Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

[Réalité virtuelle] Avec son projet Avatar, Airbus intègre les compétences des ouvriers dès la conception des outils

L'usine du futur... Sujet complexe, qui passe pour Airbus en premier lieu par son capital humain. Au congrès IASP, qui se déroule cette année à Nantes, l'industriel présentait notamment un projet de réalité virtuelle pour intégrer les besoins de ses ouvriers au plus tôt dans la conception des chaînes de fabrication et d'assemblage de ses avions.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Avec son projet Avatar, Airbus intègre les compétences des ouvriers dès la conception des outils
Chaîne de fabrication des entrées d'air pour les A350 et A380 à l'usine Airbus de Nantes. © Olivier James

A l’occasion du congrès IASP (International Association of Science Parks and Areas of Innovation) sur les écosystèmes d’innovation, dont la 36e édition se tient à Nantes du 24 au 27 septembre 2019, L’Usine Digitale s'est entretenue avec Hervé Riou, Coordinateur Recherche et Technologies du pôle Nantes Saint-Nazaire chez Airbus. Il regroupe quatre grandes usines, qui sont des lieux d’expérimentation et de développement pour l’avionneur en plus d’être des sites de fabrication.

 

Le technocampus "Smart Factory" de Saint-Nazaire héberge notamment un CAVE, une salle équipée de vidéoprojecteurs haute résolution qui permettent d’afficher des scènes en réalité virtuelle. Au congrès IASP, Airbus présente un outil en cours de développement baptisé Avatar qui utilise ce CAVE. Il permet d’intégrer les problématiques d'exécution plus tôt dans la conception des outils industriels.

 

Intégrer l'humain dès la conception des outils industriels

"Prenons le cas de l'A350. On a la donnée du produit. On a l'équivalent côté outils industriels. On a aussi nos données de load balancing. Mais il manque les exécutants. Et on sait que quand il s'agit de définir la performance d'un outil industriel pour un produit donné, ce qui compte c'est la manière dont les hommes le prennent en main," détaille Hervé Riou.

 

Auparavant les outils étaient conçus rapidement grâce à la simulation, puis envoyés directement en fabrication. Le risque était de se retrouver avec un outil non adapté à l’humain, sur lequel il n’était plus possible de revenir en arrière car trop coûteux et long à développer. L'humain devait donc s'adapter à l’outil et non l’inverse.

 

Ces considérations sont particulièrement déterminantes pour l'intégration des systèmes, comme à l’usine de Saint Nazaire, où les techniciens sont à l’intérieur du produit. "Avatar nous permet de placer les exécutants dans la scène et de les laisser effectuer leur tâche avec toute la dimension physique de la chose : ils se gênent, ils cherchent à faire au plus court… Cela nous aide à nous rendre compte si la station d’assemblage a un défaut ou si le découpage des tâches n’est pas bon." A l’avenir, il imagine même pouvoir étudier de cette manière des cas d’usage cobotiques, dans lesquels un robot industriel et des êtres humains partagent le même espace de travail, avant leur mise en œuvre.

 

"Le capital d'Airbus est dans ses hommes et ses femmes, déclare Hervé Riou. C'est un véritable avantage concurrentiel chez Airbus, et c’est pour cela qu’il est déterminant d’intégrer les compétences de ceux qui fabriquent le plus tôt possible dans un projet. C'est un axe central du projet DDMS (Digital Design Manufacturing Services) que dirige Alain Tropis. La 3D est intéressante pour cela car elle contient beaucoup d’informations et facilite le dialogue."

 

Pour Hervé Riou, un autre élément majeur de l’industrie du futur est celui de la santé du personnel. "Nous avons une forte culture de la sécurité dans l’aviation, et il nous faut l'appliquer aussi à nos employés. On a besoin de compétences qui vont continuer à mûrir et à se transformer, donc il ne faut pas abîmer nos employés." Avatar peut aussi aider sur ce point, pour simuler et valider que de nouveaux outils respectent les critères d’ergonomie en vigueur (masse des outils, découpage de la tâche, etc.).

 

L'IRT Jules Verne, moteur de l'innovation

Si Avatar est un projet interne à Airbus, l'entreprise explore des projets complémentaires sur le facteur humain avec l'IRT Jules Verne qui n'ont pas encore été rendus publics. "Nous sommes très impliqués dans cet IRT, commente Hervé Riou. C'est l'un de nos deux partenaires académiques locaux, avec l'Université de Nantes."

 

L'enjeu, pour le responsable, est d'arriver, grâce à une collaboration de recherche multi-industrielle, à concrétiser l'industrie du futur. "Tout le monde est capable de dessiner l'usine du futur. Mais personne ne sait combien ça coûte ou combien de temps ça va prendre à construire. Et il faut intégrer les systèmes industriels. Certes, nous sommes poussés par la technologie, mais pour en tirer le meilleur bénéfice il faut que ce soit économique et que ça réponde aux besoins des utilisateurs. Tous ces éléments doivent faire l'objet d'études en amont."

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale