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Renault Trucks dope le contrôle qualité de ses moteurs à la réalité augmentée

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Vidéo Exclusif Renault Trucks se met à la réalité augmentée. Le constructeur de poids lourd, filiale du groupe Volvo, va équiper ses opérateurs de casques HoloLens pour améliorer le contrôle qualité des moteurs de son usine lyonnaise. Le système pourrait être déployé à terme dans toutes les usines du groupe et pour d'autres cas d'usage comme l'assemblage, la réparation, la maintenance ou la formation.

Renault Trucks dope le contrôle qualité de ses moteurs à la réalité augmentée
Renault Trucks dope le contrôle qualité de ses moteurs à la réalité augmentée © Renault Trucks / Immersion

L'industrie du futur s'esquisse peu à peu à mesure que la réalité augmentée pénètre dans les usines françaises. Renault Trucks, filiale française du groupe Volvo, est la dernière en date à s'y mettre avec un projet de modernisation du contrôle qualité de ses moteurs. La présentation officielle sera faite mardi 21 novembre 2017 lors du salon Solutrans, mais L'Usine Digitale a pu s'entretenir en amont avec l'entreprise pour faire le point sur le projet.

 

Du document papier à la réalité augmentée

L'objectif de Renault Trucks est de simplifier les tâches de contrôle qualité en remplaçant la documentation papier par des casques Microsoft HoloLens. "Nous avons une problématique commune à tout le groupe Volvo : nos camions ont énormément de variantes différentes", explique Bertrand Félix, responsable de la réalité augmentée chez Renault Trucks.

 

En clair, ce n'est jamais le même moteur qui sort de la ligne d'assemblage, et les techniciens en charge du contrôle qualité doivent effectuer des points de vérification à la fois très divers et complexes. "Notre priorité avec ce projet est de réduire leur charge cognitive en leur indiquant les points de contrôle et de leur faire gagner du temps en leur laissant les mains libres." A l'heure actuelle les opérateurs doivent prendre et reposer leurs documents de façon intempestive car l'inspection des moteurs requiert l'utilisation des deux mains.

 

"Augmenter" les opérateurs sans les priver de leur expertise

L'entreprise ne dispose pour le moment que d'un prototype, qu'une équipe pluridisciplinaire de vingt salariés a développé avec l'aide de la société bordelaise Immersion, partenaire historique du groupe Volvo en matière de technologies immersives. "Le prototype n'est pas connecté au système d'information Volvo aujourd'hui, et ne contient qu'une seule variante de moteur," reprend Bertrand Félix. Il ne modélise pas non plus tous les points de contrôle, qui sont au nombre de 40 par moteur. "L'idée avec le prototype n'était pas d'être exhaustif mais de nous assurer que le système va vraiment aider des opérateurs professionnels à mieux faire les contrôles."

 

Car l'idée est bien d'augmenter le technicien et pas d'en faire un exécutant auquel on ne demande pas de réfléchir. "L'opérateur garde la prise de décision, le logiciel ne va pas détecter si la position des pièces est correcte ou pas. Nos employés sont des pros, ils savent faire leur travail. La difficulté pour eux réside dans le nombre de configurations différentes à gérer." En les aidant sur ce point, Renault Trucks espère réduire le nombre d'erreurs tout en diminuant la durée des contrôles.

 

Un pilote à Lyon dès janvier 2018

Suite au succès de ce prototype, Renault Trucks prévoit la mise en place d'un pilote en janvier dans son usine de moteurs de Vénissieux (métropole de Lyon). Il sera intégré sur l'une des sept "quality gates" de l'usine. Le casque HoloLens sera connecté au système d'information de Volvo en amont et en aval. "Seules quelques variantes de moteurs seront prises en charge au départ, mais elles auront les complexités de contrôle les plus hautes," précise Bertrand Félix. Là encore l'objectif sera de s'assurer de l'intérêt réel du dispositif au-delà du côté "sexy" de la technologie.

 

 

Le système s'appuie sur les modèles 3D dont dispose déjà Renault Trucks au sein de ses bureaux d'étude. "Nous les exportons dans un format simplifié, qui passe de 10 millions de polygones ou plus à seulement 100 000, détaille Bertrand Félix. Ensuite il nous est possible de faire apparaître ou disparaître les pièces qui nous intéressent en fonction du contrôle nécessaire. Des zones au sol indiquent à l'opérateur où il doit se positionner, la partie concernée du moteur est entourée, puis la pièce virtuelle se superpose en surbrillance sur la pièce réelle, avec des indicateurs en rouge et en vert pour montrer ce qui est souhaite ou pas." L'utilisateur contrôle l'interface par reconnaissance vocale et gestuelle.

 

L’opérateur peut au besoin afficher des animations indiquant les manipulations à effectuer, comme le "pousser/tirer" ou le contrôle du circuit électrique. "Nos moteurs vibrent et cela peut provoquer des déconnexions si les connecteurs électriques sont mal branchés, ce qui est extrêmement dangereux. L'opération est compliquée par le fait que les configurations de connexion changent en fonction des variantes de moteurs."

 

Industrialisation à horizon 2019-2020

Renault Trucks table sur une industrialisation du système à horizon 2019-2020, qui s'étendra à ses autres usines de moteurs puis aux usines fabriquant d'autres pièces. "Cela nous serait très utile pour l'assemblage des longerons par exemple. En fonction des variantes il faut visser sur certains trous et pas d'autres et c'est facile de se tromper. Les fournisseurs ne peuvent pas peindre les trous en fonction des variantes, donc ce sera la prochaine étape pour nous." Le reste du groupe Volvo pourrait à terme aussi l'adopter.

 

D'autres cas d'usage suivront également : aide au montage, à la maintenance, à la réparation... Et bien sûr la formation des opérateurs. "Nous voudrions que les opérateurs effectuent chaque geste cent fois sur du virtuel avant de passer au réel." Questionné sur le choix de la réalité augmentée face à la réalité virtuelle pour la formation, Bertrand Félix rappelle que le métier de l'opérateur reste très tactile. "Le métier reste la manipulation du moteur, et il est essentiel que les opérateurs prennent le coup de main. L'élément le plus complexe dans nos moteurs est le faisceau électrique car il est mou, et il peut casser ou brûler s'il est mal fixé. Le positionnement et serrage des faisceaux sera le cas le plus important pour nous à l'avenir."

 

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Quand ? Le 14 décembre au matin

Où ? Les Salons Vianey, 98 quai de la rapée 75012 Paris

 

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