Que gagneraient les chauffeurs d'Uber en France à en devenir actionnaires, comme le propose Arnaud Montebourg ?

Le 18 février, au sommet Web2business, l'ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg voulait que les chauffeurs Uber deviennent actionnaires de l'entreprise.

Mais ces actions ne leur rapporteraient pas grand chose, car la filiale tricolore de la société de VTC américaine ne réalise (officiellement) quasiment aucun bénéfice dans l'Hexagone...

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Que gagneraient les chauffeurs d'Uber en France à en devenir actionnaires, comme le propose Arnaud Montebourg ?
"Je ne vois pas pourquoi un chauffeur Uber ne serait pas actionnaire de cette entreprise qui gagne beaucoup d'argent", a affirmé lors de l'innauguration du sommet Web2business à Paris l'ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. "Je suis pour le partage du capital", a-t-il poursuivi. L'Etat pourrait obliger Uber a redistribuer une partie de ses actions à ses chauffeurs et à leur donner un statut pour les protéger, ce ne sont pas des esclaves !", s'est-il exclamé à la sortie de la conférence.
Mais quand bien même le rêve du chantre du "made in France" se réaliserait, les chauffeurs français de l'entreprise ne toucheraient quasiment pas de revenus sur les bénéfices : créée il y a quatre ans, Uber France SAS, la fililale tricolore de l'entreprise, n'a réalisé que 500 000 euros de bénéfices en 2014 et n'a donc payé quasiment aucun impôt. Son chiffre d'affaires ne s'est élevé cette année là qu'à 6 005 100 euros, soit une infime partie de l'activité réelle de l'entreprise dans l'Hexagone.
un montage fiscal complexe
Lorsqu'elle s'est implantée à l'international, la société mère américaine (basée à San Francisco) Uber Technologies Inc, a réalisé un montage fiscal. Inspiré de celui des gafa, ou encore de celui d'Airbus (dont le siège social est situé à Amsterdam) il lui permet d'échapper à l'impôt.
Uber France ne facture pas les courses réalisées par les chauffeurs : l'entreprise n'est chargée que "de la relation avec les [chauffeurs], de la promotion de la marque, et du support marketing", détaille-elle dans ses comptes.
une boîte aux lettres dans les Bermudes
C'est une filiale néerlandaise, Uber BV, qui s'occupe des "gros sous", comme le révélait en octobre 2015 le magazine américain Fortune, repris par La Tribune. Le fruit de chaque course est ensuite reversé par Uber BV à ses sous-traitants (les chauffeurs). Ces indépendants paient ensuite leurs impôts dans les différents pays où ils sont domiciliés.
La société néerlandaise, basée à Amsterdam, récupère une commission de 20% sur chacune des courses. Sur ces 20%, elle déclare 1% de revenus (sur lesquels elle paye 25% d'impôts sur les bénéfices). Le reste est reversé à ses différentes filiales à l'international, pour couvrir leurs frais marketing notamment, mais aussi à Uber International CV.
Cette branche, créée par la maison mère en 2013, est immatriculée au Pays-Bas et dans les Bermudes. Son siège social (une simple boîte aux lettres) est situé à Hamilton, la capitale du paradis fiscal. Elle n'y paye aucun impôt sur les bénéfices (il est là bas de 0%). Uber International CV reverse, selon Fortune, 1,45% de royalties à Uber Technologies Inc.

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