Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Reconnaissance faciale, lab retail, véhicules autonomes… Comment le Groupe ADP construit l’aéroport de demain

mis à jour le 30 avril 2018 à 11H05
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Le Groupe ADP dévoilait sa stratégie innovation en mars 2017. Un an après, Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP, dresse un premier bilan et dévoile les grandes priorités 2018. Le tout nourri à base d’intelligence artificielle, de data et de relations avec des start-up.

Reconnaissance faciale, lab retail, véhicules autonomes… Comment le Groupe ADP construit l’aéroport de demain
Reconnaissance faciale, lab retail, véhicules autonomes… Comment le Groupe ADP construit l’aéroport de demain © Gwen le Bras pour Aéroports de Paris

"On a ouvert les portes de l’aéroport et de nos terminaux (…) On a offert de la visibilité, des territoires d’expérimentation, du financement, de l’accompagnement", résume Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP, au sujet de la stratégie innovation du groupe aéroportuaire.

Lancée en mars 2017, cette stratégie repose sur trois piliers : Open, Connect et Invest. Elle s’est entre autres matérialisée par l’installation du siège du groupe au cœur de Roissipôle, quartier d'affaires de l'aéroport, l’ouverture de l’Innovation Hub et la création d’un fonds d’investissement de 16 millions d’euros. Cela s’est soldé par de multiples initiatives. Innovation day, Airport start-up day, expérimentations de nouvelles solutions, Challenge Play Your Airport, stand au CES 2018… Les derniers mois ont été riches (lire encadré ci-dessous).

 

Une démarche innovation tous azimuts

Un an après, le groupe compte encore accélérer. "On a une approche ouverte, une démarche innovation multi-leviers, qui capitalise sur ce qu’on a accompli en 2017, qui s’incarne dans des lieux, se déploie dans les aéroports du groupe et qui est toujours commandée par la même finalité : améliorer notre compétitivité et offrir de nouveaux services aux passagers.Nous devons en effet nous différencier de nos concurrents, et accentuer la transformation du groupe, avec une autre manière de travailler, pour désiloter l’entreprise, s’ouvrir sur l’extérieur et jouer un rôle d’intégrateur", exprime Edward Arkrwright.

Dans ce cadre, le Groupe ADP ouvrira ainsi un équivalent de l’Innovation Hub à Paris-Orly dans le courant de l’année. "On va faire un lieu qui sera ouvert sur l’écosystème propre de Paris-Orly, c’est-à-dire Saclay, les écoles et les universités". La structure sera complémentaire à la première : "Ici (à Roissypôle, ndlr), on est plus ouvert sur notre écosystème industriel, nos clients et partenaires industriels." Avec une ambition : faire de l’Innovation Hub un produit exportable.
 

Innovation Hub du Groupe ADP
 

1ère priorité : la ville aéroportuaire

Plus concrètement, pour cette année 2018, le groupe s’est fixé trois priorités. La première, technique, porte sur la ville aéroportuaire et le lien entre la ville et l’aéroport. Cela s’est matérialisé en 2017 par une plateforme de covoiturage destinée aux salariés du groupe. "Ce nouvel outil est en cours d'appropriation par les salariés, nous souhaitons qu'il monte en puissance dans les mois à venir", tempère Edward Arkwrigtht. Côté voyageur, ADP offre un terrain de test avec la start-up Tako qui propose une solution de taxi partagé, avec système de paiement intégré.

Pour aller plus loin, le groupe a lancé l'expérimentation de deux navettes autonomes 100% électriques à Roissypôle. Une première pour un aéroport français. "Cela nous permet de mesurer comment des véhicules autonomes peuvent nous permettre de mieux utiliser notre espace, de fluidifier le réseau routier des grands hubs, et développer le concept de transport à la demande". Une solution qui répond en partie à l’enjeu de densification des infrastructures aéroportuaires. "L’autonomie des véhicules est un des leviers", précise Edward Arkwright. Et d’ajouter : "L’autre intérêt du service est de proposer quelque-chose de plus confortable, de plus sûr, de plus régulier et de plus fiable, notamment pour les utilisateurs. On regarde dans quelle mesure on pourra le tester à Paris-Orly entre le futur ex-Orly Ouest et futur ex-Orly Sud",  dont la jonction est fixée au 1er avril 2019.

