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Quand la "french touch" designe les objets connectés

mis à jour le 09 décembre 2014 à 15H30
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Depuis cinq ans, les objets connectés français raflent les prix au CES de Las Vegas. Grâce au design ? Réponse à l’exposition L’Observeur du design 2015.

Quand la french touch designe les objets connectés
Quand la "french touch" designe les objets connectés

Ce sont des stars… à l’étranger. Depuis cinq ans, les objets connectés au design made in France ont été de nombreuses fois primés au Consumer electronics show (CES) de Las Vegas, le plus grand salon mondial consacré à l’électronique grand public. Mais (presque) aucun prix en France. Gageons que cette année, ils devraient décrocher des étoiles à l’Observeur du design, l’exposition-concours annuelle de design français. L’édition 2015 ouvre ses portes, le 10 décembre, à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris. Le jury ne pourra en tout cas plus passer à côté des objets connectés. Sur les 150 projets exposés, plus d’une vingtaine d’équipements sont connectés ou connectables et montrent qu'il y a une vraie "french touch" en matière de design numérique.

"Astucieux et élégant sont les deux termes qui expriment le mieux le design français. Et l’on retrouve ces deux caractéristiques dans nos objets connectés", résume Anne-Marie Boutin, la présidente de l’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI), organisatrice de L’Observeur. Selon Pierre Garner, le directeur de l’agence Elium Studio, qui réalise notamment le design des objets Withings, il faudrait aussi ajouter la séduction. "Le premier rapport avec un objet est d’ordre sensoriel, explique-t-il. Pour les objets connectés, qui sont compliqués et technologiques, la séduction permet de se les approprier plus facilement. C’est l’un des aspects de ce savoir-faire français dans le design." Un courant porté par quelques entrepreneurs visionnaires. "Le succès des objets connectés français est dû, notamment, à quelques très bons acteurs de l’écosystème tech français, explique Stéphane Distinguin, le président de l’agence d’innovation Fabernovel et du pôle de compétitivité Cap Digital. Des entreprises comme Parrot, Withings et Netatmo imaginent, conçoivent et fabriquent des produits à la fois intelligents, esthétiquement réussis et très bien réalisés. Et qui intègrent très tôt le design." Or c’est nouveau, en France, d’impliquer le designer dès le départ d’un projet. Les objets connectés sont pensés en fonction de l’usage et "et ont intégré le fait que le consommateur a un smartphone dans la poche", précise Frédéric Potter, le PDG et fondateur de Netatmo. Pour lui, c’est la connexion internet qui conditionne le design. Elle oblige également à tout concevoir en même temps : le service physique, l’objet, le cloud, l’interface... Cette dernière partie est souvent traitée à part, généralement par l’équipe interne de développement. La start-up ne sous-traitant souvent que le design de l’objet.

Des fonctions en constante évolution

"Les objets connectés représentent un vrai changement de paradigme, prévient Pierre Garner. Quand on dessine un produit normal, on est dans un écosystème fini, avec une approche marketing connue. L’objet a une fonction et on ajoute un truc. L’approche du design industriel traditionnel selon laquelle la forme suit la fonction ne peut pas être appliquée aux objets connectés. Leurs fonctions sont en constante évolution et l’objet est associé à une application. On ne peut plus le dessiner en se disant qu’il est fini. La balance de Withings mesure maintenant aussi la cardio et le CO2 dans la maison !"

Attention à l’éthique, prévient Jean-Louis Frechin, le fondateur de l’agence Nodesign. "La fourchette ou la brosse à dents connectées me posent problème. Ces objets entrent dans notre corps, nous séparent de réflexes primaires et proposent d’abandonner à la technologie des comportements qui doivent être acquis." Le choix du designer est donc crucial. "J’ai fait le tour des designers en France. J’en ai rencontré beaucoup, car je pensais que c’était important de bien communiquer et que le designer comprenne bien le produit et son marché", raconte Simon Tchedikian, le cofondateur de Sevenhugs, qui lance des trackers de sommeil pour la famille. Pour lui, pas question d’aller chercher une star du design. "Je voulais que le produit ait un design consensuel." C’est Patrick Jouffret, de l’agence 360 à Toulon, qui a le mieux compris ses attentes. Choix diamétralement opposé pour le thermostat connecté de Netatmo, puisque Frédéric Potter a fait appel à Philippe Starck. "Ce produit se lançait face à un concurrent puissant, il lui fallait un design fort. Et Philippe Starck a beaucoup apporté au projet." Reste qu’un bon design est une condition nécessaire mais pas suffisante. "Pour faire un succès, il faut que tout soit parfait, jusqu’au processus de vente", souligne Frédéric Potter. Là, c’est en termes de design de service qu’il faut penser.

Aurélie Barbaux

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