Qualcomm condamné pour pratiques anticoncurrentielles, en Corée du Sud cette fois

Après la Chine, la Corée du Sud envisage à son tour d'infliger au géant américain des puces pour mobiles Qualcomm une amende et le contraindre à baisser ses droits de licence sur ses brevets dans les technologies 3G et 4G.

Une perspective qui le met en posture de défense.

Partager
Qualcomm condamné pour pratiques anticoncurrentielles, en Corée du Sud cette fois

Certaines pratiques de Qualcomm dans l’attribution de licences de ses brevets sont illégales. C’est la conclusion de la commission KFTC, l’autorité de surveillance de la concurrence en Corée du Sud. Le géant américain des puces pour mobile confirme en avoir été notifié. Le rapport de la KFTC prévoit de lui infliger une amende et de le contraindre à baisser ses droits de licence sur ses brevets dans les technologies 3G et 4G.

Le précédent chinois

Si la sentence se confirme, elle constituera un nouveau coup dur pour Qualcomm. En février 2015, la Chine a ouvert la boîte de Pandore en lui infligeant une amende de près de 1 milliard de dollars et en l’obligeant à baisser d’un tiers ses tarifs de licences. Une décision acceptée sans broncher.

Le problème c’est que ce précédent chinois est en train de créer des actions en chaîne des autorités de la concurrence contre ses pratiques commerciales. C’est ainsi qu’il est aussi dans le collimateur de la FTC (Fair Trade Commission) aux Etats-Unis et de la Commission européenne. L’Inde, pressenti comme le futur Eldorado des smartphone, pourrait être tentée de suivre l’exemple. C’est pourquoi, contrairement à son attitude en Chine, Qualcomm se prépare à contester la décision de la KFTC.

Un coup de pouce pour Samsung et LG

Pour la Corée du Sud, la démarche représente un enjeu économique important. Le Pays du matin calme compte deux acteurs de premiers plans dans les mobiles, Samsung Electronics et LG Electronics, numéros un et cinq dans le monde avec ensemble 25,2% du marché selon les chiffres de Gartner au troisième trimestre 2015. Coincés entre Apple dans le haut de gamme et les chinois dans l’entrée et moyenne gammes, ses deux industriels sont à la peine. L’action contre Qualcomm est une façon de leur venir en aide.

Des difficultés qui s'aggravent

Une amende coréenne aggraverait les difficultés du groupe, mal en point depuis que Samsung a choisi d’utiliser exclusivement ses puces maison pour sa nouvelle génération de smartphones vedettes, le Galaxy S6 et le Galaxy Note 5. Au troisième trimestre 2015, ses ventes de puces ont plongé de 25% à 3,6 milliards de dollars et son résultat d’exploitation dans ce segment de 73% à 280 millions de dollars. En 2015, Qualcomm devrait, selon IC Insights, chuter de la troisième à la quatrième place des fournisseurs de semi-conducteurs derrière Intel, Samsung Electronics et SK Hynix à cause d’un chiffre d’affaire en baisse de 19% à 15,6 milliards de dollars.

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER L'Usine Digitale

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

ARTICLES LES PLUS LUS