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Ransomware, 5G, souveraineté européenne, cybercampus…l'ANSSI expose ses ambitions au FIC 2020

L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a fait le point sur ses dossiers lors du Forum International de la Cybersécurité de Lille le 29 janvier 2020. L'occasion parfaite pour son directeur général, Guillaume Poupard, d'exposer les nouvelles menaces, l'importance de la souveraineté européenne et quelques projets en cours comme la création d'un cybercampus à Paris ou encore l'installation d'une antenne de l'ANSSI à Rennes.  
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Ransomware, 5G, souveraineté européenne, cybercampus…l'ANSSI expose ses ambitions au FIC 2020
Ransomware, 5G, souveraineté européenne, cybercampus…l'ANSSI expose ses ambitions au FIC 2020 © Alice Vitard

Guillaume Poupard, le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), a tenu sa traditionnelle conférence de presse le 29 janvier 2020 lors du Forum International de la Cybersécurité (FIC) de Lille. Il en a profité pour présenter les grandes lignes directrices, les enjeux et les projets sur lesquels se positionne l'autorité française.

 

Quatre grands thèmes ont été successivement développés par le représentant de l'autorité française : le chiffre croissant d'attaques par rançongiciels, l'importance de la coopération avec les autres services de l'Etat, le projet de campus cyber parisien et la souveraineté européenne.

 

Le CHU de Rouen est "un rappel à l'ordre"

"Par rapport à l'année dernière, les rançongiciels et les attaques indirectes continuent à se développer. Globalement, on est sur une courbe exponentielle", a déclaré le directeur général. 69 attaques par ransomware ont été répertoriées par l'ANSSI avec deux cas emblématiques : le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Rouen et M6. 

 

"Ce qui arrivait aux Etats-Unis il y a quelques années arrive aujourd'hui en France, mais les attaquants oublient parfois qu'un hôpital américain n'a pas du tout les mêmes fonds qu'un hôpital français", révèle Guillaume Poupard. Selon lui, le cas de Rouen est assez emblématique car il montre à quel point "le numérique est important pour ces acteurs du médical, du téléphone portable à l'imagerie" et constitue "un rappel à l'ordre". Il faut savoir que l'ANSSI est déjà en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, mais face à cette situation, "il faut aller beaucoup plus vite". Plus généralement, Guillaume Poupard rappelle que l'espionnage reste toujours "l'activité de base de l'attaque informatique".

 

Coopérer avec les autres services de l'Etat

"Il y a quelques années, je prêchais la bonne parole en disant que les victimes de cyberattaques devaient porter plainte, mais je ne le disais pas avec beaucoup de conviction. Aujourd'hui, cela a bien changé", révèle Guillaume Poupard. En effet, la judiciarisation des affaires dans ce domaine est très récente. Auparavant, le dépôt de plainte était considéré comme une étape superflue par rapport au travail opérationnel à mener face à l'infraction commise. "On s'est rendu compte que cela aidait les victimes et ne laissait plus impuni les crimes cyber, précise-t-il. On a enfin trouvé le bon équilibre entre le travail technique de l'ANSSI et le travail d'enquête de la justice".

 

L'ouverture d'une nouvelle antenne de l'agence française à Rennes, ville où se situe le Commandement de la cybersécurité (COMcyber), montre cette volonté de créer une coopération plus importante avec les autres services étatiques. "A l'horizon 2025, les différentes chaînes de protection, renseignement, militaire et l'investigation devront travailler de plus en plus étroitement ensemble", estime Guillaume Poupard. L'ANSSI travaille également avec l'Education nationale et l'Armée sur le service national universitaire (SNU) qui possède un module "sécurité numérique". "Cela va permettre d'apporter un message là où la jeunesse est présente pour l'entendre."

 

Création d'un campus cyber au cœur de la Capitale

Guillaume Poupard est également revenu sur l'une des annonces faites au FIC 2020 : la création d'un campus cyber dans la capitale parisienne. Ce nouveau lieu devra rassembler des chercheurs, des administrations, des grands groupes, des PME, des starts-up et des formateurs. "Une partie de l'ANSSI" sera également présente. "C'est un élément qui manque dans ce réseau national où le point commun est de faire travailler des gens différents ensembles", explique-t-il. 

 

La souveraineté européenne au cœur des projets

Mais pour le directeur général de l'ANSSI, tout cela n'est viable que si l'Europe fait partie de l'équation. Comme chaque année, il appelle à une grande coopération européenne sans laquelle la France se fera avaler par ce qu'il appelle "les super cyberpuissances" comme "la Russie, les Etats-Unis et la Chine".

 

Il résume la situation en une phrase : "la France a besoin de l'Europe et l'Europe peut compter sur la France pour développer sa sécurité numérique et sa cybersécurité." Et cette idée se concrétise déjà via la réglementation européenne avec le "Cyber Act" et le règlement eIDAS. "Aujourd'hui, le premier sujet, c'est la 5G", déclare Guillaume Poupard. Il en profite pour féliciter le travail fait par la Commission européenne et les Etats membres.

 

"La boite à outil faite par la Commission avec les Etats montre tout ce que l'on peut faire pour compter sur une 5G robuste, permettant un développement économique sans délai même si tous les composants ne sont pas européens", poursuit le directeur général. Enfin, il conclut en rappelant que ce sont les relations entre Etats, opérateurs et équipementiers qui permettront de "trouver le meilleure équilibre possible".

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