Le groupe étudie également la possibilité d’un service de livraison de bagages à l’aéroport, avec un service aéroportuaire en ville.  Il s’agirait dans un premier temps d’un service entre la ville et l’aéroport. Des projets de livraison "door-to-door" sont également à l’étude mais plus compliqués à mettre en place en raison, notamment, des questions de sécurité renforcée.

Du côté "backoffice", en collaboration avec Thalès et la DSNA,  ADP teste également actuellement un solution "anti-drone", Hologarde, qui permet de détecter les drones à longue distance, de les localiser et, dans un futur proche, de les neutraliser. "Il s’agit d’un partenariat industriel entre l’aéroport, la navigation aérienne et Thalès. On est en train de monter une entreprise en France pour la fin de l’année". Et d’ajouter : "Nous sommes en train de tester la solution sur une échelle industrielle à Paris-Charles de Gaulle."  Toujours d
’un point de vue sécurité, le groupe envisage également l’utilisation de l’intelligence artificielle au niveau des 13 000 caméras de sécurité installées à CDG afin d’analyser les comportements suspects.

Par ailleurs, afin d’améliorer l’expérience client et la robustesse opérationnelle du process de livraison bagages, la solution de Fieldbox, start-up qui a développé une solution de maintenance prédictive du tri bagage, est en cours de déploiement au nouveau trieur à bagages du Terminal 2E.

 

2e priorité : la personnalisation et le smart retail

 

 

La deuxième priorité, technique elle aussi, repose sur la personnalisation et le smart retail. "Avec plus de 100 millions de passagers par an, il faut que l’on personnalise notre relation à chaque client. Dans ce cadre, l’Intelligence artificielle et la digitalisation sont des leviers puissants", précise Edward Arkwright.

Deux exemples initiés en 2017 verront le jour dans les semaines à venir.  Avec Destygo, ADP ouvrira en juin un chatbot au service des passagers pour personnaliser l’information voyageur. Quelque 700 clients se sont portés volontaires pour tester le produit. En mai prochain, en partenariat avec Sensego, le groupe lancera une solution permettant de détecter, en moyenne dix jours avant la réservation, qu'un client est en train de préparer ses vacances, dans le but d’accompagner les voyageurs et de leur proposer des offres.

Par ailleurs, "on travaille sur le smart retail, indique Edward Arkrwright. Comment être capable de précommander, de développer de nouveaux services dans l’aéroport…" Pour cela, le groupe va ouvrir un lab retail au sein de l’Innovation Hub : "On va accroître la surface de 150 m2 et on va travailler avec SDA (joint-venture co-détenue par Lagardère Travel Retail et Groupe ADP, ndlr), et avec Hub One, notre filiale de télécom. Cela va être l’occasion de tester un certain nombre de technologies au service du magasin du futur". Et ce, autour de thématiques prioritaires, telles que les modes de paiement, la réalité virtuelle pour tester des vêtements ou du maquillage, par exemple, ou la personnalisation et la livraison à la place. L’ouverture est prévue fin 2018.

En partenariat avec La Poste, le Groupe ADP a également lancé fin janvier au terminal 2E un service d’envoi à domicile des objets interdits en vol. Une solution qui permet de limiter les points de friction au niveau du passage de la sécurité.


Parmi les autres projets, le groupe mise également sur la réduction des files d’attente. Cela passera par la mise en place de la reconnaissance faciale au passage aux frontières dès le 18 juillet 2018 à Paris-Charles de Gaulle. La solution de Gemalto est en cours d’homologation par le ministère de l'Intérieur. Dans cette même optique d’amélioration du service client et de personnalisation, le projet RevolutionAir, proposé par des collaborateurs du groupe dans le cadre du Challenge Play Your Airport, sera également testé. La solution vise à planifier le passage des différentes files d'attentes (enregistrement, sécurité etc), en prenant rendez-vous dès le domicile afin de gagner du temps à l'aéroport.

