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Sami Mezhoud (Vybe) : "Nous plaçons la sécurité au cœur de notre offre"

Plébiscitée par les jeunes Français avant même d’avoir commercialisé son offre, Vybe, qui se définit comme "la banque des adolescents", se lance officiellement ce 30 septembre. Sami Mezhoud, son responsable conformité, détaille le dispositif mis en place pour assurer la sécurité de toutes les opérations, tout au long du cycle de vie du compte bancaire.
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Sami Mezhoud (Vybe) : Nous plaçons la sécurité au cœur de notre offre
Sami Mezhoud (Vybe) : "Nous plaçons la sécurité au cœur de notre offre" © Vybe

L'Usine Digitale : Avant même son lancement, votre carte de paiement pour les ados enregistre de très bons résultats auprès de sa cible, comment l'expliquez-vous ?
Nous sommes la néobanque d’une génération, de la génération Z. Sur le marché, nous sommes les seuls à pleinement comprendre les besoins des parents et des adolescents. Les ados réclament de l’indépendance et les parents du contrôle et de la sécurité. Nous avons réussi à concilier les deux.

D’un côté, nous avons créé une marque très forte pour les ados : plus de 300 000 d’entre eux ont téléchargé l’app et plus de 54 000 nous suivent sur Instagram avec l’envie de construire cette néobanque avec nous. De l’autre côté, nous avons créé un compte jeune avec une supervision totale des parents. Ces derniers peuvent tout paramétrer : fréquence des dépenses en ligne, accès aux achats effectués, blocage de la carte à distance...

Vybe en chiffres
+ 1 085 000 adolescents inscrits sur le site
+ 307 000 téléchargements de l’application
+ 195 000 précommandes
+ 54 000 abonnés sur le compte Instagram
+ 100 000 ambassadeurs


Est-ce aussi parce que l’âge moyen de l’équipe fondatrice de Vybe est de 26 ans ?
Oui totalement, d’autant plus que notre équipe marketing est vraiment jeune (22 ans en moyenne). Les collaborateurs qui la composent font partie de la génération Z et comprennent donc pleinement ses usages et ses codes. Ces codes ne peuvent pas être imités, ils doivent être incarnés par des personnes qui les utilisent à longueur de journée. C’est pourquoi les banques traditionnelles ont beaucoup de mal à appréhender cette "population".

Chez Vybe, nous comprenons aussi que les jeunes rejoignent dorénavant une marque. Ils n’achètent pas une marque, ils n’achètent pas un produit : ils rejoignent un mouvement, une communauté que la marque incarne. Nous avons par exemple un TikTok où certaines vidéos ont été vues plus de 300 000 fois. Les jeunes sont là parce que notre marque et notre communauté sont fortes.

Vous êtes responsable conformité de Vybe, en quoi cela consiste-t-il ?
J’assume plusieurs rôles sous cette casquette. Le premier est de m’assurer que Vybe se conforme aux différentes règlementations applicables au secteur bancaire, notamment la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, la protection des intérêts clientèle et la gestion des données personnelles. Je suis aussi en charge de la gestion des risques auquel Vybe est exposé, notamment en matière de fraude.

J’ai aussi un rôle visant à mettre en place en interne une organisation et à créer une culture liées à la conformité. Cela passe par de la sensibilisation et de la formation auprès des collaborateurs, notamment en matière de lutte contre le blanchiment.

Le poste que vous occupez se trouve généralement chez les prestataires de services de paiement (PSP), Vybe étant agent PSP. Pourquoi avoir placé la sécurité à un tel niveau ?
De par la clientèle même à laquelle nous nous adressons, nous avons voulu placer la sécurité au cœur de notre offre et ce, dès le départ. Quand vous êtes en contact avec des mineurs, votre service ne peut souffrir aucune faille de sécurité. Nous ciblons des adolescents mais, en réalité, c’est avec leurs parents que nous contractualisons.

Aucun dysfonctionnement dans les procédures réglementaires, qu’elles soient internes ou externes, ne peut donc être toléré. C’est la raison pour laquelle Vybe a créé ce département conformité dont j’ai la responsabilité.

Vous parlez des parents, quel est leur rôle précis dans la souscription et après ?
Un rôle central. Tout au long du cycle de vie du compte bancaire, les parents ont la main sur l’activité de leur enfant. Ils peuvent suivre les dépenses de l’adolescent, commander gratuitement une nouvelle carte en cas de perte ou en bloquer une, faire varier le plafond des paiements ou des retraits, autoriser ou non la création de nouveaux bénéficiaires de virements... Nous avons mis en place ce que nous appelons une réelle "gouvernance parentale".

Concernant le contrôle de l’identité des parents, quelle procédure particulière avez-vous mise en place ?
Nous avons mis en œuvre un contrôle d’identité très strict de l’identité du parent qui accompagne l’adolescent dans sa souscription. Nous demandons bien entendu une pièce d’identité de l’enfant et un justificatif prouvant le lien de parenté entre parent et enfant.

Mais concernant le parent, nous lui demandons, en plus d’une pièce d’identité, de fournir un selfie vidéo. Grâce aux technologies exclusives de live streaming vidéo et d’IA de notre partenaire Ubble, la vérification d’identité en ligne peut ainsi se faire de manière ultra-sécurisée.

Certaines néobanques ont fait l’actualité ces derniers mois par la fragilité de leur système d’information, vulnérable aux attaques informatiques. Qu’avez-vous mis en place pour anticiper ces menaces ?
Nous avons fait appel au cabinet Deloitte pour effectuer, durant l’été, des tests d’intrusion poussés au niveau de nos systèmes d’information. Pendant 17 jours, deux consultants en sécurité informatique ont essayé de pénétrer notre infrastructure.

Sur l’ensemble des critères évalués, Vybe a fait preuve d’une très bonne fiabilité et Deloitte nous a épaulés pour améliorer notre infrastructure de sorte à ce que des problèmes qui sont arrivés à d’autres néobanques sur le marché ne nous arrivent pas. Cela nous permet d’aborder notre lancement avec sérénité même si, en matière de sécurité, le risque zéro n’existe malheureusement pas.

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