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[SIdO 2017] Sigfox / LoRa, on (re)refait le match

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Une table ronde du SIdO 2017 a rassemblé des représentants de Sigfox et LoRa autour de la question : "Quelle connectivité pour quel objet ?". Synthèse du débat.

Sigfox / LoRa, on (re)refait le match
[SIdO 2017] Sigfox / LoRa, on (re)refait le match © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Il est rare que des représentants de Sigfox et de l'alliance LoRa soient réunis lors d'un même débat. Les représentants des deux protocoles bas débit longue portée pour capteurs et objets connectés évitent soigneusement la confrontation en public, mais décochent quelques flèches bien placées une fois les micros éteints : "Mon réseau est bi-directionnel et pas le tien", "ma géolocalisation est plus précise", "j'ai plus d'antennes", "mes objets consomment moins d'énergie"… Il y a de quoi s'y perdre. Et d'autant plus avec l'arrivée de nouvelles technologies concurrentes dérivées de la 3G, de la 4G, et bientôt de la 5G. Nous avons déjà consacré des sujets aux différences entre les deux solutions.


Réunis à l'occasion du SIdO à Lyon, Patrick Cason (Sigfox) et Stéphane Allaire (Objenious, filiale IoT de Bouygues Télécom) ont tenté d'éviter une nouvelle comparaison directe entre technologies, pas forcément pertinente. Il n'y a pas de techno meilleure que l'autre, il y a des réseaux plus ou moins adaptés pour chaque cas d'usage, ont-ils rappelé. Les deux écosystèmes sont désormais mûrs et la technologie n'est plus une barrière à l'entrée ou un élément réellement différenciant. "Il ne faut pas mettre en concurrence les technos. Il faut d'abord imaginer la solution répondant à son problème et définir ensuite quel réseau s'y adapte le mieux", résume Patrick Cason.

 

quels éléments différenciants ?

Oui mais il faut bien se différencier tout de même… Et c'est sur les détails que cela se joue. Stéphane Allaire lance le débat sur l'écosystème d'objets disponibles pour chaque technologie. "Ce n'est pas la connectivité qui coûte cher : elle représente 16% du coût d'une solution IoT en moyenne. C'est le prix des composants et des objets. Or, les prix des devices vont décroître à mesure que le volume d'objets va augmenter. En Inde, Tata, qui déploie un réseau LoRa, va ouvrir sa propre usine pour fabriquer des millions d'objets. Les prix vont tomber".  Sigfox se défend, en expliquant avoir largement agrandi son écosystème de partenaires fabricants.  "Nous sommes passés d'un écosystème très start-up à des partenariats avec de grands industriels, comme Bosch récemment". Patrick Cason souligne que le marché est mondial, et que le volume d'objets sera bientôt au rendez-vous.

 

Roaming, géolocalisation, bi-directionnalité...

Une façon de prouver aussi que Sigfox permet d'utiliser ses objets dans 32 pays (bientôt 40) sans surcoût, là où Objenious est obligé de conclure des accords de roaming avec d'autres opérateurs. "37 opérateurs déploient le réseau dans le monde, cinq accords de roaming ont été scellés et d'autres suivront", explique Stéphane Allaire. Il relance alors le débat sur la question de la géolocalisation sans GPS, plus précise sur LoRa que sur Sigfox. Mais aussi potentiellement plus gourmande en énergie selon les cas de figure, bien que certains objets LoRa peuvent être réveillés à la demande (c'est la fameuse "bi-directionnalité)… Patrick Cason implore de mettre fin aux "rumeurs urbaines"  (il aurait pu dire "fake news") sur la prétendue non bi-directionnalité de Sigfox, ou sur son pouvoir de géolocalisation sans GPS… Encore une fois, on s'y perd et la comparaison directe et générale n'a pas de sens. "Tout est question de compromis", résume le porte-parole de la start-up toulousaine.

 

La techno, pas une excuse pour retarder ses projets IoT

En fait, les opérateurs aimeraient bien que les potentiels clients ne se braquent pas sur ces questions techniques, et abordent d'abord les aspects business. "Il n'y a aucune excuse pour ne pas s'y mettre, et si vous n'y allez pas, votre concurrent le fera", prévient Patrick Cason. Il faut passer des POC, les "proofs of concept", aux "proofs of success". Stéphane Allaire en convient. "Prenez un objet et mettez-vous à imaginer ce que vous pourriez faire avec. L'important, c'est la donnée et sa valorisation", conseille-t-il. L'un des autres participants de cette table ronde, Gabor Pop d'Actility, souligne que Sigfox comme Lora sont là pour longtemps. "Et chacun peut être combiné avec d'autres technos pour couvrir tous les cas d'usage, NFC, Wi-fi, Bluetooth low energy…"

 

La solution est dans le panachage de technos, certains fabricants de puces comme le français Nemeus produisent déjà des équipements bi-bande LoRa / Sigfox. Alors, acteurs de l'IoT et de l'industrie, prenez une grande respiration et comme on dit outre-Manche : "Keep calm... and Make IoT".

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