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RH, vous avez mis en place un programme pour les jeunes talents... pour rien ?

Étude Analyse Faut-il craindre une vague d'auto-critiques et autre signes d'un ras-le-bol chez les DRH ?  Nul ne le sait. Mais selon un baromètre réalisé par Ipsos pour Edenred sur le bien-être au travail, les spécificités attribuées dans leur rapport au travail aux jeunes de moins de 30 ans seraient largement surestimées. L'ordre du jour n'est pas à s'adapter à des salariés d'un nouveau type, mais à un environnement numérique qui a changé et transformé tout le monde.  Bon courage pour l'expliquer au prochain Comex !

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Digital RH : Les jeunes n'ont pas changé, c'est le monde qui a changé
Les jeunes sont plus motivés au travail, leurs aînés l'étaient aussi... mais le temps est passé par là.

Le baromètre réalisé par Ipsos pour Edenred sur le bien-être au travail des salariés réalisés dans pas moins de 15 pays (*) relativise les spécificités de la génération dite Y ou des millenials. En effet, les auteurs de l’étude ont comparé les réponses des plus et des moins de 30 ans et le résultat n’est pas aussi différencié qu’on aurait pu l’attendre.

 

Motivés, motivés

Certes les plus jeunes sont relativement plus enthousiastes et motivés que leurs aînés. Ils sont 34%  à trouver qu’ils font un travail intéressant (contre 28% pour les plus de 30 ans), 29% ont plaisir à venir travailler le matin (contre 25% pour les plus de 30 ans) et 27% à se dire satisfait de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle (contre 23% pour les plus de 30 ans).

 

26% est confiant sur son avenir professionnel dans son entreprise actuelle et la même proportion déclare travailler dans un environnement stimulant (les plus de 30 ans ne sont respectivement que 18% et 19% à partager cet avis)... En général les études s’arrêtent là et concluent à l’émergence d’une nouvelle génération, qui, ayant été biberonné au numérique, serait constitué de quasi mutants.

 

Les jeunes d'aujourd'hui sont comme les jeunes d'hier

Là où le baromètre d’Ipsos pour Endered se singularise, c’est qu’il possède certains résultats sur une période suffisamment longue pour pouvoir comparer avec ce qu'il se passait il y a une décennie. Et patatras ! L’hypothèse d’une nouvelle génération prend du plomb dans l’aile, même si elle n’est pas complètement invalidée. Sur la question générale de la motivation, les auteurs de l’étude observe qu’il y a dix ans les moins de 30 ans (qui ont aujourd’hui plus de 30 ans) étaient davantage motivés que leurs ainés. Et ils estiment même que "les résultats plus positifs chez les millenials sont davantage l’attitude classique des nouveaux entrants du marché du travail que celui d’un effet de génération."

 

Quand, aujourd’hui, Ipsos demande quelles sont les qualités de l’entreprise idéale, les réponses proposées varient de 1 ou 2 points selon qu’on s’intéresse aux plus ou aux moins de 30 ans. Les jeunes sont relativement un peu plus nombreux à estimer qu’elle offre des conditions de travail agréables (33% contre 30%). L’écart atteint 4 points sur la réponse "elle offre des possibilités d’évolution" (38% et 34%). A l’inverse les plus de trente ans sont plus nombreux à attendre un management qui prête attention à l’humain (40% contre 34% pour les moins de 30 ans) ou valorise les efforts de chacun (62% pour les plus de 30 et 57% pour les moins de 30 ans). Malgré ces ajustements, on remarque que le tiercé gagnant reste le même ! une entreprise idéale est équitable, ouverte et humaine.

 

Tout le monde veut un manager juste et franc

Les conclusions sont du même ordre concernant les attentes vis-à-vis des managers. La première qualité citée est dans les deux échantillons la franchise (62 %), suivi par le fait d’être juste et équitable (61% pour les moins de 30 ans et 62% pour les plus de 30 ans) et la capacité à tenir ses engagements (59% et 58%).

 

Quand on s’intéresse non plus aux qualités mais plutôt aux capacités du manager, là encore on observe une certaine homogénité. Les managers de moins de 30 ans et leurs aînés mettent largement en tête le leadership (63% et 61%), la capacité à faire confiance (56% et 58%) et, réponse avec un écart non négligeable, la capacité à produire de nouvelles idées (53% et 45%). Chez les non-managers, les réponses varient sensiblement et révèlent des écarts plus élevés selon les âges. Malheureusement, les résultats tels qu’ils nous sont présentés ne donnent pas pour les autres questions une répartition entre les managers et les non-managers.

