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Quand Geneviève Fioraso interpelle le gouvernement sur la situation de STMicroelectronics

A l’Assemblée nationale, la députée d’Isère Geneviève Fioraso presse le gouvernement d’agir pour aider STMicroelectronics à sortir de la crise. Elle propose notamment d’imposer la réduction des dividendes au profit de l’investissement.
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Quand Geneviève Fioraso interpelle le gouvernement sur la situation de STMicroelectronics
Geneviève Fioraso, Députée Isère © XR Pictures
Malgré les récentes déclarations de son PDG Carlo Bozzoti, le cas de STMicroelectronics fait toujours débat, à l’Assemblée nationale cette fois. Au cours de la séance des questions écrites du 8 décembre 2015, la députée d’Isère Geneviève Fioraso a interpellé le gouvernement sur la situation de l’entreprise en difficultés à cause de ses pertes chroniques dans les circuits numériques avancés.
 
Dans le contexte des élections régionales, les enjeux économiques sont importants. "L’entreprise franco-italienne est implantée notamment dans l’agglomération grenobloise où elle compte en tout plus de 6 000 emplois directs et 4 fois plus d’emplois en amont et en aval. Elle est la locomotive d’un écosystème local exemplaire, qui forme le plus grand centre d’expertise européen en micro et nanoélectronique", a rappelé la député.
 
 
Vision court-termiste
L’ancienne ministre de la recherche a dénoncé "la vision court-termiste des dirigeants actuels de la société, qui ont annoncé un plan de réduction du secteur digital, majoritairement localisé à Grenoble et qui concerne plus de 2 000 emplois"  et le "manque de vision stratégique qui se traduit par un niveau d’investissement très insuffisant, à hauteur de 7 % de son chiffre d’affaires global contre 20 % pour les leaders du secteur". Elle voit pourtant un grand potentiel technologique dans l‘entreprise, "notamment grâce aux perspectives très porteuses du FD SOI en lien avec la société Soitec, des microcontrôleurs et des imageurs nouvelle génération".
 
Pour réorienter l’entreprise vers des investissements ciblés et stratégiques, Geneviève Fioraso propose de réduire les dividendes versés aux actionnaires dont elle trouve le montant actuel disproportionné par rapport aux résultats. Elle remet également sur la table le projet de "l’Airbus des puce" défendu par Jean-Jack Queyranne, Président PS de la Région Rhône-Alpes, arrivé en troisième position au premier tour des élections régionales derrière Laurent Wauquiez (Républicain) et Christophe Boudot (Front National).
 
 
Pour une stratégie renouvelée de création de valeur
En réponse, Christian Eckert, secrétaire d’Etat en charge du budget, a rappelé toute l’importance de STMicroelectronics : "Une entreprise essentielle dans un secteur stratégique pour la France et l’Europe. Cela est vrai tant en termes industriel que social mais, aussi, pour la maîtrise et l’approvisionnement de l’Europe en technologies clefs pour de nombreuses industries de pointe telles que l’aéronautique ou le spatial."
 
Au nom d’Emmanuel Macron, il a indiqué que le gouvernement français est mobilisé en lien étroit avec le gouvernement italien pour trouver des solutions aux difficultés actuelles de STMicroelectronics, et qu’il soutient également la mise en place d’une stratégie renouvelée de création de valeur et de reconquête de parts de marché au sein de cette entreprise. "Nous sommes convaincus du potentiel et de l’avantage compétitif que représente le large panel de technologies dont dispose STMicroelectronics pour lui permettre de se positionner avec succès sur des marchés porteurs tels que l’automobile connectée ou l’Internet des objets. C’est l’établissement de cette stratégie qui devrait conditionner toute décision quant à l’avenir de ses différentes activités, en France comme en Italie."
 
 
Pas d'immixtion du gouvernement dans la gestion de l'entreprise
Le gouvernement n’entend pas pour autant s’immiscer dans la gestion de l’entreprise même si l’Etat français en détient 13,5% du capital, autant que le gouvernement italien. "Il appartient à l’entreprise de prendre ses décisions mais, vous le constatez, nous veillons à ce qu’elles relèvent d’un projet industriel crédible", a précisé Christian Eckert. Pas de quoi rassurer les syndicats de STMicroelectronics, reçus à deux reprises à Bercy.
 

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