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Satellites O3b : quand l'Internet tombe du ciel... à la vitesse de la fibre optique

Le 10 juillet dernier, une fusée Soyouz a lancé 4 satellites supplémentaires pour le compte de l'opérateur O3b Networks. L'entreprise veut offrir des connexions Internet par satellite à très haut débit à destination des populations éloignées de tout réseau fixe.
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Satellites O3b : quand l'Internet tombe du ciel... à la vitesse de la fibre optique
Satellites O3b : quand l'Internet tombe du ciel... à la vitesse de la fibre optique © Thales Alenia Space

Le 10 juillet dernier au centre spatial de Kourou en Guyane, le PDG de l'opérateur O3b Networks Steve Collar et son équipe ont longtemps retenu leur souffle. C'est seulement après une mission de plus de deux heures qu'une fusée Soyouz a mis sur orbite avec succès leur quatre derniers satellites. Présent également au lancement, Romain Bausch, membre du conseil d'administration d'O3b pour le compte de l'opérateur européen SES, expliquait cette fébrilité toujours de mise lors d'une telle opération. "C'est toujours un moment fort. Le succès n'est pas garanti. Environ 5% des lancements de satellites se terminent par des échecs", explique ce vétéran de l'industrie spatiale, ancien patron de l'opérateur satellitaire européen SES.

Un pari fou

Autre raison de cette fébrilité: O3b a levé près d'un milliard d'euros (1,3 milliard de dollars) pour son pari fou: déployer dans l'espace une constellation de 12 satellites afin d'apporter l'Internet à très haut débit aux milliards d'individus éloignés des réseaux de télécommunications filaires. D'où l'acronyme O3b pour 'the Other 3 Billion' (comprendre les 3 autres milliards d'individus...sans connexion à Internet),

En juin 2013, une première grappe de quatre satellites avait déjà été lancée. Avec 8 satellites capables de couvrir 70% de la surface du globe, la constellation O3b est désormais totalement opérationnelle pour fournir ses services notamment en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, en Australie et au Moyen-Orient. Il vendra ensuite sa capacité estimée à 84 Gbps à d'autres opérateurs intermédiaires qui se chargeront de commercialiser leurs services vers les entreprises et les particuliers. L'objectif est d'apporter une qualité de service assez proche de celle de la fibre optique...à partir du ciel. Chacune des 12 antennes mobiles d'un satellite peut fournir un débit de 1,2 Gbps sur une zone large de 700 Km de diamètre. Avantage de l'orbite basse par rapport à l'orbite géostationnaire quatre fois plus lointaine, la latence du signal est réduite de 500 ms à 125 ms environ, un délai compatible pour faire de la téléphonie sur Internet

Des clients professionnels

Les clients professionnels sont déjà au rendez-vous. Ainsi Orange a acheté des capacités de transmissions en Afrique (Angola, République du Congo...) soit pour compléter ses propres réseaux soit pour revendre à ses clients. "Les réseaux fibres optiques sont rares dans ces pays. Il faut parfois passer par plusieurs prestataires et la qualité peut s'en ressentir. Avec la fibre optique, c'est direct", explique-t-on chez Orange.

Avant même l'ouverture des services, les premiers gagnants de l'Internet par satellite sont les fournisseurs de l'infrastructure spatiale. Ainsi Thales Alenia Space a fourni les premiers 8 satellites à l'opérateur à O3b, et livrera sous peu les 4 prochains à lancer début 2015. Et d'autres commandes pourraient renforcer la constellation. Le fabricant basé à Cannes, en développant une expertise dans la production en série de satellites, a trouvé un bon filon. Il a remporté les appels d'offres des constellations Globalstar totalisant 24 satellites, ou encore Iridium Next avec 81 satellites.

Hassan Meddah

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