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Selency, la plateforme qui transforme le marché de la brocante

Deux ans après sa naissance, Brocante Lab change de nom et devient Selency. Les fondateurs de cette start-up ont des idées et de l'ambition : ils veulent internationaliser ce qui a fait leur succès en France. Là où régnaient les généralistes du grand bazar en ligne, ils ont tout misé sur la décoration vintage, une tendance de fond.  Et pour que leur site devienne une référence, ils offrent des produits à vendre, évidemment, mais aussi des conseils et une qualité de présentation qui fait qu'il "se feuillette" comme un magazine de déco.  

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Selency, la plateforme qui transforme le marché de la brocante
Selency, la plateforme qui transforme le marché de la brocante © Selency

Pour conquérir le marché européen, Brocante Lab est devenu Selency fin 2016, mais les fondamentaux de ce succès made in France resteront les mêmes, assure Maxime Brousse, l'un des deux fondateurs, avec Charlotte Cadé.

 

Pour décrire son activité, le dirigeant à-peine trentenaire use d’une comparaison osée : "Au fond, nous sommes un site de rencontres entre des pièces uniques de décoration et des acheteurs", s’amuse-t-il.

 

Des pièces uniques sourcées partout en France

Mais la (petite) provocation ne doit pas masquer le sérieux de l’équipe fondatrise de cette start-up qui a déjà levé plus de trois millions d’euros et emploie aujourd’hui plus de vingt personnes. Car Selency a réussi à rendre glamour le marché aux puces et les échoppes pas toujours accueillantes des brocanteurs en tout genre. A l’heure où les intérieurs des trentenaires cherchent à échapper à l’uniformité d’un géant mondial suédois, Selency propose des pièces uniques. Mais pas directement car il s’agit d’une plateforme, soit un site qui met en relation les potentiels acheteurs et les dénicheurs de ces occasions partout en France. "Avant de rejoindre Brocante Lab, je travaillais pour le réseau Entreprendre où j’ai étudié le concept de plateforme, se souvient Maxime Brousse. Très vite, il est apparu qu’il y avait un marché à digitaliser avec un business model intéressant à créer."

 

Jusque-là, les consommateurs avaient le choix entre l’offre des designers haut de gamme, les grands magasins et les sites traditionnels et généralistes de ventes d’occasions. Ce qu’a créé Selency, c’est un site spécialisé reconnu comme tel par ses clients. "Notre ADN, c’est la sélection", précise Maxime Brousse. Ne devient pas marchand sur Selency qui veut. Une équipe commerciale composée de 6 personnes s’occupe des vendeurs, les choisit et met tout en œuvre pour les fidéliser. L’entreprise revendique de travailler aujourd’hui avec 1 000 brocanteurs à travers la France. Tous les vendeurs sont certifiés, assure-t-on chez Selency.

 

Une sélection redoutable

Mais la sélection ne s’arrête pas là. Les produits mis en vente subissent eux aussi un processus de sélection des plus draconiens. "Notre taux de rejet est de 20 %", indique Maxime Brousse. Un brocanteur "accrédité" par l’équipe ne peut pas mettre en vente n’importe quel article, celui-ci doit être dans les tendances identifiées par l’équipe, être en bon état, être présenté selon des règles édictées par le site.. "Notre intérêt comme celui du vendeur est que l’article soit vendu relativement vite. Quand c’est le cas, cela le fidélise. Il revient sur le site proposer des produits", explique Maxime Brousse.

 

Si les vendeurs sont des indépendants, l’équipe de Selency joue un vrai rôle de conseil. Elle peut les aider à trouver le bon prix pour un article, mais elle a aussi réalisé des tutoriels vidéo pour que chaque vendeur puisse utiliser au mieux le site : par exemple, on lui explique comment prendre en photo les meubles et accessoires de décoration, combien de photos sont nécessaires (quatre est le nombre d’or). A cela s’ajoute des règles maison, la première photo doit toujours être détourée sur un fond blanc. "Nous devons avoir un catalogue uniforme qui valorise les objets", précise le cofondateur. Et il estime avoir accumulé déjà beaucoup de données pour savoir ce qui fait qu’un article se vend bien ou pas. Le but est d’être un partenaire des vendeurs, de les aider à "se concentrer sur leur métier, qui est le sourcing d’objets uniques, tandis que nous leur proposons des briques technologiques pour qu’ils vendent bien", résume Maxime Brousse. Si le site met en relation potentiellement acheteurs et vendeurs, il favorise les achats de proximité et encourage dans la mesure du possible les acheteurs à se rendre sur place pour voir l’objet qu’ils veulent acquérir. 15 % des ventes se font avec un retrait un magasin. Pour les autres, des solutions de transport sont disponibles.

 

UN double service clients pour les acheteurs et les vendeurs

Par ailleurs, comme c’est devenu la norme (ou presque) dans le numérique, les vendeurs sont notés par les acheteurs. En outre, la relation avec le client est centrale : tout est fait pour limiter les litiges (moins de 1 % des transactions assure-t-on chez Selency) ou pour les régler au plus vite. Amazon et son service client est passé par là. "Le vendeur et le client doivent être satisfaits, c’est un double challenge pour nous", insiste Maxime Brousse.

 

L’autre particularité de Selency est que le site n’est pas conçu uniquement comme un site marchand. Les fondateurs ont voulu qu’il soit aussi un site où un internaute vient trouver des idées de décoration, de l’inspiration. Maxime Brousse explique ainsi qu’un des premiers recrutements opérés par la jeune pousse fut un poste de rédactrice (une ex de mylittleParis). Parmi ses missions, cette dernière travaille sur la newsletter bi hebdomadaire envoyée à 100 000 abonnés. Et qui assure 15 % des ventes. Un autre canal privilégié pour le marketing du site est constitué par le "social media". En outre, avec 40 000 pièces uniques en ligne, le co fondateur estime avoir un très bon référencement naturel.

 

Un modèle économique sur deux pieds

Le modèle économique est celui d’une plateforme unique, le site percevant une commission pour la mise en relation entre l’offre et la demande, commission comprise entre 15 et 20 % des choix. Parallèlement, une offre pour les professionnels (architectes d’intérieur, décorateurs…) a été lancée. Selency peut les conseiller pour trouver les pièces idoines en fonction d’un projet, un conseil qui est alors facturé.

 

Les 3 millions levés en 2016 serviront à développer l’équipe française, notamment technique. Ainsi, une appli devrait être lancée dans un premier pour faciliter la vie des vendeurs, puis en direction de la communauté des acheteurs. De nouvelles fonctionnalités seront aussi créées pour les clients de la plateforme, qu’ils soient acheteurs ou vendeurs. Selency lancera d’ici à la fin du mois de janvier 2017 un nouveau site Internet, notamment pour faire face à la montée en charge forte : "Nous enregistrons depuis plusieurs mois une croissance de 15 à 20 %", indique le co-fondateur.

 

Par ailleurs, cela servira au développement international, avec une première expérience en 2017. D’ores et déjà, Selency assure réaliser 10 % de son chiffre d’affaires hors de France.  

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