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Salesforce défie les géants du logiciel dans l’analytique 

Avec son service Wave, le leader mondial des services de gestion de la relation client Salesforce veut rééditer son succès dans l’analyse des données 100% cloud. Une offensive qui risque de tendre davantage ses relations avec les ténors traditionnels du logiciel et irriter un grand nombre de ses partenaires.
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Salesforce défie les géants du logiciel dans l’analytique
Salesforce défie les géants du logiciel dans l’analytique 

Marc Benioff, PDG et cofondateur de Salesforce, ne se contente plus d’avoir fait de sa société le leader mondial de la gestion de la relation client. Il a trouvé un autre terrain de conquête : l’analytique ou la visualisation des données pour l’aide à la décision.

Il profite de son évènement Dreamforce, qui réunit 145 000 de ses partenaires, clients et prospects, à San Francisco, du 13 au 16 octobre 2014, pour lancer son offensive sur ce marché. Réussira-t-il à rééditer ici son succès dans la gestion de la relation client ? C’est du moins son ambition.

Après le 100% cloud CRM, le 100% cloud datamining

Avec son service Wave, Salesforce veut aider ses clients à exploiter leurs données pour améliorer l’efficacité de leurs applications de gestion de la relation client. Mais pas seulement. Le service s’adresse à toutes les applications en entreprise, du marketing à la gestion des stocks, en passant par la finance, les ressources humaines ou encore la production.

Salesforce prétend mettre à la portée de tous l’exploration des données pour les prises de décision grâce à un service en ligne facile d’accès et une interface graphique très simple et fluide, inspirée des jeux vidéo sur mobiles. Il revendique déjà 500 clients pour Wave, dont General Electric et Coca Cola. Salesforce n’arrive pas sur un terrain inconnu. La société proposait déjà des outils basiques d’analytique en extension de ses services de gestion de la relation client. Mais il restait jusqu’ici à la traîne sur ses concurrents.

Selon IDC, il pointait à la septième place avec seulement 1,3% du marché en 2013, loin derrière Oracle (18%), SAP (15%), IBM (12,3%), Microsoft (8,3%) ou SAS (6,8%) notamment. Avec Wave, il mise sur son modèle 100% cloud pour combler son retard et faire de cette nouvelle activité le sixième moteur de sa croissance aux cotés de ses services Sales Cloud (gestion des ventes), Service Cloud (gestion de l’après vente), Marketing Cloud (marketing en ligne), Salesforce 1 (plate-forme de développement d’applis) et Community Cloud (travail collaboratif à travers son réseau social Chatter).

Une quête du milliard de dollars

Keith Biglow, vice-président senior de Salesforce et directeur général d’Analytics Cloud, se garde bien de dévoiler les revenus escomptés de cette diversification. Selon l’analyse de Wells Fargo, cette activité pourrait lui rapporter un chiffre d’affaires de 500 millions à 1 milliard de dollars dans 4-5 ans. A comparer au chiffre d’affaires global de 5,3 à 5,4 milliards de dollars attendu pour l’exercice en cours à clôturer le 31 janvier 2015, en progression de 32%. Les perspectives sont alléchantes. Selon IDC, le marché des logiciels d’analytique devrait croître de 9,4% par an sur les 5 années à venir, en passant de 37,7 milliards de dollars en 2013 à 59 milliards de dollars en 2018.

Mais Salesforce arrive sur un marché encombré avec des services d’analytique dans le cloud disponibles déjà chez tous les grands généralistes du logiciel comme Microsoft, SAP, IBM ou encore Oracle. Sans compter les spécialistes du domaine comme MicroStrategy, Tableau Software ou Qlik. Le gâteau des services d’analytique dans le cloud suscite la convoitise. Selon une étude de MarketsandMarkets, le marché devrait bondir de 25,8% par an pour passer de 4,3 milliards de dollars en 2012 à 16,5 milliards de dollars en 2018. "Salesforce bénéficie d’une belle opportunité, estime Yefim Natis, vice-président de Gartner. Il dispose de plus de 150 000 clients dans le monde, qui constituent autant d’acheteurs potentiels pour son service d’analytique. S’il parvient à l’enrichir, il a toutes les chances de prendre une place respectable sur le marché et de concurrencer sérieusement les éditeurs généralistes."

Pourra-t-il pour autant les détrôner et devenir le numéro un mondial de l’analytique comme il l’est devenu dans la gestion de la relation client ? Pas sûr. Selon l’analyste de Gartner, il aurait du mal à se hisser dans le top cinq. "En 1999 quand Salesforce s’est lancé, il était seul à proposer des logiciels de gestion de la relation client dans le cloud, explique-t-il. C’est cette avance qui explique sa réussite fulgurante dans ce domaine. La situation dans l’analytique est aujourd’hui différente. Il y a déjà pléthore de services dans le cloud. Salesforce devra se battre contre des géants du logiciel et des spécialistes. Il va avoir tout le monde ou presque contre lui."

Base de données maison

L’offensive de Salesforce risque de tendre davantage les relations avec les majors traditionnels du logiciel, Oracle en tête. D’autant que le nouveau service s’appuie sur une base de données maison, alors que jusqu’ici la société de Marc Benioff utilisait les bases de données d’Oracle. Elle pourrait également irriter les petits éditeurs de logiciels d’analytique 100% cloud présents sur la place de marché AppsExchange de Salesforce.

Parmi ses partenaires figurent des sociétés comme Birst, Good Data et Bime (une start-up française créée en 2009 à Montpellier). "Ça va être un problème compliqué à gérer, pense Yefim Natis, de Gartner. Mais le plus dur sera de concurrencer des gens comme Oracle, SAP, IBM ou Microsoft, qui disposent de moyens autrement plus importants pour défendre leurs positions sur le marché."

La situation est d’autant plus cocasse que Salesforce vient de reconduire son partenariat stratégique avec Microsoft et prévoit d’en faire de même avec Oracle. Mais pour Marc Benioff, le jeu en vaut la chandelle.

Ridha Loukil, à San Francisco (Etats-Unis)

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