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Reconnaissance faciale : La start-up Clearview AI accusée de surveillance de masse au Canada

Vu ailleurs 48 organisations canadiennes, entités ou forces de l'ordre, utilisent la technologie de reconnaissance faciale de Clearview AI pour identifier les auteurs d'infractions. Une situation inquiétante d'après un groupe de commissaires à la protection de la vie privée qui accuse l'entreprise new-yorkaise de surveillance de masse.  
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Reconnaissance faciale : La start-up Clearview AI accusée de surveillance de masse au Canada
Reconnaissance faciale : La start-up Clearview AI accusée de surveillance de masse au Canada © Benedikt Geyer/Unsplash

Clearview AI, spécialisée dans la reconnaissance faciale, est accusée de surveillance de masse au Canada, d'après un rapport des commissaires à la protection de la vie privée cité par Radio Canada. Ces conclusions ressortent d'une enquête menée conjointement par l'agence fédérale et ses homologues provinciaux du Québec, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique en février 2020 sur les activités de Clearview AI.

L'entreprise américaine aurait violé les lois sur la protection des données personnelles et de la vie privée. "Les pratiques de Clearview représentent une surveillance de masse, ce qui est illégal", conclut Daniel Therrien, le commissaire à la protection de la vie privée du Canada. En effet, l'entreprise américaine récolte et stocke des données très sensibles sur de nombreux canadiens sans leur consentement "à des fins inacceptables", affirment les auteurs du rapport.


Identifier des auteurs d'infraction
Cette entreprise, basée à New York, a mis au point un outil de recherche reposant sur une technologie de reconnaissance qui a pour objectif de recherche et d'identifier des auteurs d'infraction. Son fonctionnement est le suivant : il suffit de prendre une personne en photo, de téléverser l'image pios de consulter toutes les images correspondantes. Le système repose sur une base de données qui regroupe plusieurs milliards de photo aspirées de Facebook, YouTube et Venmo principalement.

La technologie de Clearview a séduit 48 organisations, entités ou forces de police, grâce à une stratégie bien rodée reposant sur un modèle freemium. La Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui est à la fois la police fédérale et fait fonction de corps de police territoriale pour les provinces, était l'un des clients de Clearview AI, avant la suspension de son compte durant l'été 2020

Les informations sont librement accessibles 
Clearview AI se défend en affirmant qu'elle n'a pas besoin de recueillir le consentement des personnes parce qu'il s'agit de renseignements auxquels le public a déjà accès sur Internet. "Clearview AI explore le web accessible à tous et ne peut pas rechercher d'informations privées ou protégées, notamment dans les comptes de réseaux sociaux privés", explique l'avocat de la jeune pousse, Doug Mitchell. 

Mais cette argumentation ne convainc pas les commissaires. Ils se disent préoccupés par "le fait que l'entreprise ne reconnaît pas que la collecte d'informations biométriques auprès de milliards de personnes, sans leur consentement explicite, porte atteinte à leur attente raisonnable de respect de la vie privée". 

Mieux encadrer la reconnaissance faciale
Plus généralement, cette affaire démontre "la nécessité de mieux encadrer l'utilisation de cette technologie et d'accorder aux autorités le contrôle des outils dissuasifs supplémentaires", d'après la présidente de la Commission d’accès à l’information du Québec, Diane Poitras. Un projet de loi est d'ailleurs actuellement en discussion devant le parlement canadien pour encadrer cette technologie.

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