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Qui sont les business angels français ?

Étude Une étude publiée par Anglesquare met en lumière le profil des business angels français. On apprend par exemple qu'ils sont pour 84% des hommes et sont plutôt jeunes puisqu'ils ont en moyenne 45 ans. Ils investissent en moyenne dans plus de 15 start-up. L'étude se concentre également sur les montants qu'ils engagent, le timing des exits et les rendements réalisés.
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Qui sont les business angels français ?
Qui sont les business angels français ?

Mais qui sont ces Français qui investissent dans les start-up ? Pour connaître un peu mieux leur profil et avoir une idée du rendement de leur portefeuille, Angelsquare a interrogé les business angels de l'Hexagone. Sur 200 participants, 130 réponses ont été gardées pour mener cette étude en raison des déclarations précises quant à leurs investissements et performances. Cela correspond à 3081 investissements dans des start-up pour un montant total d'environ 544 millions d'euros.
 

Des investissements risqués

Les business angels multiplient les investissements, puisqu'en moyenne ils soutiennent plus de 15 start-up. 50% d'entre eux investissent entre 14 672 et 80 000 euros par start-up. Mais le ticket le plus important s'élève à 2,5 millions d'euros… Angelsquare relève que certains privilégient les tickets aux montants particulièrement élevés. A date, 50% des sondés estiment que leurs investissements leur permettraient de récolter entre deux et quatre fois leur mise initiale.

Toutefois, investir dans des jeunes pousses est un pari risqué et pas toujours très rentable, puisque 45,3% des investissements mènent en réalité à une perte partielle ou totale de capital. L'un des points essentiels de cette étude est la visibilité sur la rentabilité des investissements réalisés. En effet, le sujet de "l'exit" est essentiel pour voir ce que gagne un business angel lorsqu'il cède ses parts. "37% des investissements permettent d'au moins doubler et de récolter jusqu'à dix fois sa mise, et 11,6% laissent entrevoir un gain supérieur à dix fois sa mise", écrit Angelsquare. A noter que le multiple moyen est de 5,2 mais que moins de 20% des opérations d'investissement laisse espérer ce résultat.

Méthodologie : Étude menée par Angelsquare du 1er janvier au 31 mars 2022. Pour réaliser cette étude, nous avons sondé les Business Angels français en diffusant au sein de notre communauté un questionnaire complet sur la pratique de leur activité. Sur plus de 200 participants, 130 ont accepté de déclarer minutieusement leurs investissements et performances.

11% font faillite

En moyenne, les business angels restent impliqués trois ans dans une start-up avant de réaliser une sortie. Le développement des start-up prend du temps, et pour qu'une sortie soit intéressante pour un investisseur il faut que la jeune pousse ait suffisamment grandi. Une autre donnée intéressante mise en lumière par Angelsquare est le temps qui s'est écoulé entre un investissement et une sortie positive ou négative. La médiane pour les sorties positives se situe à quatre ans, mais la sortie la plus tardive est de 15 ans. Quant aux sorties négatives, la médiane se situe à 3 ans et l'exit la plus tardive a eu lieu 9 ans après l'investissement.

Cette question de la rentabilité au moment de l'exit amène un autre sujet intéressant : celui de savoir ce que deviennent les start-up à ce moment. Si 11% d'entre elles ont fait faillite, 13% ont été rachetées et 16% sont des PME viables définies par Angelsquare comme étant "une start-up toujours en activité, n'ayant pas réalisé de nouvelles opérations capitalistiques ces 48 derniers mois." La majorité d'entre elle lèvent des fonds (60%) en amorçage (22%), Série A (20%), B, C ou D. Seules 3% des start-up ont réalisé une entrée en bourse au moment de l'exit.

Quel est le profil type ?

Les business angels sont en très grande majorité des hommes (84%) et ont en moyenne 45 ans. Leur expérience est relative puisque 53% des investisseurs ont cinq ans d'expérience ou moins en tant que business angel et 24% ont entre 6 à 9 ans d'expérience. Toutefois, la majorité des business angels (50,7%) expliquent vouloir s'impliquer dans le développement de la start-up dans laquelle ils injectent des fonds et partager leurs compétences et leurs expériences. 47,4% se disent disponibles en cas de demande des fondateurs et seulement 2% des business angels ne souhaitent pas s'impliquer.

Comme parmi les équipes dirigeantes de start-up, les femmes sont sous-représentées parmi les business angels. Le fait qu'ils soient très majoritairement des hommes pourrait expliquer en partie le fait que les start-up dirigées par des femmes ont plus de difficultés à lever des fonds.

Les critères de sélection

Pour investir, les business angels regardent avant tout la qualité de l'équipe fondatrice, la possibilité pour la start-up de se déployer à l'international et la technologie développée. Puis, viennent l'impact social et de façon assez surprenante le chiffre d'affaires, qui n'est donc pas parmi les principaux critères évalués.

Certains secteurs ont plus la côte que d'autres. Les investisseurs plébiscitent tout particulièrement le secteur B2B (63%). Les start-up dans les secteurs des fintech et du SaaS suscitent aussi un fort intérêt. Puis, viennent celles du secteur B2C, les start-up dites à impact, celle dans l'e-commerce, les marketplaces et la Food Tech. L'IoT, qui au début de la French Tech était sur le devant de la scène, se retrouve à la fin des secteurs les plus intéressants selon les business angels.

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