Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Réforme de la NSA ou pas, le numérique va payer le scandale Prism

Barack Obama doit annoncer sa réforme de la NSA suite au scandale Prism. Mais ce dernier a déjà une conséquence plus importante. Il va contraindre les  acteurs du numérique à la transparence sur l’utilisation des données.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Réforme de la NSA ou pas, le numérique va payer le scandale Prism
Réforme de la NSA ou pas, le numérique va payer le scandale Prism © Obamas Photo - The Reykjavík Grapevine - Flickr c.c.

"Un enfant qui nait aujourd’hui grandira sans aucune idée de ce qu’est la vie privée. Il ne saura jamais ce que cela signifie d’avoir un moment privé avec eux-mêmes, une pensée qui ne soit ni enregistrée, ni analysée." Les vœux de Noël d’Edward Snowden ont donné le ton pour 2014. Au point qu’ils devraient contraindre le secteur numérique à certaines bonnes résolutions.

L’ancien employé de l’agence de sécurité américaine (NSA) - est-il encore besoin de le rappeler - a dévoilé la façon dont cette dernière se servait sans vergogne dans les bases d’informations des opérateurs télécoms et des acteurs du numérique, renseignant sur leurs clients ou utilisateurs. Lutte anti-terroriste oblige. Un scandale, au point que le monde attend avec impatience, ce vendredi 17 janvier, la réforme de la NSA que Barack Obama doit annoncer.

Rendre des comptes aux internautes

Pour Google, Apple, Facebook, Microsoft, Blackberry, et autres Verizon, le silence et l’opacité ne seront plus de mise. Qu’ils aient, ou non, volontairement ouvert les portes de leurs réseaux et de leurs datacenters, ils ne pourront plus agir comme si partager ses données avec eux ne portait pas à conséquence. Il leur faudra rendre des comptes aux internautes, et même aux autres. Le scandale Prism a tout simplement joué le rôle d’accélérateur. Il a exposé aux yeux de tous une situation que, jusque-là, seuls quelques "activistes", comme on les appelle aux USA ou adeptes du logiciel libre tentaient de dénoncer depuis des années. Mais ils étaient en général pris pour des paranoïaques excessifs, adeptes de la théorie du complot.

Depuis les révélations d’Edward Snowden, tout un chacun sait que les données qu’ils publient sur Facebook, sur Twitter, les SMS qu’il échange, ou même les données de géolocalisation qu’il accepte de partager, peuvent atterrir à la NSA. Pire encore, les internautes qui ne l’avaient pas encore compris, savent que ce qu’ils partagent sur Internet, volontairement ou non, peut tomber entre des mains autres que celles entre lesquelles ils les avaient déposées. Et ceux qui n’avaient pas compris qu’ils partageaient des données… ont été brutalement réveillés.

Contraints à la transparence

La confiance des utilisateurs est le socle des modèles économiques du numérique. Sans la confiance, sans les données des internautes, il s’écroule. Il a suffi d’observer la bataille entre Google et Facebook pour le rachat de Snapchat, un outil de chat qui ne conserve pas les données échangées, pour comprendre. La start-up ne s’est pas laissée convaincre malgré les montants proposés. Mais Mark Zuckerberg, sans doute quelque peu amer, vient tout juste de qualifier Snapchat dans une interview à Stanford de " super interesting privacy phenomenon ". De phénomène super intéressant concernant la vie privée, pourrait-on traduire sans trop en perdre le sens…

Les grands, et les plus petits, du secteur vont devoir prouver leur bonne foi. Ils ne pourront plus se contenter, comme tente encore de le faire Google après l’amende de la CNIL et les poursuites de ses homologues européennes, de faire appel et de camper sur leurs positions. Les agences des données personnelles réclament au californien de la transparence. Et il va lui falloir préciser comme on lui demande ce que recouvrent les nouvelles conditions d’utilisation de ses services. Et Facebook va devoir en faire de même. L’enjeu économique ne se monte pas seulement à 150 000 euros d’amendes. Elle s’évalue à l’aune du degré de confiance des internautes.

Emmanuelle Delsol

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale