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QuantCube séduit le monde de la finance avec ses technos intelligentes de prévisions macroéconomiques

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Levée de fonds La start-up parisiennne QuantCube vient de boucler une levée de fonds de 5 millions de dollars auprès de Moody's et de Five Capital. Sa maîtrise des algorithmes d'intelligence artificielle appliqués aux prévisions de croissance économique lui ont permis de séuire les banques centrales, les banques d'investissements et les sociétés de gestion.

QuantCube séduit le monde de la finance avec ses technos intelligentes de prévisions macroéconomiques
Les équipes du bureau parisien de QuantCube. © QuantCube

"En observant le trafic des navires de l'Australie vers la Chine à partir d'images satellites, nous sommes capables d'évaluer la production de minerai de l'Australie et son exportation vers la Chine en temps réel", affirme Thanh-Long Huynh. Sa start-up, QuantCube, est spécialisée dans l'estimation de la croissance économique en temps réel. Elle vient de lever 5 millions de dollars (environ 4,3 millions d'euros) auprès de Moody's Corporation et du fonds Five Capital, cogéré par la Caisse des dépôts et le fonds souverain saoudien Kingdom Holding.

Bardé de diplômes (Ensai, université de Chicago, ESCP), l'entrepreneur s'est spécialisé il y a 20 ans dans les stratégies d'investissements quantitatives. A la tête de QuantCube depuis 2013, il a développé avec ses équipes une plate-forme baptisée Global Macro Smart Data, grâce à laquelle il se targue d'obtenir des estimations de croissance entre trois et six mois en avance par rapport aux chiffres officiels publiés par les instituts de statistiques. Son secret ? L'analyse de données alternatives issues des réseaux sociaux, des blogs, des satellites, du trafic aérien ou maritime. "Nous analysons 5 millions de prix par jour, ce qui nous permet d'évaluer le taux d'inflation en temps réel", ajoute-t-il.

 

Reconnaissance d'images, traitement du langage naturel et analyse de graphes

Pour travailler et analyser ces données, la start-up utilise à la fois des technologies du big data, comme Spark et Hadoop, et des algorithmes d'intelligence artificielle. Elle a ainsi monté une équipe de data scientists spécialisés dans trois domaines bien précis : le traitement du langage naturel (NLP) pour analyser les données textes, le deep learning pour la reconnaissance d'images, et les graphes pour établir, par exemple, des corrélations entre les membres de comités de direction de différentes entreprises. Autre distinction : sa capacité à travailler en plusieurs langues dont le chinois, le russe et l'arabe.

Grâce à ce savoir-faire, la start-up séduit aussi bien les sociétés de gestion que les banques d'investissements et les banques centrales. Pour la Banque de France, la start-up a estimé l'activité hôtelière à partir de données issues d'Internet (prix, commentaires laissés sur les sites de réservation, etc.). Le tout en obtenant des résultats trois mois avant la publication des chiffres officiels. Quantcube travaille également avec des grands comptes pour les épauler dans leurs stratégies d'investissement à long terme. 

 

95% du chiffre d'affaires réalisé à l'international

La pépite commercialise sa solution sous la forme de licence, à la manière de Reuters et de Bloomberg. Le prix des abonnements annuels oscille entre 50 et 100 000 euros mais devrait sensiblement augmenter, voire doubler dans les mois à venir. "Parce que nos modèles sont désormais beaucoup plus précis", explique Thanh-Long Huynh. Aujourd'hui 95% de son chiffre d'affaires est réalisé à l'étranger.

Grâce aux fonds levés, QuantCube compte justement accélérer ce développement à l'international. La start-up prévoit d'ouvrir un bureau à New York ce trimestre, un au Moyen-Orient en septembre et un autre en Asie en 2019. Mécaniquement, les effectifs devraient également gonfler pour atteindre une cinquantaine de collaborateurs d'ici un an, contre 26 actuellement.

 

Les hedge funds comme concurrents

"Aujourd'hui, nous comptons une dizaine de licences commercialisées, mais la demande est très forte et je pense qu'on pourra en comptabiliser entre 30 et 50 d'ici les 18 mois à venir", avance, confiant, Thanh-Long Huynh. Et la concurrence ? Elle vient des quelques hedge funds ("fond spéculatif", en français) capables de développer ce genre d'outil en interne, répond l'entrepreneur qui veut faire de sa start-up une véritable agence de renseignement économique.

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