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Samsung sauvé par ses semiconducteurs en 2015... mais après ?

Analyse Pour la deuxième année consécutive, le géant coréen de l’électronique affiche des résultats en berne. Il limite toutefois la casse grâce au boom de ses semiconducteurs. Une dépendance qui le met dans une situation de vulnérabilité à long terme.

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Samsung sauvé par ses semiconducteurs en 2015... mais après ?
Les semiconducteurs, grande priorité de Samsung © Samsung

La Bérézina continue chez Samsung. Pour la deuxième année consécutive, le géant coréen de l’électronique enregistre des résultats en berne avec un recul de 2,7% de son chiffre d’affaires à 166,4 milliards de dollars et de 18,7% de son bénéfice net à 15,5 milliards. Certes, il reste le groupe d'électronique le plus profitable au monde après Apple. Mais les signes inquiétants quant à son avenir à long terme s’accumulent.

 

Les mobiles, gros problème

Les mobiles, qui constituaient sa vache à lait, deviennent son gros problème. En 2015, ses ventes de smartphones ont, pour la première de son histoire, chuté de 1,8% à 320 millions d’unités, selon TrendForce. Du fait de l’érosion des prix imposée par la concurrence chinoise, la baisse des revenus et bénéfices dans cette activité s’avère plus forte. Elle atteint respectivement 7,3% et 30% dans la division dominée par les mobiles.

 

L’électronique grand public, dominée par la télévision à écran plat, n’est pas, non plus, en bonne forme. Les livraisons de téléviseurs LCD de Samsung ont diminué de 1,2%, selon TrendForce. Ce n’est pas beaucoup. Mais avec le recul des prix, l’activité déplore une perte de revenu plus forte de 6,5%. Là encore, la faute est aux concurrents chinois TCL, Hisense, Skyworth et autre Changhong.

 

Semiconducteurs, une priorité stratégique

Mais Samsung limite la casse grâce à ses semiconducteurs. Pour la deuxième année consécutive, cette activité affiche un grand boom avec un bond de 19,8% du chiffre d’affaires et de 45,6% du bénéfice d’exploitation. Elle apporte 48,4% du bénéfice total du groupe pour moins de 24% du chiffre d’affaires. Les mobiles dominent toujours avec près de 52% du revenu total, mais ne contribuent plus au bénéfice qu’à 38%.

 

Depuis le déclin de ses mobiles, Samsung fait des semiconducteurs une priorité stratégique. En 2015, il a investi 12,2 milliards de dollars dans cette activité, faisant de lui le plus gros investisseur dans le secteur, alors qu’il n’en est que le numéro deux mondial derrière Intel. Pour booster cette activité, Samsung a privilégié l’utilisation de son processeur maison Exynos 7420 sur sa dernière génération de smartphones haut de gamme, les Galaxy S6 et Note 5, au détriment du SnapDragon 810 de Qualcomm. Il a aussi bénéficié de son retour en grâce chez Apple qui lui a confié la fabrication, pour une partie des volumes, de son processeur A9 au cœur de l’iPhone 6S.

 

Grande dépendance vis-à-vis d'Apple

A court terme, l’avenir de Samsung dans les semiconducteurs s’annonce prometteur. Le groupe coréen a emporté le contrat de fabrication de la nouvelle puce SnapDragon 820 de Qualcomm et pourrait produire les futurs processeurs Zen et Polaroid d’AMD. Mais cette activité n’est pas dénuée de risque. Elle est dominée à près de 70% par les puces mémoires, des commodités dont les prix sont extrêmement volatiles.

 

Pour ses services de fonderie, c’est-à-dire de fabrication de puces en sous-traitance, Samsung tire 80% de ses revenus d’Apple, selon IC Insights. Une dépendance qui le met dans une situation d’extrême vulnérabilité. Que se passerait-il si la firme à la pomme confiait la fabrication de son futur processeur A10 exclusivement à TSMC? L’impact sur le groupe de Séoul serait préjudiciable. Le géant coréen fait tout pour diversifier sa clientèle, comme en témoigne le contrat avec Qualcomm. Mais il n’est pas simple de quitter le géant taïwanais des services de fonderie TSMC pour aller chez un autre fondeur.

 

A l'écart du mouvement de fusions-acquisitions

Alors que l’industrie des semi-conducteurs connaît une vague de consolidation sans précédent, Samsung se tient curieusement à l’écart du mouvement. Pourtant, "il a un grand besoin d’entrer dans le jeu et de mener des opérations de diversification pour sortir du carcan des mémoires", estime Jean-Christophe Eloy, PDG de Yole Développement, un cabinet français d’analyse de marchés électroniques. Il en a les moyens. Mais en a-t-il la volonté ?

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