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Semi-conducteurs, microélectronique : le plan à 15 milliards du gouvernement

Retour sur les projets de France 2030 et d'un nouveau programme de coopération européen, qui doivent permettre à la France de quasiment doubler ses capacités de production en cinq ans, de créer plus de 4000 emplois et d'équiper les laboratoires de recherche.
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Semi-conducteurs, microélectronique : le plan à 15 milliards du gouvernement
Emmanuel Macron à Crolles, le 12 juillet 2022. © twitter.com/Elysee

L'annonce, le 11 juillet, par GlobalFoundries et STMicroelectronics de la construction d'une fonderie de semi-conducteurs près de Grenoble, était le projet le plus visible du plan Électronique 2030 présenté par le gouvernement le 12 juillet. Dans le cadre du programme d'investissement France 2030 et du Chips Act européen, l'État compte mobiliser 5 milliards d'euros pour le secteur, dont 800 millions pour la recherche exploratoire et le développement du "prochain noeud technologique de classe 10 nm". Soit le double du plan Nano 2022 lancé en 2018, qui traduisait en France le premier projet important d’intérêt européen commun (PIIEC), construit avec l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Autriche.
 

10 milliards d'investissement dans la production et la r&d

Un nouveau PIIEC est en préparation avec les partenaires européens. Il entre dans le cadre de du soutien à l'industrialisation des technologies électroniques en France et à l'augmentation des capacités de production, de l'ordre de 90% d'ici 2027, un axe dont fait partie la méga-fab de Global Foundries et STMicroelectronics, ainsi que l'implantation du centre de conception d'Intel. Cet axe comprend également le développement et la production en France des technologies basse consommation (FD-SOI) pour l’électronique embarquée et l’intelligence artificielle, de puissance (GaN, SiC,...), et des capteurs avancés.

Le nouveau PIIEC en cours de construction induira selon le gouvernement environ 10 milliards d'euros de dépenses de R&D et d'investissement productif en France pour une quinzaine de projets électroniques et télécoms, la création de plus d'une dizaine de nouvelles usines ou lignes de production de composants, une augmentation des capacités de production de 30%, et la création de 4300 emplois industriels directs. Ces projets mobiliseront 150 partenaires, dont X-Fab, Continental, Aledia, Soitec, Murata, Renault, Valeo, Orange, Atos, et Airbus. PME et start-up seront également mobilisées, ainsi que les laboratoires académiques du CEA et du CNRS.

de nouveaux crédits pour la recherche

Outre l'axe de l'industrialisation, le plan Électronique de France 2030 comprend également un axe de soutien à la recherche académique et exploratoire en microélectronique. Un PEPR (programmes et équipements prioritaires de recherche) sera mis en œuvre pour "faire émerger des innovations de rupture de moyen et long terme et de favoriser l’émergence de nouvelles filières technologiques présentant un profil encore risqué".

Ce PEPR a été construit en articulation avec les autres stratégies dédiées à l'intelligence artificielle, la bio-production, les batteries et la 5G et se structure autour de quatre axes : la perception numérique (capteurs de lumière, pour l’environnement...), l’électronique pour la conversion (de puissance, de fréquence, d’énergie), les composants pour les télécoms (composants actifs, passifs, antennes et interconnexions), et l’électronique pour le calcul (conception, intégration avancée, mémoires). Une enveloppe de 86 millions d’euros sera réservée pour la recherche académique exploratoire et l’équipement des laboratoires.