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SFR et Bouygues Telecom trouvent un accord pour mutualiser leurs réseaux

Actus Reuters Les opérateurs télécoms SFR et Bouygues Telecom ont annoncé le 31 janvier avoir donné leur feu vert à un projet de mutualisation d'une partie de leurs réseaux mobiles.
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Bouygues Telecom et SFR font réseau commun. Les numéro deux et trois du mobile en France ont signé un accord pour donner naissance à une coentreprise chargée de gérer le patrimoine des sites radio mis en commun. "Bouygues Telecom et SFR vont déployer sur une zone correspondant à 57% de la population (soit l'ensemble du territoire en dehors des 32 plus grosses agglomérations de plus de 200 000 habitants et des zones blanches) un nouveau réseau partagé", expliquent les deux sociétés dans un communiqué. "Cet accord permettra aux deux opérateurs d'améliorer leur couverture mobile et de réaliser des économies significatives", poursuivent les deux groupes, sans détails sur les synergies escomptées.

Cet accord, qui entre en vigueur dès sa signature et "devrait aboutir à la finalisation du réseau cible fin 2017", était attendu depuis l'annonce l'été dernier de négociations exclusives entre les filiales de Vivendi et Bouygues pour mettre en commun une partie de leurs réseaux afin de riposter à la guerre des prix dans le mobile. Provoquée par l'arrivée de la filiale mobile de Free (Iliad) en janvier 2012, elle s'est traduite par un recul des ventes et des marges des opérateurs Orange, SFR et Bouygues qui cherchent depuis à réduire leurs coûts.

ALTERNATIVE à la consolidation du secteur

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, à l'occasion des voeux de la Fédération française des télécoms, a déclaré que le gouvernement se félicitait de l'accord tout juste officialisé entre SFR et Bouygues Telecom. Le gouvernement et l'Arcep s'étant montrés hostiles à une consolidation, la mutualisation des réseaux offre une alternative en permettant de réduire les dépenses et de partager les investissements même si sa mise en oeuvre s'annonce complexe pour un bénéfice qui mettra du temps à se concrétiser, soulignent analystes et experts du secteur.

Même si cet accord peut apparaître comme technique, il devrait bouleverser un marché français des télécoms jusque-là structuré, comme ailleurs en Europe, par la concurrence sur les infrastructures.

A ce titre, il pourrait être le prélude à la recomposition d'un marché actuellement constitué de quatre opérateurs et dont certains s'interrogent sur la viabilité. "Tous les astres sont désormais alignés pour une accélération stratégique dans le secteur français des télécoms en 2014", écrivaient mercredi les analystes d'Exane BNP Paribas dans une note. Ils citaient pêle-mêle les introductions en Bourse de Numericable et de sa maison mère Altice à laquelle on prête des vues sur SFR, les difficultés de Bouygues et le changement de ton à Bruxelles en matière de concentration. L'accord entre SFR et Bouygues devrait dans tous les cas pousser les concurrents Orange et Iliad à envisager une riposte.

Free isolé ?

Fin novembre, Iliad a réclamé de pouvoir prendre part au projet de mutualisation, le nouveau venu dans le mobile craignant de se retrouver marginalisé face au tandem SFR-Bouygues d'un côté et au numéro un Orange de l'autre. Certains ont interprété cette initiative comme une tentative de pression sur l'opérateur historique en vue d'un partage de réseau.

L'accord de mutualisation devrait faire l'objet d'un examen par l'Autorité de la concurrence et par le régulateur du secteur, l'Arcep, qui a toutefois déjà fait savoir qu'il regardait de manière favorable ce type de partenariat. "Ces accords sont non seulement possibles mais même souhaitables, en dehors des zones très denses, afin de limiter la duplication de l'investissement", a déclaré le 27 janvier son président Jean-Ludovic Silicani lors des voeux de l'Arcep. "La mutualisation des réseaux constitue une voie beaucoup plus appropriée que la concentration des opérateurs."

L'accord entre les deux opérateurs français fait écho à d'autres initiatives similaires en Europe, comme en Grande-Bretagne entre Vodafone et Telefonica.

Avec Reuters (Gwénaëlle Barzic, Matthias Blamont, Dominique Rodriguez)

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