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Revolut lève 500 millions de dollars pour passer de néobanque à plate-forme financière

Levée de fonds La fintech Revolut a annoncé ce 25 février un nouveau tour de table de 500 millions de dollars, qui porte sa valorisation à 5,5 milliards de dollars. De nouvelles liquidités qui devraient lui permettre de se lancer aux Etats-Unis et au Japon, mais aussi de consolider son offre existante pour tendre vers des services bancaires complets.
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Revolut lève 500 millions de dollars pour passer de néobanque à plate-forme financière
Revolut lève 500 millions de dollars pour passer de néobanque à plate-forme financière © Revolut

Nouveau record pour la néobanque britannique Revolut. Elle annonce ce mardi 25 février un nouveau tour de table en série D de 500 millions de dollars. Les fonds proviennent à la fois d'investisseurs historiques, dont DST Global, Index Ventures et Balderton Capital, et de nouveaux soutiens financiers dont les noms restent confidentiels. Cette levée de fonds valorise la société britannique à 5,5 milliards de dollars, un record pour une fintech européenne.

 

Ce nouveau flux de liquidités permettra, selon le communiqué, d’améliorer "le produit pour les utilisateurs existants". La jeune pousse compte lancer de nouveaux services de prêt et compléter son offre destinée aux entreprises, baptisée Revolut for Business. Si aujourd'hui la proposition de valeur de Revolut diffère selon le pays, l’objectif de ce nouveau tour de table est d’harmoniser son offre sur l’ensemble des marchés où elle opère. Une étape vers une transformation en "plate-forme financière globale", selon les termes de son dirigeant. Autrement dit, une offre bancaire complète pour rivaliser avec les grands acteurs du secteur, et ne plus seulement faire figure de challenger.

 

Plus de 10 millions de clients

Fondée et dirigée par l’entrepreneur anglo-russe Nikolay Storonsky, Revolut est positionnée sur les services en concurrence directe avec les offres des banques traditionnelles. L’utilisateur peut ainsi créer un compte en quelques minutes sur l’application dédiée, puis envoyer et recevoir de l’argent ou payer des achats à l'aide d'un portefeuille électronique. L’une de ses forces est d’ajouter régulièrement de nouvelles fonctionnalités conçues en interne ou étant le fruit de partenariats, comme ceux noués avec la Regtech ClauseMatch ou le géant Mastercard. Revolut a ainsi fait évoluer son offre vers l’assurance, la cryptomonnaie, le trading ou encore l’épargne collaborative.

 

La start-up revendique plus de 10 millions de clients, principalement en Europe et au Royaume-Uni, mais elle reste discrète sur son nombre d’utilisateurs actifs et son volume de transactions. Elle indique néanmoins un nombre total d’utilisateurs en augmentation de 169% en 2019, et un nombre de clients actifs quotidiennement en croissance de 380% en 2019. Concernant le chiffre d’affaires, il a augmenté de 354% en 2018, mais Revolut n’a pas communiqué celui de l’année dernière. Les revenus liés aux offres premium, comme Revolut Premium et Revolut Metal, sont quant à eux en croissance de 154% en 2019.

 

La rentabilité visée rapidement

La société, qui emploie 2 000 collaborateurs, est présente au Royaume-Uni, en Europe, à Singapour et en Australie, pour le moment en version bêta. Cette dernière levée de fonds devrait lui permettre de se lancer aux Etats-Unis (un déploiement annoncé à l'automne dernier) et au Japon dans les prochains mois. La rentabilité fait partie des objectifs à court terme listés par Nikolay Storonsky. Depuis sa création en 2015, Revolut a levé 836 millions de dollars. Cette valorisation record lui permet par ailleurs d’afficher un peu plus son indépendance dans un contexte de consolidation du marché. En Grande-Bretagne, elle peut déjà se réjouir du départ de son grand concurrent, l’Allemand N26.

 

Mais si l’ensemble des indicateurs sont au vert, cette levée de fonds ne doit pas faire oublier certaines problématiques, notamment liées à la sécurisation des données et des transactions. La néobanque a été mise en cause en 2019 par plusieurs médias anglo-saxons pour des soupçons de blanchiment d’argent. Si la jeune pousse a contesté ces accusations, le départ de son directeur financier Peter O'Higgins, en 2019, pourrait être lié à ces révélations. L’entreprise est également pointée du doigt pour une culture managériale réputée extrêmement difficile. Elle vise tout de même 100 millions de clients d’ici 3 à 5 ans.

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