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Sans SFR, Bouygues Telecom sera en danger

Malgré les négociations exclusives entre Vivendi et Numericable autour de SFR, Bouygues refuse coûte que coûte de lâcher l’affaire. Le groupe de BTP élève son offre à 13,15 milliards d’euros en numéraire, ce qui réduirait la part de Vivendi dans l’opérateur à 21,5%. 
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Sans SFR, Bouygues Telecom sera en danger
Sans SFR, Bouygues Telecom sera en danger © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Malgré l’annonce le 14 mars de l’entrée en négociations exclusives de Vivendi avec Numéricable autour d’une vente de sa filiale SFR, Bouygues n’a pas voulu s’avouer vaincu. Il a fait des pieds et des mains pour revenir dans le jeu. Il a donc concocté, envers et contre tout une offre qui réponde mieux au souhait de Vivendi de se désengager des télécoms. 

Le groupe de BTP a battu le rappel des investisseurs pour augmenter (pour la seconde fois) le volume de son offre en numéraire et atteindre 13,15 milliards d’euros. La Caisse des Dépôts et Consignations, le groupe Artemis de François Pinault et JCDecaux ont répondu présents pour 550 millions d’euros sur le total des 1,85 milliard supplémentaires. Dans cette nouvelle hypothèse, Vivendi ne conserverait plus que 21,5% des parts de SFR contre 43% avec la première offre de Bouygues.

Le groupe et son patron Martin Bouygues avaient déjà cherché, et trouvé, un soutien indéfectible en Arnaud Montebourg. Alors qu’il avait en son temps applaudi l’arrivée d’un 4e opérateur mobile, le ministre du Redressement productif a soutenu le retour à un trio (Orange, Free, Bouygues Telecom), au nom d’un retour à la croissance des opérateurs.

Isolé et fragilisé

Toutes ces grandes manœuvres sont à la hauteur de l’enjeu pour Bouygues et sa filiale télécoms. Pour commencer, c’est Martin Bouygues, PDG du groupe, en personne qui a lancé l’activité télécoms en 1994. Laisser échapper SFR chez Numericable relèverait de l’échec personnel. Pis encore, nombre d’observateurs en sont convaincus, dans ce cas de figure, Bouygues serait sans doute contraint de jeter l’éponge sur le ring des télécoms. Le nouvel ensemble SFR-Numericable deviendrait le 2e plus gros opérateur français avec Orange, suivi par un Iliad (Free) en pleine expansion.

Bouygues Telecom se retrouverait isolé et fragile. Sans doute sans autre solution que de se rapprocher lui-même d’Iliad. Les deux opérateurs longtemps ennemis viennent déjà de se réconcilier sur l’autel d’un possible rachat de SFR par Bouygues. Préparant, dans cette éventualité, une cession du réseau mobile de ce dernier et de certaines de ses fréquences par Free. Bouygues Telecom, sans SFR, se retrouverait trop faible pour investir dans les indispensables réseaux fixe et mobile très haut débit. Pour preuve, il venait de signer une mutualisation de ses développements d’infrastructure mobile avec… SFR. Même si rien n’est joué, peu de chance qu’un tel accord tienne la route si ce dernier passe aux mains de Numericable.

Emmanuelle Delsol

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

zoubida
22/03/2014 10h49 - zoubida

enfin, grâce à la caisse des dépôts et au ministre des redressements improductifs, je deviendrais actionnaire de Bouygues? I want my money back!

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