Safran veut sécuriser les transactions sur Internet

Safran veut trouver un débouché à ses technologies de biométrie capables de sécuriser les transactions sur Internet. Pour cela, il cherche à s’allier à un poids lourd du Web d’ici à la fin de l’année.

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Safran veut sécuriser les transactions sur Internet

L’appétit vient en mangeant dit-on. La semaine dernière, lors d’un petit-déjeuner partagé avec quelques journalistes venus aux Etats-Unis découvrir ses activités dans le domaine de la sécurité, le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman, n’a pas caché son ambition de s’attaquer à un nouveau marché : la sécurisation des transactions sur Internet. Conscient que ce n’était pas totalement sa tasse de thé, le dirigeant a précisé qu’il cherchait à nouer un partenariat avec un acteur important de l’Internet d’ici à la fin de l’année.

Paradoxalement, l’idée n’est pas si incongrue qu’il n’y parait. Si Safran vit d’abord de la vente de ses moteurs et équipements aéronautiques auprès de Boeing et Airbus, il s’est fortement développé dans le domaine de la sécurité à base de hautes technologies. Sa filiale Morpho a réalisé l’an dernier 1,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en vendant des systèmes de reconnaissance automatisée des empreintes digitales, des équipements de sécurité d’accès pour les aéroports et les Etats, ainsi qu’en éditant des documents d’identité électroniques.

Tablette sécurisée

Conscient des débouchés de ses technologies biométriques dans le domaine high tech et grand public, Morpho a lancé fin février une tablette sécurisée. Selon le constructeur, la Morpho Tablet tactile garantit la sécurité des opérations mobiles grâce à son un lecteur d’empreintes digitales et d’une caméra haute-résolution pour la capture et la vérification des données biométriques. On en oublierait presque que cela reste une tablette avec son écran tactile 7 pouces, son système d’exploitation Android et sa connectivité Wifi et Bluetooth.

Toutefois, le groupe Safran est plutôt habitué à vendre ses solutions aux Etats, aux forces de l’ordre, et aux grandes multinationales plutôt qu’au quidam de la rue. D’ailleurs, il s’était rapidement débarrassé des activités grand public de Sagem, les téléphones portables et les modems ADSL Livebox d’Orange, au moment de la fusion avec Snecma en 2005. "Certaines de ces activités n’avaient même pas une visibilité au niveau du carnet de commandes au-delà de trois semaines", se rappelle Jean-Paul Herteman plus à l’aise pour vendre des moteurs qui vont durer plus de trente ans au catalogue !

Safran, bien conscient de l’inexistence de sa marque auprès du grand public, sait que l’innovation ne suffit pas pour emporter un marché. Déjà en 2000, Sagem sortait le premier téléphone portable équipé d’un lecteur d’empreinte digitale, le MC959 ID qui connut un succès… d’estime. Et quelques années plus tard, le seul fabricant français, pas organisé pour lutter sur le marché grand public, disparaissait. En cherchant un partenaire ad hoc pour s’attaquer à la jungle du marché Internet, Safran a semble-t-il tiré les leçons du passé.

Hassan Meddah

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