Santé : Moneytrack élargit la portée du tiers payant grâce à la blockchain

La start-up fondée en 2018 vient de lever 2 millions d'euros pour déployer sa solution de tiers payant santé auprès des Français résidant à l'étranger. Elle est partenaire d'une quinzaine d'assureurs et de gestionnaires de complémentaires santé.

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Santé : Moneytrack élargit la portée du tiers payant grâce à la blockchain

La France, qui s'y connaît en usines à gaz, a quand même su mettre en place un mécanisme qui fonctionne bien pour les dépenses de santé : le tiers payant. Ce dispositif permet aux patients de ne pas avancer leurs frais, que ce soit en pharmacie ou pour les prises en charge hospitalières, optiques ou dentaires.

C'est l'Assurance Maladie qui orchestre le paiement par le biais de la carte Vitale, et quand cela s'applique la carte de mutuelle. Mais le tiers payant ne fonctionne pas dans tous les cas de figure, et c'est "pour faire du tiers payant là où il n'y en a pas" que Moneytrack a inventé une solution basée sur la blockchain.

Des flux de paiement qui contiennent leur objet

La start-up, qui à son lancement en 2018 ciblait les marchés de l'assurance habitation et du crédit à la consommation, a pivoté pour se concentrer sur celui de l'assurance santé. Elle a développé une plateforme permettant d'organiser "des transactions adossées à des règles de dépenses", grâce à l'utilisation de smart contracts.

Pourquoi avoir choisi une blockchain ? "Le système bancaire vous dit combien vous payez et à qui, mais pas quoi. Or, en assurance santé, c'est une nécessité de le savoir. C'est pourquoi les patients sont obligés d'avancer les frais, puis d'envoyer la facture à leur mutuelle pour se faire rembourser", explique Christophe Doré, PDG et cofondateur de Moneytrack.

C'est ce qui se produit pour tous les soins du type ostéopathe, psychologue ou diététicien. Cela entraîne deux points de friction très importants pour le secteur : l'avance de frais côté patient, et la gestion d'une montagne de paperasse pour les centres de gestion des complémentaires santé, qui cherchent justement à améliorer l'expérience client et à réduire leurs coûts.

Tiers payant chez un millier d'ostéopathes

L'application de Moneytrack fonctionne de la manière suivante : elle est déployée à travers un réseau de professionnels de santé partenaires. À la fin d'une consultation, le patient scanne le QR code du praticien sur l'application de sa mutuelle (qui doit être partenaire de la start-up) pour générer le paiement. C'est Moneytrack qui paie directement le professionnel de santé en puisant dans un compte séquestre alimenté par l'assureur.

Les droits et les auteurs de la transaction sont vérifiés durant le processus. Ce système permet, selon la société, de faire passer le coût de liquidation d'une facture de 5 à 6 euros pour l'assureur, à 2 euros. La start-up se rémunère à la facture et enregistre 1,5 million d'euros de revenu annuel récurrent. Le réseau de la start-up couvre en France un millier d'ostéopathes, et 500 professionnels de santé toutes pratiques confondues en Europe.

Cibler les expatriés

Car en plus du marché français de la "médecine douce", Moneytrack vise aussi celui des travailleurs installés à l'étranger, qui représente 3 millions de Français dépensant en moyenne 1500 euros par an en médecine de ville. Dans la plupart des cas ces expatriés doivent avancer tous leurs frais de santé et faire avec de longs délais de remboursement.

Pour les complémentaires santé, les coûts sont encore plus lourds : 17 à 18 euros par facture, contre 7 euros avec la solution Moneytrack, toujours d'après les dires de son dirigeant Christophe Doré, ancien patron des titres restaurants sur porte-monnaie électronique Moneo, une autre forme de "paiement dirigé".

D'autres verticales de "paiement dirigé"

La société est partenaire d'une quinzaine de mutuelles et d'assurances (dont la MGEN et Swisslife), et de gestionnaires ou intégrateurs tels que Viamedis, Tessi, Assia et Cleva (Inetum), qui sont "branchés" aux assureurs. Cela représente un marché adressable de 25 millions de bénéficiaires.

Dans le but d'aller chercher ce marché, la start-up vient de lever 2 millions d'euros auprès de Truffle Capital, du fonds d'innovation d'AG2R La Mondiale et de Accurafy, ce qui porte son financement total à 7,4 millions. Les fonds seront également utilisés pour le développement à l'international en Allemagne, Italie, Benelux et Royaume-Uni, après l'Espagne et le Portugal. "Notre objectif est d'augmenter notre nombre de transactions", déclare Christophe Doré.

À plus long terme, Moneytrack pense exploiter le filon des "paiements dirigés" pour se diversifier. Par exemple en ouvrant une verticale pour les subventions des collectivités aux mobilités douces, qui permettrait d'appliquer une sorte de tiers payant pour acheter un vélo électrique au lieu de présenter la facture pour ensuite profiter du bonus.

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