Qualcomm donne le coup d’envoi de son offensive contre Intel dans les serveurs

Connu pour ses puces mobiles, le géant américain des semi-conducteurs Qualcomm se lance à l’assaut du monopole d’Intel dans les serveurs avec sa première puce Centriq. Sur un marché dominé par l’architecture de processeurs X86, il fait le pari de l’architecture ARM au cœur de presque tous les smartphones.

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Qualcomm donne le coup d’envoi de son offensive contre Intel dans les serveurs

Qualcomm est connu comme le numéro un mondial des puces mobiles. Le voilà au seuil d’un nouveau marché : celui des serveurs. Il démarre son offensive avec Centriq 2400, la première de sa gamme de puces Centriq dédiée aux équipements de datacenters. Pour le moment, elle n’est disponible qu’en échantillons pour test et validation par une sélection de clients potentiels. Sa commercialisation en grands volumes débutera au second semestre 2017.

Coeur de traitement maison

Le numéro trois mondial des semi-conducteurs derrière Intel et Samsung est convaincu d’avoir une sérieuse carte à jouer en apportant aux serveurs les avantages en performances, consommation et coûts de son expérience dans les mobiles. Ses puces Centriq se distinguent par l’utilisation de l’architecture de processeurs ARM au cœur de presque tous les smartphones, alors que les serveurs sont aujourd’hui motorisés, dans leur écrasante majorité, par des processeurs à architecture X86 disponibles auprès de seulement deux fournisseurs : Intel et AMD.

La puce Centriq 2400 s’appuie sur le cœur maison Falkor, optimisé par Qualcomm sur la base du jeu d’instruction d’ARMv8 pour répondre au mieux aux exigences des serveurs. Elle en combine jusqu’à 48. Elle est fabriquée en FinFET 10 nm, c’est-à-dire avec des transistors 3D et une gravure de 10 nanomètres. Le nom du fondeur chargé de sa fabrication n’est pas dévoilé.

Bouleversement du marché par le cloud

Qualcomm fait ainsi un sacré pari. Si l’architecture ARM a fait ses preuves dans les mobiles, elle constitue une vraie rupture dans les serveurs. Le géant américain voit dans le bouleversement du marché par le cloud computing et le logiciel open source une belle opportunité pour imposer sa technologie. Il pense également profiter de l’irritation de Google, Amazon ou Facebook vis-à-vis du monopole d’Intel pour leur proposer une alternative. Ces géants d’Internet construisent eux-mêmes les serveurs de leurs gigantesques datacenters, et en confient la réalisation à des sous-traitants taïwanais comme Quanta Computer, Pegatron, Foxconn ou Inventec.

Selon IDC, Intel dominait à 96,6% le marché des serveurs en volume en 2015. C’est à cette forteresse que Qualcomm compte s’attaquer. Avec en perspective une opportunité estimée par IC Insights à 20 milliards de dollars à l’horizon 2020. Le champion des puces mobiles n’est pas le seul à l’assaut du monopole d’Intel. D’autres comme Cavium, Applied Micro ou Broadcom sont également de la partie. Selon ARM, qui leur licencie son architecture de processeurs, plus de 1000 serveurs utilisant sa technologie se vendent chaque mois et trois des majors du cloud public, dont Google, sont au stade du déploiement pilote. Son espoir est de voir son architecture prendre 25% du marché en 2020.

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