 

3e priorité : l’internationalisation

Dernière priorité : l’internationalisation de la démarche. "Nous proposons aujourd'hui aux startups avec lesquelles nous travaillons de déployer leurs savoir-faire dans notre réseau d'aéroport à l'international, où les besoins sont nombreux". Et de citer Safety Line à qui la société a ouvert le marché chinois, ainsi que Kowee, une start-up de réservation de parking en ligne avec qui le Groupe ADP travaille pour ses aéroports parisiens, et sur des projets à l'export.

L’Airport Start-up Day qui s'est déroulé au terminal 2F en octobre 2017 sera quant à lui proposé aux aéroports du Groupe ADP. "On voudrait par ailleurs le faire cette année à Paris sur une thématique mettant en avant les étudiants entrepreneurs,en écho avec l’ouverture d'un Innovation Hub cette année à Paris-Orly." Et pour sourcer les start-up au plus près des marchés et les projets innovants, le groupe a ouvert un bureau à New York et à Hong Kong en 2017.

"L’aéroport doit être connecté, collaboratif, durable et divertissant", résumait Augustin de Romanet lors de la finale du Challenge Play Your Airport le 1er février 2018. Pour rester compétitif, le Groupe ADP n’a en effet d’autre choix que d’innover massivement. La dynamique semble bien enclenchée.

 

Open, Connect et invest

La stratégie innovation du Groupe ADP repose sur trois piliers :

  • Open : le Groupe ADP a accueilli une quinzaine d’aéroports et 4000 visiteurs au sein de l’innovation hub. Il indique également avoir participé à environ 80 événements, mis en place un innovation day avec des fonds d’innovations, des grands corporates… "On a essayé d’ouvrir les portes et de convaincre l'écosystème que nous avons bâti que tout l’innovation est la bienvenue chez nous", indique Edward Arkwright.
     
  • Connect : sur cette partie dédiée au sourcing, à la qualification et à l'expérimentation avec des start-up et PME innovantes, le groupe a initié une quinzaine d’expérimentations. Et de citer l’exemple de Stanley Robotics, dont le business model ne s’est pas révélé pertinent pour les parkings indoor. En revanche, la solution devrait être expérimentée au Parking P4 de Paris-Orly."On fait beaucoup pitcher et on travaille beaucoup avec les partenaires de la plateforme, comme Air France, Engie, La Poste…", ajoute Edward Arkwright. Mais "on ne fait rien qui n’ait été validé par nos salariés, par les équipes opérationnelles de l’aéroport. C’est un levier de transformation de l’entreprise extrêmement fort".  Les 7 à 8 personnes de l’Innovation Hub travaillent ainsi en étroite collaboration avec l’ensemble des business unit de l’aéroport. "On cherche des sponsors opérationnels en interne", indique Sébastien Couturier, responsable du pôle innovation.
    D’ailleurs, le Groupe ADP mise également sur l’intraprenariat. Une stratégie qui s’est traduite par le lancement du challenge Play Your Airport en mai 2017. Au total, près de 2000 personnes (passagers, étudiants, start-upper, collaborateurs du groupe) venant de 77 pays ont imaginé des solutions pour développer de nouveaux services tout au long du parcours passager. Deux projets de collaborateurs ont été retenus : RevolutionAir, solution qui prévoit des prises de RDV pour tous les endroits où il y a des files d’attente dans l’aéroport ; et EarthPort qui vise à concevoir un terminal bioclimatique à énergie positive.
     
  • Invest :  le Groupe ADP investit à la fois dans des fonds et en direct. Au travers d’ADP Invest, le groupe a ainsi investi directement dans quatre start-up depuis mars 2017 :
    - Pacifa Décision, qui édite un logiciel permettant de visualiser en temps réel les flux de voyageurs dans une interface 3D ;
    - Egidium Technologies, qui développe une solution  de  supervision  numérique 3D pour  la coordination de la sécurité et de la sûreté de sites sensibles ;
    - Safety Line qui a développé une solution permettant d’optimiser les temps de roulage des avions et les angles de montée des avions avec un objectif d’économie de carburant  ;
    - et plus récemment Bestmile, plate-forme logicielle spécialisée dans la supervision de flottes et de sites de véhicules autonomes, quelle que soit la technologie de l’autonomie.

 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale