Rebuté par la complexité de l'opération, Orange dit non à Bouygues Telecom

Orange ne rachètera finalement pas Bouygues Telecom. S’il ne donne pas de détails, l’opération aurait, entre autres, exigé une organisation complexe pour ne pas enfreindre les règles de la concurrence. Cette fois, la filiale de Bouygues doit pour faire cavalier seul, pour de bon.

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Rebuté par la complexité de l'opération, Orange dit non à Bouygues Telecom

Sans surprise, Orange a annoncé le 2 juillet qu’il ne rachèterait finalement pas son concurrent Bouygues Telecom. Il a jugé, dans un communiqué, "que les conditions que le groupe avait fixées ne sont pas réunies aujourd'hui pour y donner suite". L’opération aurait, quoi qu’il arrive, conduit le leader français dans une aventure complexe à la rentabilité incertaine.

jeu de dominos

Tout a commencé après que Bouygues Telecom se soit vu souffler SFR par Altice, maison mère de Numéricable au bout d’une bataille qui a laissé quelques traces. Martin Bouygues, patron du groupe éponyme, et fondateur de sa filiale télécoms, ne voyait alors plus qu’une option : vendre. En avril dernier, Iliad s’est positionné, mais son rival a vite écarté la candidature. Il n’est un secret pour personne que Martin Bouygues et Xavier Niel (Iliad) ne sont pas les meilleurs amis du monde (même s’ils s’étaient mis d’accord pour que Free reprenne le réseau mobile de Bouygues Telecom en cas de rachat de SFR par ce dernier, business is business). Mais surtout, la rumeur prêtait à Iliad des intentions d'achat à hauteur de 6 milliards d’euros, là où Martin Bouygues valorisait sa filiale à au moins 8 milliards d’euros.

C’est d’ailleurs visiblement là-aussi que le bât a blessé Orange. Entre autres. Avec la constitution d’un opérateur aux parts de marché aux alentours de 55%, le numéro un français aurait dû imaginer une opération complexe de partage des actifs de la filiale de Bouygues avec Iliad, entre autres, pour ne pas s’exposer aux foudres des autorités de la concurrence. Poussé à s’intéresser à son concurrent par la direction du groupe Bouygues et soutenu par un gouvernement enclin à encourager un retour à trois opérateurs, l’opérateur historique n’a pourtant, semble-t-il, pas vu son intérêt dans cette absorption.

bouygues télécom en solo

Bouygues Telecom qui a récemment annoncé un plan de 1500 suppression de postes va devoir continuer en cavalier seul, à moins qu’un opérateur étranger ne montre son intérêt. Une hypothèse peu probable, si l’on en croit les manifestations d’intérêt d’acteurs non français pour les opportunités françaises dans les télécoms, depuis le début de l’année... Bouygues Telecom, a choisi entre autres, de jouer la guerre des prix dans le fixe. Il l’a confirmé la semaine dernière avec une offre d’accès à la fibre optique à moins de 26 euros.

Emmanuelle Delsol

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