Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

"Si l'Education nationale ne change pas, nous allons au devant d'un grave problème démocratique", Laurent Alexandre

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Médecin et chef d'entreprise, Laurent Alexandre a livré ce mercredi 17 mai 2017 sa vision du travail à l'ère de l'intelligence artificielle.  Pour lui, ce n'est pas tant le chômage de masse qu'il faut craindre, mais la fragmentation des sociétés avec des personnes insuffisamment formées pour pouvoir être autre chose que des consommateurs passifs.  Pour éviter un futur inquiétant, il invite l'éducation nationale à changer et de façon urgente.  Des propos polémiques et stimulants. 

Si l'Education nationale ne change pas, nous allons au devant d'un grave problème démocratique, Laurent Alexandre
"Si l'Education nationale ne change pas, nous allons au devant d'un grave problème démocratique", Laurent Alexandre © Pixabay

Ce n’est pas parce qu’il ne souscrit pas aux thèses sur la fin du travail sous l’effet du progrès technique et notamment des développements de l’intelligence artificielle que Laurent Alexandre peut être qualifié d’optimiste forcené, au contraire. A l’écouter ce mercredi 17 mai 2017 lors de la présentation de la conférence Usi organisé par Octo Technology en juin prochain, le médecin entrepreneur a expliqué que, selon lui, le problème est ailleurs, les questions à résoudre étant “politiques et éthiques”.

 

Des générations envoyées au casse-pipe 

Le coeur du problème qui vient concerne le destin des personnes pas très douées qui naissent aujourd’hui. Pour le fondateur de Doctissimo, il est urgent de réformer l’école, celle d’aujourd’hui préparant les enfants aux métiers des années 1990. "On envoie les enfants au casse-pipe", s’alarme-t-il, faisant une analogie pour le moins provocatrice : "Aujourd’hui, il nous semble horrible qu’on laissait mourir des enfants dans les rues il y a deux siècles. Dans un avenir proche, notre inaction en direction des enfants les moins doués pourrait être jugée de la même façon".

 

En cause, le développement exponentiel de l’intelligence artificielle, qui, si elle ne détruit pas tous les emplois, va en changer la nature. Et pour être armé dans le monde qui arrive, Laurent Alexandre pronostique qu’il faudra avoir des jeunes très bien formés, ou comme il le dit : "des gens qui ont beaucoup de neurones qui pourront apprendre des choses aux IA”.

 

Moins de gras, plus de sport et de la philosophie pour tout le monde

Sinon, le risque est grand de devenir des consommateurs passifs des futurs services inventés par d’autres. L’urgence est donc de former les enfants à devenir complémentaires des IA. Très critique sur l’Education nationale qui n’a même pas "une cartographie en temps réel de la frontière technologique", il préconise plutôt une formation à base d’humanités et d’esprit critique mais aussi de connaissances scientifiques transversales. Et pour développer les capacités cognitives de la population, le médecin a d’autres prescriptions dans son ordonnancier : "Il faut faire plus de sport, réduire la consommation de lipides saturés ou supprimer la consommation de cigarettes". Autrement dit : un esprit sain et un corps sain.

 

Former des  techniciens 'bas de gamme' c’est là où il ne faut pas être”, résume-t-il, pronostiquant d'importantes difficultés pour le codeur ou le comptable de base. En attendant les progrès de la robotique attendus d'ici à une trentaine d'années. 

 

Le risque de devenir des consommateurs passifs

Que pense-t- il de l’excellence des ingénieurs et des scientifiques spécialistes de l’intelligence artificielle made in France ? S’il reconnaît la valeur des scientifiques, il note que les principales plateformes sont en Californie et en Chine et que c’est au bord du Pacifique que s’inventent les technologies et les usages de demain. “On exporte les mathématiciens et on importe l’IA” répond-t-il, cinglant. 

 

C’est que, pour lui, la démocratie est en danger. Il craint qu’un écart trop fort entre des personnes aux neurones capables de comprendre et interagir avec une IA et d’autres aux capacités cognitives plus faibles mettront en tension l’équilibre de nos sociétés.



 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale