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Qwant fait appel à Huawei pour renflouer ses caisses via des obligations convertibles

Vu ailleurs Après l'avoir choisi comme moteur de recherche par défaut sur ses smartphones, Huawei contracte pour 8 millions d'euros d'obligations convertibles émises par Qwant. Une façon pour la start-up de lever des fonds alors qu'elle peine à devenir rentable, et pour Huawei de miser sur le renforcement de ce moteur de recherche puisqu'il ne peut plus proposer celui de Google.
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Qwant fait appel à Huawei pour renflouer ses caisses via des obligations convertibles
Qwant fait appel à Huawei pour renflouer ses caisses via des obligations convertibles © Qwant

Huawei mise sur Qwant. L'entreprise chinoise a souscrit pour 8 millions d'euros d'obligations convertibles émises par le moteur de recherche français. L'information, dans un premier temps rapportée par Politico, a ensuite été confirmée par Qwant. Une manœuvre approuvée par les actionnaires le 18 mai qui devrait permettre à Qwant de rester à flot alors que le Français peine à se faire de l'argent.

Qwant peine à devenir rentable
Ce mouvement intervient alors que Qwant cherche à consolider ses finances. Lancé en 2013 Qwant ambitionne alors de devenir le rival européen de Google et contribuer au renforcement du secteur technologique européen qui est dépendant des entreprises étrangères. Tout ne s'est pas exactement passé comme prévu et la start-up peine à dégager des ressources commerciales suffisantes pour devenir rentable. Le moteur de recherche a perdu 13 millions d'euros en 2020, 23 millions en 2019 et 11,2 millions en 2018, rappelle Politico, pour des revenus respectifs de 7,5 millions, 5,8 millions et 3 millions d'euros.

Les critiques prononcées à son encontre mettent en avant cette santé financière bancale et la lenteur de ses avancées technologiques. Début 2020, Qwant tourne une page de son histoire. Son président historique Eric Leandri quitte la direction exécutive de l'entreprise, sans quitter Qwant puisqu'il prend la tête d'un comité consultatif chargé de définir les grandes orientations scientifiques et technologiques. Jean-Claude Ghinozzi le remplace à la direction de la start-up.

Au même moment, Qwant obtient une recapitalisation de près de 10 millions d'euros de la part de la Caisse des dépôts et de son autre actionnaire, le groupe de presse allemand Alex Springer. Peu de temps après, le gouvernement français lui donne un coup de pouce en faisant de Qwant le moteur de recherche par défaut de l'administration. Privé de Google, Huawei saute également le pas et fait de Qwant le moteur de recherche par défaut de ses smartphones. La relation entre les deux entreprises est nouée.

Huawei sous le coup des sanctions américaines
Qwant a toujours un besoin de financement et Huawei, qui est suspecté d'espionnage pour le compte du gouvernement chinois et lutte contre les sanctions américaines, cherche à pérenniser sa présence en Europe et plus précisément en France. L'émission de 8 millions d'euros d'obligations convertibles est-il un accord gagnant-gagnant ? Huawei cherche sans doute à financer la recherche de Qwant et l'aider dans sa quête d'expansion européenne. Un développement qui l'aiderait dans la commercialisation de ses smartphones équipés de cette application.

Pour Qwant cela lui permet d'accéder à de l'argent frais. Les obligations convertibles, une opération assez courante dans le monde des start-up, permet à une jeune pousse de renflouer ses caisses à l'aide de prêts à un taux assez intéressants. Mais ces obligations convertibles peuvent également être transformées par l'investisseur en actions dans l'entreprise. Un mécanisme qui répond à des conditions strictes et permettrait alors sans doute à Huawei d'obtenir un certain droit de regard sur les activités de Qwant.

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