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Qualcomm trébuche avec une chute de son chiffre d’affaires de 11,2% en 2015

Habitué jusqu’ici à une croissance à deux chiffres, le géant américain des puces pour mobiles Qualcomm s’effondre en 2015 avec une chute de 11,2% de son chiffre d’affaires. Pour rebondir, il mise sur la diversification dans l’Internet des objets et les datacenters.
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Qualcomm trébuche avec une chute de son chiffre d’affaires de 11,2% en 2015
Qualcomm, siège à San Diego © kelemenop - Flickr - C.C

C’est une année exécrable pour Qualcomm. Habitué depuis 10 ans à une croissance à deux chiffres, le numéro un mondial des puces pour mobiles s’effondre en 2015. Son chiffre d’affaire s’écroule de 11,2% à près de 24 milliards de dollars, perdant ainsi 3 milliards par rapport à 2014. La chute est particulièrement sévère dans la division QCT de puces, puisqu’elle subit un plongeon de 17% à un peu moins de 16 milliards. Seule l’activité QTL de valorisation des brevets se maintient avec un revenu stable à 7,8 milliards de dollars. Le bénéficie d’exploitation tombe de 19,4% à 8,6 milliards de dollars, tiré à près de 80% des licences de propriété intellectuelle.

 

La puce de Qualcomm boudée par Samsung

Pourtant, le marché des smartphones, dont le groupe tire l’essentiel de ses revenus, affiche toujours la bonne forme. Selon IDC, il a  bondi de 10,1% à 1433 millions d’unités en 2015 dans le monde. Alors pourquoi ce désastre ? La réponse tient principalement dans l’échec de sa puce haut de gamme SnapDragon 810. Elle a été boudée par de nombreux constructeurs de mobiles, dont le numéro un mondial du marché, Samsung, qui constitue avec Apple l’un de ses deux plus gros clients. Le géant coréen de l’électronique lui a préféré son propre processeur Exynos 7420 pour ses derniers Smartphones vedettes, le Galaxy S6 et le Galaxy Note 5. Car il est réalisé en FinFET 14 nm, c’est-à-dire avec des transistors 3D et une gravure de 14 nanomètres, la technologie nec plus ultra, alors que le processeur de Qualcomm se contente d’une gravure classique en 20 nanomètres chez TSMC.

 

Risque d'une lourde amende en Europe

La stagnation des revenus de valorisation des brevets sur un marché qui croit en volume s’explique par la baisse des tarifs de licences imposée à Qualcomm par la Chine en février 2015. Une action qui est en train de faire des émules dans plusieurs pays ayant des constructeurs de mobiles, dont la Corée du Sud, le Japon et Taiwan. D’ailleurs, LG, deuxième constructeur coréen de smartphones derrière Samsung, avec environ 60 millions d’unités écoulées en 2015, a décidé de suspendre le paiement de ses redevances en attendant le verdict de l’autorité coréenne de la concurrence. Avec comme conséquence pour le groupe américain, une perte de 100 millions dollars de revenu en 2015, différée jusqu’au règlement du litige.

 

Le groupe américain, qui a chuté de la troisième à la quatrième place mondiale dans les semiconducteurs derrière Intel, Samsung et SK Hynix, fonde beaucoup d'espoirs sur sa nouvelle puce SnapDragon 820, son premier processeur en technologie FinFET 14 nm, pour rebondir. Et pour convaincre Samsung de l’utiliser au moins en partie sur ses prochains Galaxy vedettes, il est allé jusqu’à lui confier sa fabrication, alors que jusqu’ici il s’appuyait exclusivement sur le fondeur taïwanais TSMC.

 

Entrée sur le terrain d'Intel

Mais Qualcomm, qui a mis en place un plan drastique d’économie de 1,4 milliard de dollars, ne se fait guère d’illusion. D’autant qu’il risque de payer cher sa position dominante en Europe, sous la forme d'une amende équivalente à deux fois 10% de son chiffre d’affaires. Il ne veut plus dépendre des seuls mobiles. L’heure est à la diversification dans l’Internet des objets et des datacenters, une opportunité qu’il estime à 20 milliards de dollars en 2020. Mais sur le terrain des datacenters, il devra se confronter au numéro un mondial des semiconducteurs Intel. Ce qu'il a commencé à faire...via la Chine.

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