RollingFunds lève 5 millions d'euros pour financer les besoins de trésorerie des PME

La fintech RollingFunds propose aux fournisseurs des TPE-PME une solution de scoring et de gestion de crédits en marque blanche qui s'intègre dans leurs relations d'affaires. Elle vient de réaliser un tour de table auprès d'AG2R La Mondiale, CCR, PRO BTP et Truffle Capital.

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RollingFunds lève 5 millions d'euros pour financer les besoins de trésorerie des PME
Les 4 cofondateurs de Rollingfunds : Arnaud Soubien, Frédérique Lefaudeux, Benoît Béguin et Hervé Monnerie.

De nombreuses PME vont sortir de la crise sanitaire avec une structure financière dégradée. Certes, elles ont pu bénéficier des mesures d'urgence, mais déjà qu'une partie d'entre elles était sous-capitalisée, les prêts contractés pendant la période ont encore diminué leur capacité d'endettement. Dans ce contexte, les banques ne leur sont pas d'un grand secours, à part pour distribuer les prêts garantis par l'État. C'est dans brèche que s'engouffrent nombre de fintechs comme RollingFunds.

La start-up parisienne, incubée depuis son lancement en 2019 chez Truffle Capital, annonce ce lundi une levée de fonds de 5,35 millions d'euros auprès d'AG2R La Mondiale, du réassureur CCR, et de ses actionnaires historiques PRO BTP Innovation, Truffle Capital, ainsi que "d'une dizaine de business angels".

Quand les fournisseurs se substituent aux banques
RollingFunds a développé une plateforme technologique permettant d’automatiser l’octroi et la gestion de crédits à destination des TPE-PME. Elle s'appuie sur des algorithmes de scoring qui évaluent le risque de crédit en combinant à la fois le profil de l’entreprise (siège, secteur, parcours des dirigeants, comptes….), des données temps réel récupérées sur ses systèmes informatiques, et des données macroéconomiques.

L'originalité de la fintech est qu'elle ne distribue pas son produit en direct au client final, mais à un réseau de partenaires qui sont les fournisseurs des TPE-PME. Par exemple, AB InBev qui fournit les cafés-restaurants, La Plateforme du Bâtiment, ou encore Cdiscount. Ces partenaires sont ainsi en mesure de proposer des formules de crédit à leurs clients pour leurs achats, clés en main. Les clients finaux se trouvent chez les artisans du BTP, dans la restauration, les boutiques de mode, etc.

Dans la chaîne de valeur, RollingFunds n'est que l'intermédiaire et le fournisseur de la technologie. C'est un organisme de financement spécialisé (le fonds de dette R-Funds géré par Acofi Gestion), souscrit par des investisseurs institutionnels, qui porte les crédits à son bilan. Pour ces investisseurs, c'est un nouveau véhicule d'investissement dans de la dette privée.

Objectif 150 millions d'euros de volume de crédit en 2022
Au niveau du modèle économique, RollingFunds prélève un tiers des intérêts facturés. Intérêts qui peuvent être soit payés par le créancier (entre 10 et 12%, soit un équivalent des taux pratiqués par les banques pour les découverts), soit pris en charge par les partenaires pour fidéliser ses clients. On se trouve alors dans une situation équivalent, mais en BtoB, à celle des solutions de BNPL (paiement en plusieurs fois) sur les sites grand public, qui consistent grosso modo à faire financer le crédit à la consommation par les marchands. Les solutions de financement de la fintech comprennent aussi le crédit classique à remboursement mensuel ou trimestriel, et le format type "revenue based financing", c'est-à-dire une forme d'avance sur les encaissements futurs.

La société a pour objectif d'atteindre 150 millions d'euros de flux en 2022, et 1 milliard en 2025, nous indique son cofondateur et CEO Arnaud Soubien, un ancien de la banque d'investissement de Crédit Agricole. Elle utilisera son tour de table pour continuer d'investir dans sa technologie et pour doubler ses effectifs (10 personnes aujourd'hui), en se renforçant dans la data science et en créant une équipe commerciale.

"Du fait du Covid, le timing est excellent pour faire de RollingFunds un leader en France et en Europe", commente pour L'Usine Digitale Bernard-Louis Roques, le DG de Truffle Capital, qui participe au mouvement de désintermédiation bancaire depuis qu'il a initié en 2014 la création de Crédit.fr, une plate-forme de financement participatif pour les prêts aux PME.

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