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Qui va gagner la guerre des prix dans le cloud ?

La bataille pour la suprématie dans le cloud computing tourne à la guerre de prix. Une évolution que les géants aux activités diversifiées comme Amazon, Google ou Microsoft peuvent soutenir. Mais pas les pure players comme RackSpace ou OVH, qui risquent d’en patir, voire de disparaitre.
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Qui va gagner la guerre des prix dans le cloud ?
Qui va gagner la guerre des prix dans le cloud ? © Lawrence Berkeley National Laboratory - Flickr

La bataille pour la suprématie dans le cloud computing monte d’un cran. Elle tourne à la guerre des prix. C’est Google qui a ouvert les hostilités en cassant ses tarifs de 30 à 85%, rendant ses services les moins chers du marché selon l’analyse de RightScale, l’un des spécialistes du secteur. Pour le géant du net, arrivé récemment sur le segment du cloud d’infrastructure, l’objectif est clair : il veut prendre des parts de marché à ses concurrents quitte à perdre de l’argent. Amazon Web Sevices (AWS), leader avec 28% du marché selon le cabinet Synergy Research, a riposté par une baisse de 30 à 50% de ses prix, la 42è depuis son lancement en 2006.

Google est présent sur le marché du cloud computing depuis 2008 dans les logiciels à la demande (Saas pour Software as a service), les outils de développement (Paas pour Platform as a service) et dans la partie stockage pour le segment infrastructure (Iaas pour Infrastructure as a service). Dans les capacités de traitement à la demande, le service le plus emblématique du cloud, il n’est arrivé officiellement qu’en décembre 2013.

Google, à la traine, casse les prix

Le retard de Google se voit dans les chiffres. Selon le décompte du cabinet Synergy Research sur les chiffres du quatrième trimestre 2013, il ne figure sur le podium d’aucun de trois grands segments du marché du cloud. Sur le segment Iaas, AWS détient la part de lion de 46%, loin devant le numéro deux IBM (5%) et le numéro trois RackSpace (3,8%). C’est sur ce segment que la bataille fait aujourd’hui rage.

Microsoft, qui est arrivé sur ce marché en avril 2012, pourrait se joindre à la guerre des prix. Car selon Romain Chaumais, directeur associé chez Ysance, il est le seul avec Google à pouvoir se mesurer à AWS. Pour ces trois mastodontes, le cloud n’est qu’une activité parmi d’autres. Ils peuvent se permettre de perdre de l’argent pour gagner des parts de marché. D’autant qu’ils s’appuient sur une infrastructure construite au départ pour une autre activité : la recherche web (chez Google et Microsoft) ou l’e-commerce (chez Amazon).

Ils partirent à plus de 100…

Selon Jeffrey Hammond, analyste au cabinet Forrester, plus de 100 concurrents bataillent aujourd’hui sur le marché. "Seuls trois ou quatre survivront", prévoit-il. AWS, Microsoft et Google semblent prêts à sacrifier leurs marges pour gagner des parts de marché. "Car l’enjeu est d’engranger le plus de clients possible et de construire un écosystème le plus large possible, c’est la clé du succès", résume l’analyste.

D’autant géants américains sont aussi à la manœuvre. IBM, qui a perdu le contrat de la CIA face à AWS, veut doubler sa capacité de cloud public en investissant 1,2 milliard de dollars dans la construction de 15 nouveaux datacenters dans le monde d’ici 2015. L’objectif est de rattraper son retard dans le cloud public, alors qu’il est le leader du cloud privé et hybride avec, selon Synergy Research, 14% du marché, loin devant Orange (5%) et Fujitsu (4,5%).

IBM et Cisco dégainent leur milliard de dollars

Cisco, qui était jusqu’ici présent surtout sur le segment du Saas avec des services de visoconférence, webconférence, de communications unifiées ou de sécurité, a décidé de faire son entrée sur les segments Iaas et Paas. Il va investir 1 milliard de dollars dans 2 ans pour bâtir un réseau de cloud mondial avec des partenaires. A cela s’ajoute l’entrée récente de VMWare, leader mondial des logiciels pour le cloud, et bientôt d’Oracle.

Les pures players, qui viennent du monde de l’hébergement informatique comme Rackspace et Savvy aux Etats-Unis, ou OVH en France, risquent fortement d’en pâtir. Ils ne peuvent pas suivre la casse des prix. Ils sont contraints de se replier sur des segments de niches à forte valeur ajoutée ou de disparaître.

Ridha Loukil

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