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Rackspace, première victime de la guerre des prix dans le cloud ?

Incapable de suivre la casse des prix initiée par Google, le numéro trois mondial du cloud public Rackspace ne peut plus tenir tout seul sur le marché. Il est contraint de trouver un partenaire ou de se faire racheter par un géant informatique. A qui le tour ?
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Rackspace, première victime de la guerre des prix dans le cloud ?
Rackspace, première victime de la guerre des prix dans le cloud ? © D.R.

La guerre des prix dans le cloud computing commence à faire des victimes. Le premier acteur à en faire les frais est Rackspace. Le spécialiste texan des services d’hébergement Web et de cloud computing a mandaté la banque d’affaires Morgan Stanley pour évaluer les différentes options stratégiques de rebond. En clair : la mission est de trouver un partenaire important à qui s’adosser. La consolidation du marché est donc bien en marche.

Un pionnier à l’origine d’OpenStack

Fondé en 1998 à San Antonio, au Texas, Rackspace, qui compte aujourd'hui 5750 personnes et affiche un chiffre d'affaires de 1,8 milliard de dollars en 2013, figure parmi les pionniers du cloud computing. Spécialisé au départ dans l’hébergement de sites Web, il s’est lancé dans le cloud public dès 2008, peu après le lancement d’Amazon Web Services en 2006, mais bien avant IBM, Microsoft ou Google. Le texan se targue d’être à l’origine de la fondation OpenStack, fondée en 2010 avec la Nasa pour développer une alternative open source aux logiciels propriétaires du cloud d’Amazon Web Services, devenu la référence absolue du marché. Cette technologie est utilisée aujourd’hui aussi par IBM, HP, AT&T ou encore Cisco.

Selon le décompte du cabinet Synergy Research du quatrième trimestre 2014, Rackspace occupe la troisième place mondiale dans le cloud public d’infrastructure (IAAS pour Infrastructure as a service) avec moins de 4% du marché, proche d’IBM (5%), mais loin du numéro un Amazon Web Services (46%). Sa position n’est pas simple, car il est face à des géants comme Amazon Web Services, Google ou Microsoft, déterminés à jouer les leaders, quitte à perdre de l’argent dans cette activité.

Troisième dans l’infrastructure

Sur le marché depuis fin 2013, Google tente de se faire une place au soleil en cassant les prix. Amazon Web Services et Microsoft ont riposté par une baisse de leurs tarifs en mars 2014. Ces trois géants, dont le cloud n’est qu’une activité parmi d’autres, peuvent se permettre de perdre de l’argent pour gagner des parts de marché. Mais pas Rackspace. Le cloud est sa raison d’être. Suivre la guerre des prix c’est prendre le risque de mettre en péril sa rentabilité.

Le texan a tenté de résister en se distinguant par des services à valeur ajoutée. Rien à faire. Sa croissance s’essouffle année après année. De 31% en 2011, elle est tombée à 28% en 2012 puis à 17% en 2013. Sur le premier trimestre 2014, il affiche un chiffre d’affaires de 421 millions de dollars, en progression de seulement 3,2% par rapport au trimestre précédent. Un ralentissement sanctionné en bourse par la perte de la valeur de l'action de 60% depuis le début 2013. Certes, il n’y a pas péril en la demeure. L’entreprise reste rentable avec un bénéfice net de 25 millions de dollars au premier trimestre 2014. Mais le fondateur Graham Weston, qui en a repris les rênes en février 2014, est conscient que les perspectives s’assombrissent. Il ne se voit pas survivre seul.

Cisco et Oracle potentiels acquéreurs ? 

Qui peut l’acheter ? IBM a déjà acquis en 2013 SoftLayer, un fournisseur au profil proche, pour 2 milliards de dollars, et est en train d’investir 1,2 milliard de dollars pour en doubler les capacités en construisant 15 nouveaux datacenters d’ici 2015. HP préfère, lui, jouer le " plombier du cloud " en aidant entreprises et opérateurs de services à construire leurs cloud. Racheter Rackspace le mettrait en concurrence directe avec ses grands clients. Quand à Dell, il est sorti en 2012 du cloud public pour se recentrer sur le cloud privé. Restent Cisco et Oracle, qui affichent de grandes ambitions dans le cloud public d’infrastructure mais qui sont encore à la traine.

Qui va être la prochaine victime ? Peut-être Joyent, GoGrid, Bluelock, Virtustream ou GoDaddy, d'autres spécialistes américains 100% hébergement Web et cloud. En France, OVH pourrait avoir des soucis à se faire. Les déconvenues de ses confrères américains pourrraient freiner ses projets d’expansion en Amérique du Nord.

Ridha Loukil

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