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Reportage : A Angers, l'ancienne usine est devenue Cité de l'objet connecté

Reportage La Cité des objets connectés est officiellement inaugurée, à Angers, ce 12 juin, par François Hollande. Elle a pour ambition de faire revenir en France la production des objets connectés, la plupart du temps fabriqués en Asie. L'Usine Digitale vous invite à la visiter, en avant-première.

mis à jour le 13 juin 2015 à 08H17
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A Angers, l'ancienne usine est devenue Cité de l'objet connecté
Reportage : A Angers, l'ancienne usine est devenue Cité de l'objet connecté © Olivia Bassi

C'est en grande pompe que sera inaugurée, ce 12 juin, la Cité de l'objet connecté, la Coc. Le Président de la République est attendu à Angers (Maine et Loire) ainsi qu'un aéropage de ministres. Situé dans la zone industrielle, en face au parc des expositions d’Angers, le bâtiment de 8300 mètres carrés, ancien entrepôt et SAV de RCO, un négociant réparateur d'électroménager et d’informatique, abrite désormais la première usine dédiée au prototypage et à la mise en série d'objets connectés en tout genre. "Les parts de marché, on les prend maintenant", lançait jeudi 11 au soir Christophe Béchu, maire de la ville propriétaire des lieux, lors de la visite privée réunissant les élus locaux et les 17 actionnaires privés de la SAS qui tenaient leur assemblée générale.

Un atelier de co-working de la Cité de l'objet connecté, à Angers.

Objectif : s'autofinancer

 

Après trois semaines de travaux menés tambour battant par la municipalité et les équipes d’Eolane, actionnaire majoritaire de la Coc, les locaux aux relents de peinture fraîche sont fin prêts. Dans une ambiance blanche, presque monacale, égayée par quelques touches de couleurs à la mode, les 1800 mètres carrés dédiés à la Coc attendent leurs futurs clients. Car il faudra s’abonner pour accéder aux ressources de la Cité de l’objet connecté : 300 euros par mois pour les ateliers de co-working et 300 euros par jour pour des séances confidentielles. La SAS, créée en janvier 2015 et dotée d’un capital de départ d’1,5 millions d’euros doit s’autofinancer.

 

Un accueil sobre et ouvert, des espaces de co-working et des bureaux fermés forment la première partie de l’usine dont le concept a été imaginé par l’un des entrepreneurs emblématiques de la French Tech en matière d’objets connectés, Eric Carreel, le patron de Withings. "Ce premier espace ouvert est dédié à réfléchir avec les innovateurs à un avant-projet technique pour réaliser en quelques mois un prototype", commente Thierry Sachot. Le directeur général du groupe d’électronique Eolane, est l'actionnaire majoritaire et l’enthousiaste président de la Cité des objets connectés. Il est secondé par Philippe Ménard, le directeur opérationnel de la Cité qui mène fièrement la visite devant ses patrons dans une chaleur étouffante. La climatisation ne semble pas avoir été prévue au budget serré des aménagements.

Christophe Béchu (maire d'Angers), Eric Carreel (président de Withings) et Thierry Sachot (DG d'Eolane) à la visite de la Cité de l'objet connecté d'Angers.

 

"Inespéré pour de jeunes entrepreneurs"

 

Dix salariés y travaillent déjà. Ils seront là, en permanence pour accueillir et conseiller les entreprises porteuses de projets. Ils sont ingénieurs, techniciens, informaticiens, experts de l'électronique, de la plasturgie, de la mécanique et du design. Dans la deuxième partie du bâtiment, s’alignent sagement en rang d’oignon un parc de machines de pointe bien propres, achetées d’occasion (pour un budget de 2 millions d’euros) : CAO, machine de placement de composants électroniques, imprimantes 3D professionnelles, machines de découpe laser, équipement de contrôle dimensionnel... Tout pour tester l’industrialisation et lancer des préséries.

Une machine de placement de composants électroniques dans la Cité de l'objet connecté, à Angers.

"L’accès au conseil d’experts et à ce type d’équipements est inespéré pour des jeunes entrepreneurs sans capital", s’enthousiasme Louis Ickx, cofondateur de Jool. "Nous allons gagner un temps précieux. Nous voulons présenter notre premier prototype sur Kickstarter en octobre", assure, un brin ambitieux Sashi Juganaîkloo, son associé. Les deux ingénieurs projettent de lancer un bijou connecté capable d'enregistrer des sons spatialisés.

 

Des outils dignes d'une multinationale

 

Alors qu'elle teste la machine à café, l’équipe nantaise d’Hector est toute aussi dithyrambique : "Pour disposer de ce type d’outils, il faut être une multinationale ! La Coc nous donne la chance de fabriquer français. On va pouvoir maîtriser la fabrication de bout en bout et corriger en temps réel notre thermomètre nomade connecté", assure Morgan Lavaux dont le projet est plus avancé.

Un banc de soudure de la Cité de l'Objet connecté, à Angers.

"Si en France, nous sommes bien positionnés pour les projets amont, nous perdons la fabrication qui part souvent en Asie", indique Thierry Sachot. L’objectif de la cité est de passer de l'idée à la mise en série industrielle pour alimenter les bureaux d'études et les usines de la région (plasturgie, électronique, mécanique...). "Nous avons estimé pouvoir encadrer 170 projets par an et en porter 30 à 40 sur le marché. A 5 ans, nous espérons que ces projets draineront l'équivalent de 400 novueaux emplois sur le territoire", conclut, confiant, le patron d'Eolane.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Manu
12/06/2015 13h51 - Manu

François Hollande inaugure la Cité des objets connectés, projet qui favorise la production française et l’auto financement. Plutôt une bonne chose mais n’est-ce pas difficile, voire impossible de contrer la production asiatique ?

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