Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Sharp : les chiffres clé 2015 pour comprendre la crise

En difficultés chroniques depuis 2012, le groupe japonais Sharp multiplie par 25 ses pertes en 2015 à 323,4 milliards de yens. Toutes les activités déclinent, à l’exception des solutions bureautiques et des composants électroniques. Voici ses chiffres clés en 2015.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Sharp : les chiffres clé 2015 pour comprendre la crise
Usine d'écran LCD de Sharp à Sakai, au Japon

Encore une année compliquée pour Sharp. Alors qu’il hésite à choisir entre deux plans de sauvetage, l’un du taiwanais Foxconn, l’autre du fonds souverain nippon INCJ, le groupe japonais d’électronique, en difficultés chroniques depuis 2012, a peu d’arguments économiques à faire prévaloir dans ses négociations. Il n’a pas encore publié ses résultats annuels, puisque son exercice fiscal est décalé jusqu’au 31 mars. Nous avons reconstitué les résultats sur les années calendaires 2014 et 2015. La dégradation est particulièrement sensible.

 

Les pires résultats depuis l'exercice fiscal 2012

En 2015, le chiffre d’affaires a chuté de 8,4% à 2638,8 milliards de yens, l’équivalent de 26,3 milliards de dollars. La perte nette atteint 323,4 milliards de dollars, près de 25 fois celle en 2014. C’est le troisième déficit sur les quatre dernières années et le pire résultat après la perte record de 376 milliards de yens de l’exercice fiscal 2012.

CHIFFRES CLES DE SHARP EN 2015
Chiffre d’affaires : 2638.8 milliards de yens (-8,4%)
Perte d’exploitation : -128,3 milliards de yens (-24,2 milliards de yens en 2014)
Pertes nette : -323,4 milliards de yens (-13,2 milliards de yens en 2014)
Répartition du chiffre d’affaires par activité : Electronique grand public et électroménager (31%), Panneaux solaires et énergie (7%), équipements bureautiques d’entreprise (13%), Ecrans LCD (30%), composants électroniques (19%)
Volumes de vente : 6,4 millions de téléviseurs LCD (7,3 millions en 2014) ; 4,2 millions de mobiles (5,5 millions en 2014)

 

Trois activités aux résultats volatiles plombent le groupe d’Osaka : celle dans l’électronique grand public et l’électroménager avec un chiffre d’affaires en baisse de 20% à 860,2 milliards de yen et un résultat d’exploitation positif de 200 millions de yens, celle dans les panneaux solaires et l’énergie avec un revenu en plongeon de 47,6% à 187,8 milliards de yens et un déficit de 10 milliards de yens, et celle dans les écrans LCD avec un chiffre d’affaires en recul de 11,6% à 825,5 milliards de yens et une perte d’exploitation de 39,3 milliards de yens.

 

Boom des capteurs d'image

Deux activités se portent cependant bien : celle des solutions bureautiques pour entreprises, traditionnelement stable, avec un chiffre d’affaires en progression de 4,8% à 351,7 milliards de yens et un bénéficie d’exploitation de 31,8 milliards de yens, et celle dans les composants électroniques, portée par le boom des capteurs d'image, avec un revenu en bond de 35% à 533,1 milliards de yens et un excédent d’exploitation de 10,5 milliards de yens.

 

Les trois activités à problèmes font l’objet d’âpres discussions avec INCJ. Dans son plan de sauvetage, le fonds souverain nippon envisage de les détacher puis de les fusionner avec celles de Toshiba, Solar Frontier et Japan Display. Une perspective de démembrement qui effraie la direction de Sharp. Les écrans LCD et les panneaux solaires sont considérés  comme l’ADN et la raison d’être du groupe vieux de 104 ans.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media