, pour couvrir de nombreux cas d'usage dans la logistique, le logement, les travaux publics… Elle les vendra aux entreprises en incluant la connectivité (garantie pour la durée de vie de l'objet, de 2 à 10 ans) et l'application permettant d'en tirer les données.

 

En concevant lui-même cette gamme d'objets, en les faisant fabriquer par des partenaires industriels (la plupart dans la région angevine, y compris à la Cité de l'objet connecté) Qowisio va pouvoir les proposer à des prix abordables, de quelques centimes à une dizaine d'euros selon les cas. Ce rapport coût / service rendu est la clé du succès futur de l'IoT, selon Cyrille le Floch. "Le coût de l'objet doit être rapporté à sa viabilité économique, et à son usage, rappelle-t-il. On ne va pas mettre des capteurs à plusieurs dizaines d'euros sur des palettes qui en coûtent 7. Notre tracker de palette coûte 1,50 euros, connectivité incluse, ce qui le rend compétitif par rapport au service rendu." Et finie, la barrière de l'abonnement et de l'engagement pour plusieurs années.

 

Vers des consommables connectés à faible durée de vie

Qowisio envisage même de lancer un nouveau type d'objets, des consommables connectés pour des usages basiques et des objets à durée de vie très limitée. Des capteurs à bas coût qui permettront de nouveaux usages : bon de livraison, enveloppes et même timbres connectés, par exemple. "On va développer des objets 'fusibles', qui 'grillent' après avoir rempli leur mission et envoyé l'information demandée, reprend le dirigeant. Des objets à coût très réduit qui remplissent une mission spécifique une seule fois : signaler une fuite d'eau, par exemple. Jusqu'ici, on devait payer un abonnement même si l'objet n'émettait jamais rien. Avec nous, il suffit d'acheter l'objet, de l'installer, et de le changer comme une ampoule quand il a rempli sa mission."

 

Accès aux start-up pour 10 Centimes d'euros / Objet / an

Des start-up et fabricants tiers pourront également exploiter le réseau bi-bande (ultra narrow band / LoRa) de Qowisio pour connecter leurs objets. Il leur en coûtera 10 centimes d'euros par an et par objet. Un prix que les fabricants pourront intégrer à leur prix de vente pour proposer eux aussi des produits avec connectivité incluse ne nécessitant pas d'abonnement.

 

Qowisio parie sur ce positionnement original pour convaincre de nombreux petits acteurs de l'IoT et industriels en pleine transformation digitale de le rejoindre. Il va d'ailleurs lancer une marketplace pour faire grandir son écosystème et encourager le développement de nouveaux usages.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale