Remedee Labs lève 12,5 millions d'euros pour soulager les douleurs chroniques

Remedee Labs boucle une levée de 12,5 millions d'euros pour commercialiser son service d'amélioration de la qualité de vie. La start-up a mis au point un bracelet connecté qui stimule la libération d'endorphines afin de soulager les douleurs chroniques liées à la fibromyalgie, à l'arthrose et aux migraines.

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Remedee Labs lève 12,5 millions d'euros pour soulager les douleurs chroniques

La start-up française Remedee Labs, qui a mis au point un bracelet connecté permettant de stimuler la création d'endorphines, a annoncé le 6 décembre 2022 avoir levé 12,5 millions d'euros. Un tour de table réalisé dans l'attente des résultats d'études cliniques qui devraient arriver dans les prochains mois.

"Le but est de certifier la solution en tant que dispositif médical", explique Jacques Husser, cofondateur et président exécutif de la Remedee Labs, afin de pouvoir communiquer sur le champ médical, ce qui n'est aujourd'hui pas possible. La start-up parle donc d'un service d'amélioration de la qualité de vie pour le moment. Mais l'objectif à terme et de se positionner sur le soulagement des douleurs chroniques liées à la fibromyalgie, à l'arthrose et aux migraines. Pour rappel, une douleur est chronique lorsqu'elle est installée depuis plus de trois mois. La jeune pousse ajoute que sa solution technologique contribue à diminuer le stress et à mieux dormir.

Des sessions de 30 à 40 minutes avec le bracelet

Remedee Labs propose un service complet de prise en charge de la douleur chronique. Jacques Husser évoque une "technologie non invasive qui libère des endorphines cérébrales" suite à une stimulation. Dans les faits, la start-up a mis au point un bracelet qui émet un signal électromagnétique de haute puissance et de basse fréquence sur 2 cm². La personne ne sent rien, mais le signal envoie une information au cerveau qui libère des endorphines cérébrales 20 à 30 minutes après la session. Remedee Labs propose un bracelet car cette zone du corps est très innervée.

Le bracelet doit être porté lors de sessions de 30 à 40 minutes. Lorsque la session est terminée, il faut remettre sur le bracelet sur son support pour qu'il se recharge. "Jusqu'à sept traitements en une charge peuvent être réalisés", glisse Jacques Husser. Le nombre de sessions à réaliser dépend des pathologies et des personnes, mais pour les douleurs liées à la fibromyalgie, ce sont souvent trois sessions par jours qui sont recommandées.

La start-up assure n'avoir constaté aucun effet secondaire jusqu'à présent. "On ajoute rien au corps, mais le dispositif accélère un processus naturel", explique le cofondateur. Il précise qu'aucune accoutumance ni addiction ne sont constatées. "Une fois que l'endorphine est relâchée, le cerveau va mettre plusieurs heures avant d'en refaire" glisse Jacques Husser. Et le traitement ne peut pas être réalisé en permanence.

Un service disponible pour 39,90 euros par mois

L'histoire de Remedee Labs débute avec l'un des cofondateurs qui retrouve trace, alors qu'il travaillait au service de santé des armées, de traitements se basant sur la technologie des ondes millimétriques appliqués par les services hospitaliers russes pour la gestion de la douleur. Ces derniers auraient soignés près de trois millions de personnes à l'hôpital avec une telle technologie avant que les antalgiques ne soient commercialisés dans le pays.

Cette technique était à l'époque lourde et nécessitait la venue des patients à l'hôpital. Mais en travaillant en partenariat avec le projet Clinatec, qui regroupe notamment le CHU de Grenoble et le CEA, les cofondateurs de Remedee Labs sont parvenus à mettre au point une solution facile d'usage, notamment grâce à l'utilisation du silicium dans la fabrication des semi-conducteurs. La start-up est née en 2016.

Depuis un an, elle a lancé son service de la prise en charge de la douleur chronique. Il est possible de s'abonner au service pour 39,90 euros par mois. Cet abonnement offre l'accès au bracelet connecté ainsi qu'à divers services numériques via l'application. Un coach de santé, avec lequel il est possible de communiquer avec par tchat ou par téléphone, suit chaque personne. Les coachs sont pour l'instant embauchés par la start-up que ce soit des neuropsychologues, des infirmières, des nutritionnistes, etc. A terme, Remedee Labs souhaite déléguer cette partie à une société tierce.

Au bout de 60 jours si la personne n'a pas le sentiment d'une vraie amélioration, le traitement est arrêté et la personne peut être remboursée. La start-up ne souhaite pas communiquer sur le nombre de personnes ayant souscrit à un abonnement mais assure avoir "des chiffres qui commencent à être suffisants pour faire des statistiques", selon Jacques Husser. Au total ce sont 1,5 milliards de personnes à travers le monde qui déclarent souffrir de douleurs chronique dont la moitié n'est pas satisfaite des traitements qu'elle a.

Vers un statut de dispositif médical ?

Cette levée de fonds doit aider la start-up dans sa phase d'accélération. Après avoir développé le produit et débuté les études cliniques, Remedee Labs entre en phase de commercialisation dont elle espère voir l'accélération grâce aux résultats des études cliniques. La start-up entend commercialiser ses solutions en France, et plus largement en Europe et aux Etats-Unis qui est un marché essentiel. Elle a d'ailleurs décroché le statut de dispositif innovant auprès de la FDA américaine ce qui doit permettre d'accélérer le processus de mise sur le marché.

Remedee Labs espère décrocher le statut de dispositif médical à l'horizon fin 2023 au niveau européen ce qui lui permettra de débuter les discussions, Etat par Etat, pour un éventuel remboursement de droit commun. En revanche, d'ici là, il est possible de nouer des partenariats pour une prise en charge partielle par des payeurs privés comme les mutuelles. C'est par exemple le cas avec Generali France. L'assureur français, qui entre au capital de la start-up à l'occasion de cette levée de fonds – aux côtés de HCVC, Habert Dassault Finance, d'investisseurs privés, de la BPI et de banques partenaires – en profite pour nouer un partenariat afin de proposer le dispositif à ses clients.

En parallèle, la start-up entend poursuivre ses recherches pour voir si le dispositif peut servir dans le cadre d'autres douleurs. Elle cherche également à savoir s'il est possible d'enlever les douleurs chroniques dans le temps, c'est-à-dire d'arrêter le traitement sans que la douleur revienne. Enfin grâce au bracelet connecté, des informations sont régulièrement remontées ce qui lui permet d'améliorer le service en continue.

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