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"Secret", ou le règne de l'anonymat

Une nouvelle application, "Secret", fait beaucoup parler d'elle dans la Silicon Valley. Elle permet de partager des confessions anonymes avec ses contacts, dans la lignée d'un mouvement lancé par Snapchat.
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Secret, ou le règne de l'anonymat
"Secret", ou le règne de l'anonymat

Une nouvelle application pour smartphone fait fureur dans la Silicon Valley, et pourrait bientôt étendre son influence. Secret, lancée sur l'App Store d'Apple le 30 janvier, a atteint en quelques jours seulement la seconde place dans la catégorie "réseau social" et a levé 1,5 millions de dollars.

Les petits de Snapchat

Secret permet d'échanger des confessions anonymes avec ses contacts, tirés du carnet d'adresse de l'iPhone, ainsi qu'avec les amis de ces contacts. L'utilisateur possède un simple "avatar" qui permet de le différencier des autres, et peut partager toutes sortes de messages personnels anonymement. Une formule addictive.

Secret, comme Whisper, qui a levé récemment 21 millions de dollars, ask.fm ou d'autres, surfent sur la vague d'un mouvement lancé par Snapchat. Whisper et Secret misent sur l'anonymat, Snapchat ou Confide sur l'éphémère, mais le principe est toujours le même : l'authenticité sans répercussions. Ces applications se veulent l'anti-Facebook ou Twitter, où chaque message peut avoir des conséquences ou rester gravé pour l'éternité. Surtout, ces applications comblent un manque dans le mode de communication sur Facebook, notamment chez les adolescents. Un besoin de conversations sincères qui ne font pas partie d'une image savamment construite sur la toile. 

Un réseau social à l'avenir incertain

Secret est rapidement devenu la coqueluche de la Silicon Valley, et les rumeurs parfois les plus folles y circulent, comme l'acquisition de l'application Evernote. L'un des aspects addictifs de Secret, c'est bien sûr le besoin de deviner qui a posté tel message, vu qu'il émane forcément d'un ami ou d'un ami d'ami. Le nombre de "likes" sur un message peut l'amener à être vu au delà de ces cercles directs.

Pourtant, comme Snapchat et consorts, le business modèle de Secret reste encore à définir. Les cyberattaques et les abus peuvent facilement se multiplier sur ces réseaux anonymes, engendrant la crainte des parents mais aussi des annonceurs. C'est l'antithèse d'un Facebook ou d'un Twitter, qui ont passé des années à courtiser les marques pour devenir rentables, en se fondant sur la force de la réputation en ligne. "L'industrie [numérique] a passé 10 ans à capitaliser sur les identités réelles et l'amitié basée sur les réseaux, et maintenant se retrouve toute retournée", résume l'expert Chris Poole, fondateur de 4chan.

Nora Poggi

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