Qualcomm contraint par la Chine à renoncer au rachat de NXP

Faute d’un feu vert de la Chine dans les délais, le géant américain des puces mobiles Qualcomm laisse tomber le rachat de NXP. Il n’abandonne pas pour autant sa stratégie de diversification au-delà des mobiles qu'il entend mener de façon organique.

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Qualcomm contraint par la Chine à renoncer au rachat de NXP
Sreve Mollenkopf, directeur général de Qualcomm, contraint à jeter l'éponge

C’est officiel. Qualcomm ne rachètera pas NXP. Le géant américain des puces s’est donné jusqu’au 25 juillet 2018 pour prendre sa décision. Faute d’un feu de la Chine dans les délais impartis, il est contraint de jeter l’éponge. L’autorité chinoise de la concurrence, la dernière à se prononcer sur la transaction, s’est contentée de rester muette, ne disant ni oui ni non. Steve Mollenkopf, le patron du groupe, ne cache pas sa frustration, se considérant une victime collatérale de la guerre commerciale qui fait rage entre les Etats-Unis et la Chine.

Mesure de rétorsion de la Chine

La transaction a été conclue en octobre 2016 pour un montant revu à 44 milliards de dollars. Qualcomm misait sur cette acquisition stratégique pour réduire sa dépendance vis-à-vis des mobiles, un marché guetté par la saturation, et se diversifier dans des marchés à plus fort potentiel comme l’automobile, les datacenters ou l’Internet des Objets. L’opération a reçu le feu de toutes les autorités de la concurrence à l’exception de celle de la Chine.

Pékin traine des pieds pour donner sa bénédiction. La Chine semble d’autant moins pressée de le faire qu’elle s’estime victime de la politique de l’administration Trump, avec l’embargo des puces contre son équipementier des télécoms ZTE, l’interdiction des équipements chinois dans les réseaux américains et la taxation à l’importation de beaucoup de ses produits.

Steve Mollenkopf voit dans l’attitude de Pékin une mesure de rétorsion à la politique commerciale de Donald Trump envers la Chine. S’il a décidé de renoncer à l’acquisition de NXP, c’est qu’il n’entrevoit aucun espoir d’obtenir le feu vert de Pékin dans ce contexte. Pour rassurer les investisseurs, il lance un plan de rachat d’action de 30 milliards de dollars et confirme sa stratégie de diversification organique au-delà des mobiles. Mais le groupe devra s’acquitter d’une indemnité de 2 milliards de dollars à NXP.

Diversification dans 4 marchés adjacents

Depuis 2016, Qualcomm est engagée dans une diversification dans quatre marchés « adjacents » : l’Internet des objets, l’automobile, les datacenters et les PC. Il s’attend à réaliser un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars en 2018 dans ces domaines, 70% de plus que deux ans auparavant. Mais ce chiffre ne représentera que 23% du revenu total.

Le groupe, qui dispose d’une position de quasi-monopole, dans les puces mobiles, mise sur la 5G pour perpétuer sa domination, portant son marché adressable à 100 milliards de dollars.

Cette issue sonne comme retour à la case de départ pour Quacomm. " Après l’abandon du rachat de NXP, il poursuivra le développement de la 5G NR avec plus de vigueur pour augmenter ses revenus de son activité de base dans les mobiles, prévoit Sravan Kundojjala, analyste au cabinet Strategy Analytics. L’acquisition de NXP lui aurait permis d'accélérer sa diversification au-delà des mobiles. Sa stratégie existante d’extension de ses puces SnapDragon hors des mobiles continuera à donner de bons résultats. "

Perte de l'exclusivité du marché d'Apple

Le groupe a perdu une partie du marché de modems cellulaires d’Apple au profit d’Intel, et doit faire face à la contestation par Apple et un autre constructeur de mobiles de sa politique de licence de ses brevets. " La perte de l’exclusivité de ce marché devrait toucher le volume de livraison des processeurs bande de base dans une certaine mesure, mais l’impact sur le chiffre d’affaires total devrait rester limité grâce à un meilleur mix de produits, estime Sravan Kundojjala. Au cours des derniers trimestres, Qualcomm a considérablement amélioré sa gamme de produits SnapDragon avec des séries de puces 600, 700 et 800 à prix plus élevé, qui prennent en charge les fonctions de modem 4G avancées et qui stimulent également la demande de composants du frontal radiofréquence. "

Selon Strategy Analytics, en dépit de la perte d’une partie du marché d’Apple, Qualcomm domine toujours les modems cellulaires avec 52% du marché mondial au premier trimestre 2018, loin devant ses deux challengers : Samsung Electronics (14%) et MediaTek (13%).

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