 

Les auteurs du baromètre en concluent que l’enjeu auquel doivent faire face les entreprises ne concernent pas tant la prise en compte des spécificités de la jeune génération que la mise en place de modes de management adaptés à l’ère digitale, dans "un monde nouveau à la fois plus virtuel, plus horizontal et multitâches."

 

Le boom de l'entreprenAriat

Deux bémols avant de conclure définitivement et de brûler vos programmes réservés aux plus jeunes. D’abord, l’étude ne prend pas en compte ce qu’elle appelle du nom barbare de "millennipreneurs" soit les entrepreneurs de moins de 30 ans. En France, on sait que dans les écoles de commerce les filières entreprenariat ne désemplissent pas et peuvent attirer jusqu’à un tiers de l’effectif. Là est peut être le vrai changement induit par l’arrivée d’une nouvelle génération. Ipsos confirme que l’entreprenariat se développe "à une vitesse exponentielle dans le monde, en particulier chez les jeunes". C’est donc ceux-là qui vont devenir de plus en plus difficiles à attirer à la sortie de l’école. Ou à récupérer si leur projet de création d’entreprises échoue…

 

Et puis, il reste à savoir si les vrais mutants ne sont pas à venir avec la génération Z, celle qui n’a jamais vu une disquette ou un minitel, qui n’a jamais regardé la télévision ailleurs que sur l’écran de son ordinateur. La réponse dans quelques années, sur le marché du travail.

 

(*) Etude réalisée auprès de 14 000 salariés (dont 3552 salariés de moins de 30 ans) en janvier 2014. Les résultats concernant les millenials datent de septembre 2016.

Le chercheur Jean Pralong avait publié un article de recherche mettant en cause l'existence d'une génération Y.

Y'a-t-il une exception pour les jeunes français ?
  • Rien qu'en France, 3138 salariés qui ont été interrogés pour l'étude. Premier constat qui rappellent les travaux de Pierre Cahuc et Yann Algan sur la société de défiance : il y a une différence de  13 points entre les moins de 30 ans et les plus de 30 ans sur la confiance dans l'aide des collègues (32 % pour les plus jeunes y croient. 19 % passés la trentaine). On ne naît pas défiant on le devient, serait-on tenté de dire.
  • Pourtant, pour 10% des moins de 30 ans français leur travail est une passion et un plaisir pour 35%. La moitié des jeunes estime que son entreprise répond à ses aspirations (contre seulement 41% des plus de 30 ans). Malheureusement, Ipsos ne communique pas les résultats de l'étude il y a 10 ans pour la seule France.
  • Pour les jeunes français (comme pour leurs aînés) le principal défi RH est quand même la prévention des risques psycho sociaux, suivie par la fidélisation des talents et la digitalisation du travail (27% et 22%  respectivement pour les moins et les plus de 30 ans).
  • Comme ailleurs, l'entreprise idéale est équitable et valorise les efforts de chacun (60 % pour les Français de moins de 30 ans et 64% pour les plus âgés), a un management humain (37% et 45%) et offre des possibilités d'évolution (36% et 33%). On note que si les pourcentages varie l'ordre d'arrivée des trois réponses est le même quel que soit l'âge.
  • Sur les attentes vis-à-vis des managers, les qualités attendues par les jeunes Français de moins de 30 ans sont l'écoute, le fait d'être juste et équitable et la capacité à tenir ses engagements (56% pour les deux premiers et 53% pour le dernier). Les trois critères sont beaucoup plus présents chez les plus de 30 ans (respectivement 60%, 63% et 57%).
  • A noter un écart de 7 points dans les réponses sur l'exemplarité (45% pour les moins de 30 ans et 52% pour les plus de 30 ans) et de 9 points pour la franchise (44% et 53% respectivement). Encore un signe de la société de défiance...
  • Résutlat : 60% des moins de 30 ans considèrent qu'ils ont un bon manager, proportion qui n'est que de 56 % pour les plus âgés.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Olivier Riviere
22/09/2016 08h13 - Olivier Riviere

Article intéressant et qui donne envie de lire le travail de recherche de Jean Pralong. en conclusion; rien de vraiment nouveau sous le soleil et beaucoup de bruit pour rien sur les générations Y et Z. C'est une fois de plus le symptôme d'une sur-médiatisation d'un thème qui conduit à répéter en boucle les mêmes poncifs, à développer des croyances et à déformer, voire même ignorer, la réalité. Génération Y et Z et pouvoir d'attraction des start-ups? Au final, le même type d'aveuglement ...

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