Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Reporty, la start-up israélienne de sécurité publique qui fait polémique à Nice

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Vidéo Lancé le 15 janvier à Nice, l’application israélienne Reporty a fait une entrée remarquée. Tout Niçois muni d’un mobile peut désormais signaler une situation d’urgence, qu’elle soit criminelle, médicale ou terroriste, un incident personnel ou un événement extérieur. Une nouveauté qui ne plaît pas à tout le monde.

Reporty, la start-up israélienne de sécurité publique qui fait polémique à Nice
Reporty, la start-up israélienne de sécurité publique qui fait polémique à Nice © Reporty

"Notre système n'est construit que pour un seul but, aider les personnes en situation dangereuse, collecter les informations nécessaires afin de leur apporter les services les plus utiles dans un temps record”, affirme le fondateur et PDG de Reporty. Amir Elishai répond volontiers aux questions de l’Usine Digitale et se défend de toute mauvaise intention. Avec des nouveaux bureaux à New-York et en Amérique latine, Reporty est en plein essor et compte aujourd’hui 60 employés. La jeune pousse de Tel-Aviv vient de lever lors d’un deuxième tour 10 millions de dollars totalisant 17 millions de dollars d’investissement. Un des premiers contributeurs n’est ni plus ni moins que l’ex-premier ministre travailliste d’Israël Ehud Barak, actuel directeur de la start-up et VIP de luxe.

 

 

 

Un outil de sécurité, pas d'espionnage selon la start-up

Si l’essentiel des activités se concentre sur l’urgence médicale, c’est bien la prévention sécuritaire qui choque ou inquiète certains Niçois. La possibilité de prévenir les forces de police, images à l’appui, d’un délit ou d’un crime a déclenché la fureur des élus municipaux socialistes. “C’est une démarche contestable sur le fond et inadmissible sur la forme (...) qui ressemble à l'organisation d'un processus de délation généralisée" dénoncent-ils. Le très “high-tech” et non moins très “sécuritaire” maire de Nice Christian Estrosi trouve l’application “révolutionnaire”. Moins enthousiastes, certains policiers craignent qu’une partie de la population ne se sentent "investis d'une mission". Dans Nice Matin, Cédric Michel, le président du Syndicat de défense des policiers municipaux s’inquiète sur “la part d'utilisateurs qui vont découvrir des incivilités de manière inopinée et la part de ceux qui, au contraire, vont traquer le délit ou l'incident et donc s'exposer de façon dangereuse"

 

Amir Elishai se défend d’avoir créé cette application “pour aider la police, obtenir des informations sur les gens ou les espionner”. Son application peut “sauver des vies” résume-t-il “tout simplement”. Passant sous silence les alertes pour des crimes ou des délits simples, il préfère prendre l’exemple d’attaques terroristes comme celles du Bataclan. Il rappelle que “les forces de police avaient mis beaucoup trop de temps à arriver sur les lieux. Si on avait eu la possibilité de centraliser les informations, de voir en temps réel ce que vivaient les gens, leur location, des vies auraient probablement pu être sauvées.”

 

Reporty, une menace pour la vie privée ?

Des associations ont critiqué Reporty sur un autre plan. En cause, la protection de la vie privée, menacée selon Exodus Privacy, par de multiples mouchards contenus dans l'appli dont AppsFlyer, un outil d’analyse de l’audience, ainsi que trois outils Google, Google Ads, Google CrashLytics et Google Firebase. L’association se demande quelle utilité ont tous ces logiciels pour le service public ? “Ils ne sont pas tous activés tout le temps” nuance Amir Elishai. “Ils nous servent à apprendre, optimiser, trouver ce qui parfois ne marche pas. Mais nous n’utilisons jamais, jamais -insiste-t-il-, ces infos, ni pour les partager, ni pour les vendre. Notre business model est fondé sur les partenariats avec les municipalités, et notamment sur le système de contrôle général des appels d’urgence et des opérations. Nous monétisons notre travail avec les autorité publiques et non sur les citoyens. Nous ne faisons pas comme Facebook, Google et autre qui se servent des données collectées pour les vendre ou faire de la publicité.”

 

Autre preuve selon l’entrepreneur israélien de son désintérêt pour la collecte d’informations personnelles, il n’est plus obligatoire aujourd’hui de télécharger l’application. “Les villes partenaires vous envoient un lien sur votre mobile dès lors que vous avez appelé un numéro d’urgence. Dès l’ouverture de l’application, on vous demande les autorisations d’accès (contact, géolocalisation, caméra). Vous pouvez les refuser toutes ou partiellement mais elles peuvent selon les cas être très utiles pour intervenir. D’autre part télécharger l’application en amont peut permettre de donner des informations sur votre dossier médical (groupe sanguin, maladies, opérations…) et sur les personnes à contacter en cas d’urgence. Des informations parfois vitales suivant les évènements.” 

 

La ville de Nice a assuré être encore en phase de test. 2000 personnes sur deux mois vont pouvoir utiliser Reporty, les enseignements seront utiles avant une généralisation. Cependant la CNIL doit encore, elle aussi, rendre un avis définitif et permettre l’utilisation de l’application.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

verdarié
19/01/2018 08h40 - verdarié

Le problème avec la technologie c'est qu'elle donne une fausse idée de la sécurité mais un vrai pouvoir de contrôles et de sanctions .On en a un bel exemple avec les radars sensés faire baisser les accidents mais qui ne sont que des pompes à fric, dont on ne peut contester les mesures qui n'ont aucune incidences sur le danger réel d'un automobiliste.De plus ces prélèvements continuels ne sont utiles qu'à faire vivre une cohorte de fonctionnaires n'ayant aucune utilité et qui seraient plus efficaces sur la voie publique.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale