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[Réalité augmentée] "Nous voulons que la machine s'adapte à l'humain et pas le contraire", assène le fondateur de Meta

Entretien Peu d'entreprises se risquent à innover dans le domaine de la réalité augmentée. Microsoft y investit à fond avec HoloLens, et la start-up Magic Leap multiplie les effets d'annonce mais sans rien dévoiler de sa technologie. Entre ces deux extrêmes, on trouve Meta, une start-up pragmatique mais ambitieuse, dont le second casque (baptisé Meta 2) sortira dans les mois qui viennent. A l'occasion de la conférence Hello Tomorrow, L'Usine Digitale s'est entretenue avec son CTO et cofondateur, Raymond Lo, pour faire le point sur sa stratégie.
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[Réalité augmentée] Nous voulons que la machine s'adapte à l'humain et pas le contraire, assène le fondateur de Meta
[Réalité augmentée] "Nous voulons que la machine s'adapte à l'humain et pas le contraire", assène le fondateur de Meta © Meta

La start-up Meta, basée à San Mateo en Californie, est l'un des rares innovateurs dans le domaine des casques de réalité augmentée. L'entreprise, fondée en décembre 2012, a levé 75 millions de dollars de fonds au total, dont 50 millions en juin dernier d'auprès d'investisseurs comme Horizons Ventures, Lenovo, Tencent, Banyan Capital ou Comcast Ventures.

L'Usine Digitale - Quelle est la demande pour votre nouveau casque, le Meta 2 ?

Raymond Lo - Les précommandes ont commencé en mars, et nous en avons enregistré quelques milliers. Les premiers casques seront livrés à partir de la fin de l'année.

 

Quel ordinateur faut-il pour l'utiliser ?

Il faut une machine d'une puissance équivalente à celle que nécessite la réalité virtuelle, c'est à dire avec une bonne carte graphique. Un ordinateur portable haut de gamme peut faire l'affaire. Au niveau du système d'exploitation, seul Windows est compatible pour le moment. Cela dit, nous utilisons Unity, ce qui nous permet d'aller facilement vers de nombreuses plateformes.

 

Le Meta 2 sera-t-il livré avec des applications ?

Oui, nous travaillons sur plusieurs applications de productivité qui seront inclues au lancement, mais je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant.

 

A quel marché vous adressez-vous ?

Nous visons strictement le marché professionnel. Des applications grand public émergeront peut-être par elles-mêmes, on verra.

 

Vous le positionnez le Meta 2 comme un kit de développement. A quand la version commerciale ?

Nous suivons le modèle d'Oculus. Nous nous concentrons sur les développeurs dans un premier temps, pour créer un écosystème. Quelques milliers d'entre eux travaillent avec nous à l'heure actuelle, et nous essayons d'être le plus ouvert possible. Le Meta 2 peut techniquement être utilisé dans un environnement de production, mais nous recommandons aux utilisateurs de passer d'abord par une phase de prototypage. Nous serons beaucoup plus proche d'une version commerciale avec la prochaine itération du casque.

 

Y a-t-il des restrictions particulières à l'utilisation du Meta 2 ?

Le tracking ne fonctionne qu'en intérieur pour le moment. Nous travaillons sur une compatibilité à l'extérieur. Elle devrait être annoncée dans quelques semaines.

 

Vous mettez beaucoup en avant votre méthode de contrôle naturelle...

Oui, nous avons une équipe de neuroscientifiques en interne qui crée des guides et définit des bonnes pratiques pour que l'interface soit la plus naturelle possible. Cela va de la meilleure façon de présenter une information à la méthode la plus adaptée pour la manipuler. Nous essayons d'éviter au maximum d'imposer des gestes spécifiques, comme le "clic en l'air". Nous voulons que la machine s'adapte à l'humain et pas le contraire.

 


Représentation 3D du Meta 2... visualisée avec un Meta 2.

 

Pouvez-vous nous parler de vos gros clients ?

Nous travaillons avec tous les grands éditeurs de solutions logicielles 3D. SAP et Accenture expérimentent aussi avec notre technologie.

 

Combien de personnes travaillent chez vous ?

Nous sommes 150 au total à l'heure actuelle.

 

Quel est votre avis sur le casque de Microsoft, HoloLens ?

Je pense que c'est très bien, qu'ils ont fait du super boulot à plein de niveaux. Certains aspects pourraient être améliorés, comme l'interface. Mais la réalité augmentée est un mouvement général, et chaque contribution nous aide. Il y a suffisamment de place pour tout le monde sur le marché.

 

Pourquoi avoir fait le choix d'un casque connecté par câble à un ordinateur au lieu d'être autonome, comme HoloLens ?

Parce que la priorité pour nos clients n'est pas le câble, mais l'expérience. Nous voulons créer la meilleure expérience possible, et c'est seulement ensuite que nous nous débarrassons du câble. Le fait que le casque soit connecté à un PC a de nombreux avantages, dont le premier est la puissance qui est à notre disposition. Vendre un produit qui manque de puissance de calcul nous aurait causé beaucoup de problèmes. De plus, avoir un prix sous la barre psychologique des 1000 dollars était l'un de nos gros objectifs... mais le prix risque d'augmenter après le lancement.

 

La zone d'affichage du Meta 2 est deux fois plus grande que celle d'HoloLens. Microsoft a mis en avant la difficulté de produire certains composants pour justifier ce champ de vision réduit. Comment avez-vous surmonté ce problème ?

Nos composants optiques sont moins difficiles à produire que ceux qu'utilisent HoloLens, donc nous n'avons aucun goulot d'étranglement au niveau de la production. Nous pourrons produire en masse si le besoin s'en fait sentir.

 

Utilisez-vous une puce dédiée pour optimiser le tracking, comme le fait HoloLens avec son "HPU" ?

Nous le ferons éventuellement, mais pour le moment c'est le PC qui s'en charge. C'est utile pour une machine portable mais ça n'a pas un gros impact en matière de performance à l'échelle d'un ordinateur.

 

Qu'est-ce que vous pensez de l'énigmatique Magic Leap ?

J'espère qu'ils réussiront leur pari. De notre côté, nous pensons qu'il est crucial de mettre nos produits entre les mains des clients le plus tôt possible. C'est plus sain si les gens peuvent essayer une technologie, la comprendre, et se rendre compte de quoi elle est capable ou pas.

 

Quand commencera-t-on à voir de vrais usages commerciaux de la réalité augmentée ?

Il y a de grandes vagues d'innovation, même cette année. Je pense qu'on y sera d'ici trois ans, c'est certain.

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